‹ Les aventures de Mandrin mélodrame en cinq actes, et dix tableauxChapitre 59 sur 78 · BEAU V JUIN · texte numérisé non relu

BEAU V JUIN

Ah ! que d’aventures, beau-frère, que d’aventure»!... Je ne seai tranquille que lorsque nous serons arrivés à Lyon... et encore, quand je dis tranquille, je me trompe... vous vous absentez souvent pourvus affaires... quand vous ne serez pas là... qui veillera sur nous... sur ma fille, veux-je dire?

LAMBERT

Isaurc avait un protecteur qoe son coeur avait choisi, vous l’avez repoussé ; maintenant il est trop tard.

BEACVOISm.

Erreur! mon cher bcau-frèm, erreur!.. M. deSimianc aime toujours Isaure. (c«lia-ei rei*** i« iè*«.) Au moment de partir, il m'a pris à part : « M. Beauvoisin, m'a-t-il dit, le scandale qui vient « d’avoir lieu dans votre maison n’a point change les sentiments « de mon cœur... Pour moi Isaure est toujours un ange, votre « erreur, cruellement expiée... n’a pu ternir sa pureté... je « l'aime aujourd'hui comme je l'aimais hier, et je vous do- « mande sa toain. »

ISAURE , Ému*.

11 a dit cela !... O cher Hector!

LAMBERT

S’il en est ainsi, mon frère... rien n’est désespéré, et nous verrons bientôt sur ce jeune et frais visage renaiire l'espérance, la joie, le bonheur!... Voyez, déjà ses larmes sont taries... Quel dictante souverain qu'une parole d’amour sur un cœur de d.x- •ept ans!...

MADAME BEAU VOISIN

Mais, la pauvre enfant doit avoir besoin de repos, et si nous devons passer ici la nuit...

LAMBERT, au meunier.

Avez-vous une autre pièce pour ces dames?

ROQL’AIROL.

Celle-ci est la plus belle... c’est notre chambre, mais j’avons le hangar.

LAMBERT

Mais vous?

ROQUAIROL

Oh ! nous... j’avons besoin de nous lever de bonne heure... je ne nous coucherons pas... n'csl-ce pas, Christine?

CHRISTOPHE, awe M tri» d’homme.

Parbleu !

BEAUVOtSm, effrayé.

Elle jure ! quelle gaillarde !

LAMBERT

En ce ras, ma sœur, restez ici avec Isaurc ; Beauvoisin et moi nous attendrons avec ces braves gens le retour du postillon.

ROQUAIROL

Voici un bon fauteuil pour h jeune dame...

tSAlïHE , l'ancyaot.

Merci, braves gens, merci !... Ah! je succombe à la fatigue!...

MADAME BEAUVOISIN

C’est cela .. repose-toi bien, mon enfant... je vais chercher dans la voiture une coiffe de nuit.

ISAURE

Hàtcz-vous, ma mère!...

MADAME BEAUVOISIN , la haixast ■■ front.

Sois tranquille, mon enfant, sois tranquille... tu n’as plus rien à craindre maintenant... (b*».) Hector t'uime toujours!

ISAURE, souriant, I moitié endormie.

Ah! mon oncle a r<cison; ces mots- là m'ont fait oublier tontes mes souffrances I... (Madame Bceavwûa •art doucement en recommandent p*r ffcile an meunier et à u femme de ne fait î aucun brait. A peine o*t- •Ile partie, qwe l« fenêtre du moulin s'ouvre; un bomne enveloppé d’un long manteau noir paraît k cette fenêtre; Il porte un coutume noir, de* pisloteU k •a ceinture et un chapeau orné d’une plume noire; c’eat Mandrin. Il bit un «if ne à Roquairol et k Christophe, cent-ci l'etnpreeKnt de fermer la pur le , et font rejoindre de Boiuec , rerté es dehors de moulin , Ira coudes appuya »ur le bord de la fenêtre. Mandrin t'approche k paa lenla d'Iiuire. cruiic Ira bras anr u poitrine, et la contemple un instant sans rieu dire; puis, étendant le farae , il la tonche légèrement à l'épaule. Isaure ouvre les veut , et apercevant Mandrin déboa t devant elle, ce croit le jonet d'un congé; ta physionomie exprime Tâtonnement d’abord, paie le doate, puis enfin U terreur In plus vive. Bile veut pousser un cri , mais sa voix , étranglée . l’arrête dans sa gorge. Elle reste ainsi, l’œil fixe, immobile, haletante, A demi renversée sur le fauteuil. )

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