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: ,jlM. | ,, in, ,\ ,,-■■ regarder sa u mme, il li liwrail ni mi rjuaH d'heure... Il .1 îli > laissé pour mriii un certain do vos «mis, un Lucien Doviilo, -lui s'était permis de lui faire les dou* jeux... ! impossible, vous du
— CniiiiniMit m' fafl il que vous ignorloi ce donl tdul Pans csl Informé '
— Mais, j'j pente, lii If doclcur, M. do Favlen - n accepté, il j .1 liols mois, une mission diplomatique... C'esl possible... c'i 1 possible • •
E| , esl pour cacher ses torts que M. de Frérncrj m'en suppose ?...
— Pcut-èire, fil le docteur; mais, en ce cas même, je ho vois pas quelle pcnl être la raison qui a poussé l rémerj à demander M. db 1 esij dans une a flaire pareille.
Madame do Frémen réfléchit longtemps, dl peu à peu sa ligure • 1 léra. Soil qu'elle découvrit le vrai sons de la conduite de son mari, soil qu'elle se laissai aller à son ressentiment el qu'elle supposai 1 sa conduite des motifs révoltants, elle s'écria loul à coup :
— Ni n. je ne veux pas savoir ce qui le pousse... Il me suflll du témoignage de mon innocence... J'aifeitdtal la décision de M. do 1 n in. 1 j '
— Mais lui ilit le docteur l>..., retournez-vous près do lui?
— Cela dépendra de ce que vous m'éei irez, quand vous I aurez vç\ u. La santé de madame de Freiner) n'exigeait plus de soins assidus
di 1 1 | art de s<>n médecin; il retourna à Paris, et laissa Amélie seule dans sa maison.
«Juan! au médecin amené par Led) el qui s'était éloigné avec rai, il ne reparut plus.
Mil. JVI Ol s!| .
Deux joins se passèrent sans que n àdfcme de Frémcry entendit parler de Melchior. Après ce qu'il lui avait dit, après ce qu'elle lui avait dit surtout, elle ne sut comment expliquer celle absence. C'était mie jimue sans nom, si Leslj se tenait éloigné volontairement ; s'il y était forcé, ce ne pouvait être que par un motif bien puissant et bien cruel à la fois.
Amélie ne savait que penser: mais le doute où elle était plongée amena à sa suite de tristes réflexions sur l'entraînement auquel elle s'était laissée aller. L te se sentit coupable et crut voir dans l'ihdifférei ce de Lèsly le cbàtimenl de la faille qu'elle avait commise. Ces réflexions a plongèrent dans une tristesse moitié, désespérée, et à laquelle elle n'essayait pas de s'arracher.
En ce moment elle avait tourné ses pensées du côté de son mari; mais une lettre qu'elle reçut de lui arrêta cet élan. La lettre était convenable, et les explosions affectaient même une lendrësse empressée; ma s la conclusion de la lettre démentait tout cela; et d'ailleurs les expressions du cœur ne se remplacent pas.
Un homme comme Eugène, habitué à faire parler la fausse indignation du magistrat orateur,' pouvait aisément trouver des phrases OÙ l'amour parût avoir un langage passionné; mais de là à la véritable émotion, à celle qui se communique aisément de celui qui l'éprouve à celui à qui elle s'adresse, il j a un abîme, un abîme que le véritable amour comble avec un mot, avec une réticence, avec ce je ne sais quoi qui n'a pas de nom, mais qui fait la croyance d'un côté, parce que la sincérité a parlé de l'autre.
En définitive, Amélie fut attristée par cette lettre et blessée par la conclusion.
Pour toutes sortes de faisons qui n'étaient pas même spécieuses, Eugène priait sa femme de ne pas venir à Paiis. 11 ne fallait pas, disait-il, que le secret qu'il avait fait de son duel fût ébruité. Sa blessure était assez légère, pour qu'il pût nier celle rencontre. L'absence d'Amélie en celte circonstance devenait une preuve en faveur de ce mensonge.
— Je ne me suis poinl battu en duel, devait dire Eugène Je n'ai point élé blessé, car s'il en eût été autrement, assurément ma femme serait accourue près de moi... etc., etc..
Ce fut un nouveau chagrin pour madame de FréméVy, qui se sentit plu> seule, plus abandonnée que jamais. Mais ce chagrin n'eut pas.cetle violence qui fait qu'une femme se révolte et prend une décision. C'était un abattement, une fatigue sans émotion, sans désir d'autre sensation que celle qu'on éprouve.
C'est à ces heures de lassitude que le cœur ne se donne pas, mais se laisse ravir. C'est en de pareils moments qu'une femme ferme quelquefois les veux pour ne pas voir où on l'entraîne, parce qu'elle n'a plus le coin âge de résister.
Frémerv avait demandé une réponse à Amélie: mais tel était l'état de prostratioîi où elle se trouvait, qu'elle lui répondit comme il lui avait écrit, avec une affectation maladroite de senti ments Tendres. Elle n'articula pas un des griefs nombreux qu'elle a vint dans le cœur. Il eût fallu les prouver, les discuter: ede ne s'en trouvait plus capable, et elle garda le silence. Cependant madame de Fréluery ne put méconnaître qu'elle n'agis-ait pas comme elle ie devait. C'était lassitude, fatigue, avons-nous dit.
lit autre chose encore, c'étail indifférerii è.
Les torts dé son rriarl ne l'Irritaient plus. Le désespoir n de la force, et c'él ùl bien plus ourdie... c'étail remords... elle avait peidu le droit d'être évôrc
Amélie obeissail Ù ton ci ertlimenls sans les rcconnuilrc 1
leuieiit.
I n joi il entier è passa d ! WUlS que 1 îen vint l'avertir qi
vie in ne aul ■ d'elle. \ 1.1 1 Jj >ue murale qu'elle
éprouvai! s'aioula le d< goût do loul ce qu'elle avail aimé... de lecture, musique, Bolns de maison... loul lui paraissait insuuiioi
laide.
— A quoi bon.se disait-elle a quoi bon? Moi terrible qui dit plus que foui autre le vide actuel de l'âme el son aspiration à être
\ eo.
Madame de tréuierv, Iriste, Inoccupée, indolente, s'élall traînée jusqu'au pavillon où elle avait coul 1 l'attend n m ni.
Pourquoi à cet endroit? pane qu'il était là... Lieu ne l'v appelait, lien ne l'v ramenait, m espoir, ni désir, ni même le besoin cruel d'aller se heurter aux lieux où on a le plus Bouiïcrt.
L Ile étaîl si éloignée d'v attendre quelque chose ou quelqu'un, que c'esl à peine m elle entendit le bruit d'une voiture qui s'avançait avec rapidité. •
Par un reste d'habitude curieuse qui fini! par être uu mouvëraenl machinal du corps plutôt qu'un effet de la volonté, elle tourna la tôle ei rec iiihul Melchior de Lcsly el la duchesse de Fosenj
II était trop tard pour feindre de ne pas le- avoii aperçus. . Elle salua, cl SOU salut lui fut rendu par la dm lie- e avec un air de contentement qu'Amélie n'avait jSmais vu sur sou vi âge. Quant à Melchior, il s'inclina sans regarder, el l'œil perçant de la femme qui examine celui qu'elle aime le vil rougir.
1. 1 voilure passa, et elle put alors voir sur le devant Un bel enfant endormi sur les genoux d'une chambrière. duel était cet enfant... cet enfant qui revenait après l'absence de Melchior et en même temps que lui?
( e qu'elle avait pensé d'après le dire du médecin, celte liais m antérieure, cet enfant perdu et tout à coup retrouvé; lout ce qui n'avait été qu'une supposition devint tout à coup pour elle une certitude.
Mais la crainte que lui avait inspirée ce petit roman qu'elle s'était l'ait à elle-même fit place à un autre sentiment. Elle ne se demanda plus si l'amour qu'elle pouvait offrir à Melchior sùpp rait la comparaison avec celui qu'il avait dû inspirer à la femme qui lui avait donné de pareils gages de tendresse; elle se sentit humiliée, trahie.
On l'avait abandonnée après les plus solennelles promesses, on l'avait laissée seule après son aveu; et pourquoi? pour s'occuper des souvenirs vivants d'une passion éteinte. Et qui pouvait dire qu'elle était éteinte. Peut-être Melchior venait-il de la rallumer dans quelque louchante entrevue, sur le berceau oî* dormait ce fruit adoré de ses amours!
Pour la première fois de sa vie, Amélie éprouva une colère cruelle, terrible, implacable. Jamais elle n'avait tant haï qu'elle ne haïssait Melchior de Les! y à ce moment.
Elle n'hésita pas, elle se décida à partir sur l'heure. Elle voulait à tout prix montrer à Melchior quelle ne voulait plus le voir.
Elle quitta le pavillon pour rentrer chez elle et donner les ordres nécessaires. Elle traversait son parc lorsqu'elle vil Melchior venir à sa rencontre.
Elle eût voulu l'éviter; mais c'eût été dire trop bien qu'elle craignait sa rencontre; elle le laissa approcher.
— Madame, lui dit Melcliior avec "un gracieux empressement, j'espère que j'ai de bonnes nouvelles à apprendre de votre santé; car, ainsi que le malheur, un bonheur ne doit pas venir sans un autre, et j'ai de bonnes nouvelles à vous annoncer.
— Vous avez raison, reprit froidement Amélie, ma santé va à merveille. La solitude m'a guérie de tout ce que j'éprouvais de làcheu.v.
Melchior ne put se méprendre au ton dont furent prononcées ces paroles; il resta un moment interdit; mais il espéra sans doute que te qu'il avait à dire ferait cesser cette colère dont il soupçonnait la cause, car il continua :
— J'ai vu M. de Frémerv, madame ; on l'avait calomnié... Cetle prétendue passion pour madame de Favières n'était que beaucoup d'ambition mêlée de Ires-peu d'amour.
— Je sais cela, dit madame de Fréinery.
— Et quant à cette gène dont je vous avais parlé...
— C'est encore une calomnie, je le sais, dit madame de Fréinery d'un lui si blessant que Melchior la regarda fixement.
Amélie soutint ce regard sans se déconcerter et continua :
— Je vous remercie de vos bons soins, qui, j'en suis sûre, n'ont pas peu contribué à ramener M. de Frémery à ses devoirs.
— Je lui ai fait entendre la voix de l'honneur, repartit Melchior avec dignité.
— Et vous lui avez sans doute fait comprendre les dangers d'une liaison coupable?
CONFESSION GENERALE
Colle phrase avait été dite d'une voix strident i- et Saccadée.
— C'était mon devoir, dit Melchior, et je pensais que c'était votre désir.
— El vous pouviez l'édifier à ce sujet mieux que personne.
— Moi ! dit Melchior au comble de i'étuftnémcnf.
Amélie, irritée de n'avoir pu se soustraire à l'entretien de Melchior, était arrivée à bel état d'exaspération m'i les femmes oublient toute leur prudence habituelle pour rendre un peu du mal qu'elles éprouvent.
Elle repartit :
— Une femme mariée comme madame de Favières, qui s'expose à être forcée de cacher la naissance d'un enfant.,»
— Hue dites-vous-.' dit Melchior en pâlissant.
— Je sais que l'enfant perdu peut se retrouver, et que son itère parti...
— .Madame, s'écria tout à coup Melchior hors de lui, M. de Freiner) est un lâche!
— Monsieur!... lit madame de Frémery avec toute là hauteur d'un nobltt cœur qui entend insulter son nom dans la personne d'un autre.
— Madame, monsieur de Frémery est le maître d'un secret qu'il m'a juré sur l'honneur de garder toujours et vis-à-vis de qui que ce soit. Ce secret, il vous l'a dit.
— El moi, je vous jure sur l'honneur que M. de Frémery ne m'a rien dit à ce sujet.
— Mais qui donc a menti à sa parole?... madame Canlel?... Elle n'oserait plus...
Il s'arrêta, leva les yeux au ciel avec désespoir et s'écria :
— Ma pauvre sœur, ils la tueront !...
Amélie resta anéantie.
Ce mol avait été un de ces traits de lumière qui éclairent d'un jour resplendissant les ténèbres où l'on s'égare... La tristesse de madame de Fosenzac, son départ, son retour, cet air de joie qu'elle portail sur son visage, tout était expliqué.
— Votre sœur, dit madame de Frémery, votre sœur!...
— Ne le saviez-vous pas? dit Melchior,* fiappé à son tour de la surprise d'Amélie. .
— Je l'ignorais, je vous Te jure...-
— Ah! lit Melchior avec désespoir... et c'est moi qui le premier ai laissé échapper un secret...
— Qui mourra dans mon sein, dit tendrement Amélie... Je vous le jure, je ne sais rien, je n'ai rien appris, vous ne m'avez rien dit...
— Mais, reprit Melchior, qui ne pouvait s'arracher à la pensée. de ce qui venait d'être dit, si vous ne saviez rien, pourquoi ces paroles, pourquoi ces allusions à un événement...
Amélie rougit.
— Ne me le demandez pas... c'est une folie... une niaiserie...
— Non, Amélie, dit tristement Melchior, aucune de vos paroles ne peut être pour moi une niaiserie, une folie... Que volve honte revienne sur un. premier mouvement de colère, je le crois, car vous êtes généreuse... vous ne voulez pas blâmer ma sœur devant moi... mais vous vous êtes exprimée avec trop de vivacité, trop d'amertume, pour ne pas savoir quelque chose, pour ne pas croire qu'il y a eu dans ce malheur des circonstances fatales... et qui vous ont fait porter contre ma sœur... un jugement...
— Je vous l'ai dit, et vous pouvez en être assuré, je ne pensais pas à elle.
— A qui pensiez- vous donc?
— Que vous importe? Mon Dieu, ne suis-je pas assez malheureuse pour que vous me pardonniez un mouvement d'impatience...
— Mais contre qui?... Ah ! pardonnez mou insistance... mais tout ce qui touche à cette déplorable histoire m'épouvante...
Vous ne savez pas quel auge de bonté Léonie a été pour moi; vous ne savez pas que pour la sauver je viens de faire un acte bien étrange. Cet enfant, pour qu'il reste près d'elle et pour que cependant il n'excile la curiosité de personne, je l'ai reconnu, il passera pour m'appartenir.
— C'est étrange, en effet, dit Amélie.
— Eh bien! dit Melchior, si tant de précautions n'ont pas encore fermé toutes les issues par où ce secret peut s'échapper, jugez si je dois craindre... car enfin... vous aviez des doutes... des soupçons... contre ma sœur...
— Ce n'était pas contre elle, je vous l'ai dit.
— Mais contre qui?
— Contre vous.
— Contre moi?.., mais saviez-vous donc déjà la fable que nous avions inventée?
— Mais non, lit Amélie avec une tristesse impatiente, je ne savais rien... mais j'avais cru... je m'étais imaginé que c'était... car je savais votre entretien avec le docteur Morel... j'ai pensé que vous étiez reparti pour retrouver cet entant... j'ai cru... Tenez, je vous dis (pie j'ai été folle!
— Et c'est pour cela que tout à l'heure vous m'avez accueilli avec cette froideur?
— Ah ! cela m'a fait bien du mal... fit Amélie sans répondre.
— El pourquoi-7 dit Melchior, qui depuis un instant l'écoutait tans un ravissement inexprimable...
— Ces! que je suis jalouse, dil Amélie avec un long soupir.
— Jalouse!... dit Melchior en lui prenant la main.
Amélie s'arrêta, le regarda Ion-temps: ses yeux rayonnaient d'amour; elle ne se détourna pas de lui : mais elle se laissa gagni i à sa tl'istë!se et lui dit avec un doux reproche :
— Vous n'êtes pas hou... Nous me loi tuiez le cu-ur... et parce que je vous dis... ce. que je ne devrais pas vous dire... vous êtes heureux... Tenez, c'est mal. je vous en veux.
— Ne me deviez-tons pas cela pour la douleur que vous m'avez faite quand je suis an ivé?
— Nous oubliez, dit tristement Amélie, qu'il y a trois grands jours que je suis seule ici.
— Ne savie/.-vous pas que je m'occupais de vous?
— Et de votre sœur?
— M'en voulez-vous de l'aimer?
— Ah! reprit Amélie en souriant, je ne suis pas jalouse à ce point-là.
Oh! l'imprudente! l'imprudente! qui déjà jouait avec sou amour, qui en parlait comme d'une chose qu'elle ne se cachait [dus à ellemême.
— M. de frémery ne vous a-t-il pas écrit?
— Oui.
— Il m'a tenu sa promesse.
— Vous l'avez donc vu?
— C'est la première chose que je vous ai dite.
— C'est vrai.
Elle l'avait oublié.
Ah ! M. de Frémery avait tenu bien peu de place dans cet entrelien où il ne devait être question que de lui.
Cependant on daigna s'en occuper. Melchior raconta avec la retenue la plus modeste les conseils qu'il avait fait entendre à M. de Frémery.
— Mais sa fortune est-elle aussi gravement compromise que vous me l'avez fait entendre?
Les atteintes portées à la considération sont seules dangereuses, dit Lesly, parce que seules elles sont irréparables : quant aux atteintes portées à la fortune, un homme les a bientôt effacées, surtout quand il a des amis prêts à l'aider dans ses bonnes résolutions.
Amélie comprit Melchior, et dans un premier mouvement de reconnaissance, elle lui dit : — Ah! merci, monsieur, merci !... vous êtes un noble cœur... je le savais...
La suite de cet entretien n'eut aucune de ces paroles imprudentes qui font avancer l'amour. Mais le danger ne fut pas moins grand,
Amélie et Melchior s'entretinrent des affaires de M. de Frémery, comme on s'entretient des affaires d'un ami commun. Ils étaient déjà d'un côté et lui de l'autre. Ils s'entendaient pour son honneur et pour son bonheur : mais ils s'entendaient en dehors de lui.