SCÈNE III
BEAUVOISIN, PAUL, LAMBERT, puis THOMAS ET CLiquor.
BEAUVOISIN.—Venez, venez mon cher beaufrère, nous scmmes arrivés, voici l'auberge de mat
narde , tu
que suis
elle
denet,
lus
uivi oire
qu
it
tre Cliquot, où cet imbécile de Thomas doit nous attendre... (Appeiant.) Thomas! Thomas !
THOMAS (paraissant à la fenêtre).—Monsieur !
BEAUvoISIN.— As-tu retenu cette chambre ?
THoMas.—Oh ! oui, monsieur, et même cette tonnelle, qui vous appartient et sous laquelle vous pouvez vous asseoir.
LamBERT.—Ma foi! ce n’est pas de refus ; il y a une lieue au moins de la côte Saint-André à ce petit village de Saint-Hilaire. (4ppelant.) Des chaises P
BEAUvoIsIN (à Zhomas).—Eh bien, que fais tu là, sabre de bois ! n'entends-tu pas ?
THomas.—Oui, monsieur. j'entends bien que monsieur demande des chaises.
BEauvoisin.—Eh bien ! pourquoi ne descendstu pas?
THomas.—Impossible, monsieur.
BEaAuvoIsiN.—Comment, impossible ?
THomas.—Sans doute ; que m'a dit monsieur
‘ en m'envoyant ici P
BEauvoisin.—De me faire garder une chambre à l'auberge du Dauphin Couronné, après?
Tuomas.—Eh bien |! monsieur, je la garde.
BeauvoisiN.—Comment, tu la gardes ?
THomas.—Oui, monsieur ; il paraît qu'il y æ beaucoup de voleurs dans le pays, et pour être sûr qu'on ne vous la volera pas, je la garde moimême.
BEauvoisiN.—Imbécile ! veux tu descendre tout de suite !
Tuomas.—C'est bon, monsieur, c'est bon, ne:
vous fâchez pas. (Z/s disparaît.)
LamsgrT.— Ce garçon n’a pas inventé la poudre.
BEaAuvoisin.—Il est bête comme un Auvergnat.. mais il est dévoué... (4 Thomas qui entre suivi de Cliguot.) Des chaises pour tout le
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monde! Ah ! vous voilà, monsieur Cliquot, nous dînerons ici, en plein air; veuillez nous faire servir aussitôt que les deux personnes que nous attendons seront arrivées.
CLiquor.—M. le marquis de Boissec et son jeune ami le comte Léoni ?.…
BEAUVOISIN.— Ah ! Ah! vous connaissez ces messieurs, monsieur Cliquot ?
CLIQUOT.—Qui ne connaît monsieur le marquis de Boissec ? c’est le dernier représentant d’une des plus vieilles familles du Dauphiné.
BEAUVOISIN (à Zambert).-Vous entendez, beau frère ?
CLIQUOT.—Quant à M. le comte Léoni, il est Tami de M. le marquis. c'est tout dire.
BEAUVOISIN (bas, à Zambert).—Vous entendez, beau-frère, vous entendez !... (Æuwr.) C'est bien, monsièur Cliquot, laissez-nous maintenant... (4 Thomas qui s'est assis.) Eh bien ! que fais-tu là?
THoMas.—Je garde votre chaise, monsieur.
. BEAUVOISIN (sui donnant un coup de pied).—
Garde ceci pour t'apprendre le respect 1... sabre.
de bois !.… s'asseoir devant ses maîtres |... THoMas.—Ce n'était pas devant, monsieur, C'était derrière! (A part, en sortant.) Ça vaut bien deux écus, ma conscience est tranquille, LAMBERT.—Akh ça ! voyons, maintenant que nous voilà seuls, parlons un peu de vos projets, de vos plans pour le bonheur de votre fille, de votre Chère Isaure.. Depuis hier que je suis arrivé de Lyon, nous avons à peine eu le temps de causer. vous m'avez écrit que le moment était venu de songer sérieusement à la marier. Vous devez savoir que je n'ai pas quitté Lyon et mes impor. tants travaux d’entreposeur de la ferme pour venir Causer chiffons et dentelles ? Vous m'avez fait
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Se
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ous l'honneur de me consulter sur le choix du mari, ser- il est tout simple qu'il s’agit d'étudier le caractère ten- du futur.
BeauvoisiN.—Ma fille aimera l’homme que son son père aura choisi.
LAMBERT.—Joli système !. Allons !.. voyons, ces parmi les prétendants, quel est le meilleur parti. Si j'ai bien compris le sens de votre lettre, deux | quis 1 jeunes gens se présentent ; l’un s'appelle M. de une Simiane, il est capitaine de dragons, de bonne | famille, d'un caractère. ÿ dez, PauLz.—Charmant ! | LAMBERT.—Ah ! c’est ton préféré, celui-là ? l est PauL.—Je crois aussi que c'est le préféré | d’'Isaure, mais.
dez, LAMBERT.—Mais ?.….
ien, PauL.—Il n'est pas riche.
(A LAMBERT.— Qu'importe !.… s'il est honnête, A? \ brave, instruit, 1l fera son chemin...
BEAUVoIsIN.—Peut-être ; mais ne vaut-il pas | ),— mieux, beau-frère, choisir quelqu'un qui soit arrivé | | bre. au but?
LAMBERT.—Ah lah! votre Italien, n'est-ce pas ? | eur, votre comte Léoni ? Eh bien ! parlons de lui; à aut aussi bien je ne serais pas fâché avant de me trou- . ver en sa présence... Car il vient nous rejoindre | que ici, m'avez-vous-dit ? : : ‘} , de BEAUVoISIN.— Oui, avec monsieur le marquis de | tre Boissec ; ils devraient même être arrivés. | de LAMBERT.—Je ne serais pas fâché, dis-je, | nm; d'éclaircir certains doutes qui me sont venus à | de l'esprit. sis vez BEauvoisiN.— Des doutes, et sur quoi?
)0r- LAMPERT.—Sur sa famille, sr sa position, sur nir si sa fortune.
BEAUVOISIN.—Sa famille est une des plus nobles