NOUVELLE SCENE
Mais l'air pur du dehors glissa vainement sur ses lèvres légèrement entr'ouvertes
Nous ne suivrons pas
Poyer et ses amis dans
lalongue marchequ'ils
firent ensemble, errant
aux environs de la
ville. Il est inutile de raconter toute cette journée de tristesse, où
ce cœur désolé jeta toutes ses larmes, tous ses cris de désespoir aux
amis patients qui l'escortaient et qui le plaignaient. Arrivons au soir
de ce jour.
Valvins, Deville et Poyer étaient entrés dans un petit cabaret des environs de la ville, et y avaient pris un frugal repas.
La nuit était venue, sans qu'ils eussent pu savoir ce qui s'était passé dans la ville.
En rentrant le soir, ils trouvèrent quelques étudiants : 1 un d eux, à qui le vin avait donné assez d'audace ou de folie pour qu'il osât montrer à Poyer un doute sur son courage, lui dit : — Oh! tu n'avais pas besoin d'aller te promener toule la journée hors de la ville; on n'a pas vu un traineur de sabre dans la rue; le général les a prudemment consignés dans le quartier... Mais, demain il fera jour, et probablement on en rencontrera quelques-uns... ce sera le cas d'aller siffler des romances dans le bois.
fari». — Imprimerie W»ldei, rue Bonaparte,
CONFESSION GÉNÉRALE
Poyer regarda l'étudiant avec un triste dédain, et lui dit avec
une voix douce : — Pourquoi, puisque tu es brave, le fais-lu fanfaron?... Tu vois bien que je ae veux pas me battre avec les officiers. J'ai tort; mais il y eu a un avec qui je nie battrai; mais ce n'esl pas parce qu'ils nous ont insultes... c'est pour autre chose, entendstu?... C'est pour autre chose...
L'étudiant voulut répliquer; mais Charles, qui se trouvait là, s'écria : — Si tu ajoutes une parole, c'est à moi que tu auras affaire !
C'était une chose bizarre que de voir la retraite de Poyer, le terrible étudiant, protégé, pour ainsi dire . par ce petit bout d'homme qu'il eût brisé entre deux doigts de sa main. On prévint aisément la querelle qui eût pu s'élever entre Charles JouVu et son camarade. Les étudiants sentaient trop le besoin qu'ils a\ aient d'être unis contre l'ennemi commun , pour ne pas se pardonner, à. ce moment, des paroles et des menaces qui, «n toute autre circonstance, leur eussent certainement mis l'épée à la main. Aussitôt après cette rencontre, Poyer, Valvins et Deville gagnèrent leur logement.
Soit qu'il fût odieux à Poyer de rentrer chez lui près de la chambre vide de Fabien , soit triste pressentiment de ce qui pouvait l'attendre chez lui . Poyer s'arrêta et «lit à ses* amis : — Tenez, rentrez, vous autres : laissez-moi... je passerai la nuit à m 3 promener: et demain malin , à l'heure convenue , j'irai vous prendre.
Valvins insista pour que Poyer rentrât du; lui.
— Tu le veux, lui dit le malheureux ; allons ! il est dit que je n'é\ itérai pas une des douleurs de mon agonie.
— Et que veux-tu dune qui t'arrive chez toi?
— Je ne le sais pas, dit Poyer ; mais je le sens. Tiens, c'est comme lorsque j'ai vu entrer ce jeune homme le jour de l'arrivée du régiment... Je l'ai dit que j'avais vu reluire sur son sabre l'éclair de ma mort.
— Comment un homme comme toi peut-il se laisser aller à de pareilles supersti lions ?
— Ça sera comme je te le dis.
— C'est que tu le voudras, reprit Deville.
— Non... non, fit Poyer, et jamais je ne me serai si bien battu que je me battrai demain... Mais ce garçon me tuera... comment.'... je n'en sais rien... le hasard, le bon Dieu, enfin, c'est sur... et la meilleure preuve que je ne me trompe pas, dit-il en ouvrant la porte de la maison où il demeurait, c'est que nous allons trouver ici quelque chose de triste, et qui me rendra la mort plus douloureuse que je ne l'aurais voulu.
Cependant les trois aniis entrèrent dans la maison, et montèrent jusque dans leur chambre sans que rien d'extraordinaire parût justifier les tristes pressentiments de Poyer.
Lorsqu'il arrivait une lettre à l'adresse d'un des étudiants qui habitaient la maison, on avait l'habitude de la déposer soit sur sa commode, soit sur la cheminée de sa chambre. Poyer regarda aux deux endroits, et dit d'une voix sombre : — Rien... pas de lettre... El
Poyer s'attache de ses mains de fer à cette forte rampe.
cependant, reprit -il en levant les yeux au ciel et en appuyant ses deux mains sur son cœur, je le -eus, il v a un malheur qui m'attend ici. ,
\ ces mots, an léger bruit se fit entendre dans le cabinet qui
aliénait à la chambre de Poyer, et une voix éperdue lui cria : —
Il v a la mère.
Poyer se retourna avec épouvante : mais à l'aspect de cette noble
iiiïranlc qu'il aimait et qu'il vénérait, il ouvrit ses bras et
serra sa mère sur son cœur en s'éci iant à son tour :
— Oh! venez, venez! j'aurai besoin de votre bénédiction! Apres les premiers embrassements, madame Poyer s'assit près de son fils, qui ne s'était pas aperçu que Valvins avait pénétré dans
le petit cabinet et en avait soigneusement fermé la porte.
— Écoule-moi, mon enfant, lui dit-elle, tu as du chagrin , je le sais. Je venais à Rennes parce que...
La pauvre femme hésita et reprit aussitôt : — J'avais peur. . . ce nouveau régiment qui vient d'arriver... Vous êtes si terribles, vous autres étudiants... ça va être encore des querelles, et tu es toujours le premier dans ces horribles affaires...
Elle s'arrêta et reprit avec embarras :
— Quoi qu'il en soit . ji venais, lorsque, à deux ou trois lieues d'ici, j'ai rencontré Fabien...
A ce nom, Poyer tressaillit et devint pâle.
— Ohl il ne s'est pas bien conduit avec toi , reprit sa mère ; il t'a l'ait du chagrin, c'< il ce que je ne veuv pas, c'est ce que je ne souffrirai pas... Mais il est si jeune, si étourdi, qui; tu lui pardonneras, n'est-ce i
Poyer se détourna, de grosses lai mes coulaient sur son visage ; il prit les mains de sa mère, el lui dit d'une voix entrecoupée : — Oui , oui . ma mère, je lui pardonnerai si vous le voulez.
— Oh ! reprit la mère avec vivacité , et i onune heureuse du triomphe qu'elle venait de remporter, oh !
je veux qu'il te demande pardon, à genoux, entends-lu ; car lui, un enfant, te faire du mal à ce point-là, à loi, à mon fils !
Rien ne peut rendre l'expression de tendresse el d'orgueil mater nel qu'il y avait dans le nom si noble et si noblement porté qu'elle. donnait à son fils.
— Assez, i:-r-ez, ma mère, dit Poyer tout ému; vous avez raison, c'est un enfant qui ne sait pas ce qu'il fait : n'en parlons plus, je lui pardonne.
— Écoule, Poyer, reprit sa mère, je peux parler devant tes amis, ils savent mon secret; eh bien' il ne Unit pas que la colère dorme dans le cœur d'un frère contre son frère, il faut que tu pardonnes tout de suite à Fabien.
— Tout de suite... dit Poyer en se reculant avec, effroi, non, demain, plus tard...
Madame Poyer, emportée parle désir qu'elle avait de voir se faire la réconciliation de ses deux enfants adorés, ne voulut pas s'apercevoir ou ne s'aperçut pas du mouvement de répulsion de Poyer. Elle se leva soudainement, courut vers le petit cabinet où elle s'était i\\-
lu
CONFESSION GENERALE
.lu»- lui moment, el appela Fabien. Le malheureux paru! , sa mère L'entraîna vivemenl sers Poyer, el le poussa duns ses bra
Pover baissa !<•- yeux, resta immol île. ci i abien - • recula, il
I»ôt*é« avec mu mouvement de rag ■ \ • i i pe< t, mad< Poyev rc la
anéantie, regardant loui'àlo i ses deux enfants, n'osanl parlei nia l'un ni à l '.h ii iv ; enfin un éclair de justice instinctive pénétra dans le cœui de cette mère désolée, elle comprit- que la raison, le droit étaient du côté ilf ce noble el bon Poyer; elle s'élança vers i abien el lui dit avec mu' tendresse emportée : — M.iis demande I li donc pardon, malheureux ! demande lui doue pardon...
Suit que la voix de celle qu'il savait être sa mère lui toute-puissante mu Fabien, soit qu'il sentit réellement loute L'étendue de ses loris envers Poyer, Fabien tomba à genoux devant lui, en criant :
— Pardonne-moi, frère, pardonne-moi !
v ce moment, Pover s'avança vivemenl vers Fabien, et le relevant brusquement, il luidil : — Je vous ai pardonné, monsieur, j'ai dit à ma more que je vous avais pardonné; et je Lui jure encore, dussé-je vivre cent ans, jamais il ne sera question entre nous de ce qui s'est passé, jamais cela n'apportera le moindre changement à noire position respective... Jamais cela n'altérera l'amour 61 le respect que je vous dois, ma mère... ma sainte el bonne mère.
l'ai achevant sa phrase, le jeune homme s'elail tourné vers sa
mère et lui avait lemlu les bras, elle s'y était précipitée, cl son fils, pleurant el sanglotant . la tenait embrassée a\ ec force. A et moment, madame Poyer dégagea une de ses mains, et la tendit à son autre enfant , en lui disant :
— Mais viens donc, Fabien... viens donc.
Si, a eei instant, Fabien eût cédé à cet appel de sa mère, s'il étail venu se mêler à ses embrassements pleins de larmes el de faih il est probable que Poyer n'eût pas résisté à cel cnlrainemem; il lui eût ouvert les bras, et une fois que sa main eût pressé celle «le son frère, tout eût été oublié. .Mais l'orgueil de Fabien, qui s'était mis à genoux devant Poyer, et qui ne L'avait pas louché par cet acte de soumission, se refusa à une nouvelle tentative qui pouvait cire également infructueuse.
— Non, ma mère, reprit-il, je ne veux pas lui arracher un pardon qu'il n'a pas dans le cœur.
Celle froide réponse glaça les transports de madame Pover., qui se retira doucement des étieintes de son lils.
Il y eut un moment de silence el de tristesse presque solennel. Enlin la pauvre mère, qui ne pouvait abandonner aisément la pensée de voir ses deux (ils se réconcilier, reprit ainsi la parole en s'adressant à Fabien : — Mais, mon Dieu, que lui as-tu donc t'ait, que lui, si bon, si généreux, ne puisse te pardonner?... ,
— J'ai eu tort, ma mère, je le sens; j'ai eu tort, reprit Fabien, de cette voix douce et mélodieuse qui llatiail avec tant d'art les oreïlles d'une femme el surtout celles d'une mère, et cependant, s'il savait comment tout cela s'est passé, il verrait peut- être que je ne suis pas si coupable, et il ne se montrerait pas si rigoureux... et s'il voulait ni'ecoutor...
— Tais-loi, lui dit gravement Poyer, le mal est Fait, et pour le peu de temps que j'ai à eu souffrir, ce n'est pas la peine de s'irriter par des explications.
Valvins et Devillc furent seuls à comprendre sans doute le sens de cette dernière phrase; madame Poyer ne savait pas les tristes pressentiments dont éi ait frappée l'imagination de son lils; aussi, sans s'arrêter à l'expression de celle mélancolique espérance, qui semblait prévoir la lin prochaine de ses douleurs, madame Poyer reprit avec une sorte d'autorité suppliante :
— Eh bien! moi, je veux savoir ce qui s'esl passé, je veux tout savoir, et je jugerai si les torts de Fabien sont impardonnables, et si toi, Poyer, tu dois le montrer si inflexible.
Poyer s'approcha de Valvins et de Deville, et leur serrant douloureusement la main, il leur oit d'une voix lente et désespérée : — Je vous disais bien qu'un affreux malheur m'attendait ici.
Madame Poyer, voyant que son fils s'éloignait d'elle, lui dit alors avec un tendre reproche : — Ne me veux-tu pas pour juge entre vous deux; te délies-tu de la tendresse de ta mère?
— Non , non , s'écria vivement Poyer ; tout ce que vous voudrez, quel que soit votre désir, je le respecterai; quelle que soit votre volonté, je veux qu'elle s'accomplisse; quel que soit votre jugement, je l'accepterai avec reconnaissance. Oh! ma mère, ma mère, ajouta-t-il, en essayant vainement de vaincre l'émotion qui le dominait, je suis arrivé à une heure de ma vie où j'ai besoin que vous compreniez à quel point je vous aime et je vous respecte.
Par une fatalité inouïe, il semblait que le cœur et les yeux de madame Poyer ne fussent tournés que du côté de Fabien;' elle ne voyait que l'enfant chétif et suppliant que la sévérité de son frère repoussait, pour ainsi dire, du sein de la famille; elle ne voyait pas la profonde douleur de l'homme fort, et dont les droits incontestables la laissaient sans alarmes sur l'avenir de sa destinée.
— Eh bien! reprit-elle, parle, Fabien, parle.
Poyer s'assit froidement sur le bord de son lit, la tête basse, les bras croisés sur sa poitrine. 11 avait toute la position d'un homme qui sent qu'il va être soumis à une horrible torture, et qui se jure à
lui même de ne montrer, par aucun tressaillement, les affreuse* douloui s pi'il s 'apprête a subir.
Valvins le comprit ain i, car il s'approcha de madami Poyer, el il bu dit doi:i cmcni : — il vaudrait i eut être mieux remettre ci Ite explication a im moment plus éloigné; puis il ajouta tout l>;ts : Il vaudrait peul êlre mieux que Poyer n'en lui pas témoin..,
,\i>us l'avons dit, une fatalité inexplicable pon ail i alfeeurcu e
mère; cite ne lai la pas achever Valvini-, el l'interrompit vivemenl
en disanl : — Oh! non , non . je ne veux pas que Fabien pin
tromper; je ne veux pas que, s il ne m* disait pas la vérité, mon fil
ne lui pas la pour le démentir.
Le parti de Poyer étail pris, et il dil doucement à Valvins : — Ma mère a raison, laisse-le parler.
\\ . — m si BPOIR.
Deville examinait Fabien; il semblait se demander commenl ce
jeune homi -eiaii aborder devant sa mère d devaîil son frère 1H1
sujet aussi étrange et aussi délicat que celui dont il avaii à parler.
Mais dans celle attention de Deville il n'y avail pas la crainte d'un
homme qui prévoit un embarras dont le coupable ne saurait se tirer;
il v avait la curiosité de l'observateur qui sent qu'il a affaire ï une dextérité merveilleuse el qui s'apprête a l.i voir manœuvrer
Cependant Fabien, soit embarras réel, soil admirable artifice, hésita pendant quelques instants.
— Maintenant, dit-il, que vous m'avez ordonné de parler, ma mère, et que mon frère a bien voulu consentir à m'entendre, j'avoue que je ne sais pas comment vous dire ce qui a amené sa colère contre moi.
li garda un moment le silence, et se tournant vers Valvins, connut; pour inip'oiei son assistance , il lui dit avec [trière : — Raconte ce qui s'est passé, toi; je n'en ai pas le courage, et en vérité je ne sais pas si un lils peut parler de pareilles choses devant sa mère.
— Puisque tu as eu le courage de faire le mal, dit Valvins, aie le courage de l'avouer. En tous cas, la mère te pardonnera, si tes expressions ne sont pas ce qu'elles devraient êlre
Deville sourit dédaigneusemeni en regardant Fabien; il avait déjà deviné avec quelle adresse ce jeune serpent avait prépare' son aveu ; il avait déjà considéré sa faute, et par conséquent le chagrin qu'en éprouvait Poyer, en disant qu'il s'agissait de choses dont un fils ne pouvait guère parler devant sa mère.
Celle-ci lui dit à son tour : — Parle, Fabien, une mère doit tout savoir, une mère peut tout entendre.
— Fh bien ! reprit Fabien d'une voix faible el en baissant les yeux, il y a à Hennés une jeune fille que Poyer aimait.
La mère jeta un regard rapide sur son fils aine; mais le vis.. Poyer était impassible.
— Eh bien! après? dit madame Poyer d'une voix altérée.
— C'est une pauvre ouvrière, dil Fabien ; je ne savais pas que Poyer l'aimait au point de lui avoir promis de l'épouser.
Madame Poyer, celte fois, jeta encore sur son fils un regard triste et presque sévère.
Le noble jeune homme resta encore impassible.
— Continue, Fabien, dil vivement la mère.
— Quand je la rencontrai, bien par hasard, dit Fabien, toujours les yeux baissés, je ne savais pas même qu'elle connût Poyer.
Fabien s'arrêta encore; il semblait qu'il voulût laisser à chacune de ses paroles le temps de faire l'effet qu'il en attendait.
— Achève donc! dit madame Poyer avec impatience.
— Vous savez combien mon frère m'aimait, reprit Fabien d'une voix larmoyante; vous m'aviez confié à lui, et, je vous le jure, ma mère, jamais tendresse plus paternelle ne veilla sur un pauvre curant.
— J'en étais sûre, reprit madame Poyer , heureuse de trouver un mot de tendresse à son fils, qui semblait être de marbre devant la justification de son frère.
— Eh bien? ajout a-t-el le en se tournant vers Fabien.
— Eh bien, reprit celui-ci, vous comprenez qu'alors il ne voulait pas me laisser aller, avec les autres étudiants, au café, au billard, partout enlin où Us allaient ensemble le soir.
Valvins écoutait sans comprendre autre chose que le sens pour ainsi dire exlé rieur de ces paroles; mais l'infâme insinuation qu'elles contenaient n'échappa pas à la froide observation de Deville: il tressaillit et .fut sur le point d'interrompre Fabien. Mais madame Pour reprit d'un ton douloureux, car elle aussi avait compris la portée des paroles de son second fils : — Poyer avait raison de l'empêcher de le suivre dans des plaisirs qui peuvent Convenir à son âge, mais qui seraient trop dangereux pour le lien.
La pauvre mère avait beau faire, le blâme était pour Poyer au fond de l'approbation qu'elle lui accordait, l'excuse était pour Fabien dans le blâme qu'elle paraissait vouloir lui jeter.
— Vous comprenez, ma mère, reprit Fabien, que je me trouvais bien s >uvent tout seul et très-ennuyé; c'est ce qui fit que, sans le vouloir cl sans y penser, et bien malgré moi, je me laissai aller à l'entraînement de voir souvent cette jeune fille.
Malgré sou audace, le coupable hésitait. Il avait bien senti que le