‹ Les aventures de Saturnin FichetChapitre 165 sur 169 · IX. — UNE FLEUR · texte numérisé non relu

IX. — UNE FLEUR

A partir de ce jour, les relations d'Amélie et de Lesly devinrent fréquentes, assidues.

L'amour qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre s'était arrêté dans un calme heureux, confiant, lisse sentaient s'aimer, sans que cependant leur amour fût le sujet constant de leurs entretiens. Peut-être s'ils avaient été constamment sur ce terrain brûlant, peut-être madame de Frémery eût-elle été avertie du danger auquel elle s'exposait; mais c'était de la part de Melchior une affection si respectueuse, si dévouée, si tendre, si prévoyante de ses intérêts, si active à ramener M. de Frémery aux bons sentiments qu'il devait à sa femme, qu'Amélie ne s'alarmait point.

Amélie ne se croyait pas plus avancée que le premier ioiir où elle avait laissé Melchior lire dans son cœur, et déjà elle en était à s'être fait une habitude, un besoin, une nécessité de la présence de Lesly.

Elle l'avait aimé d'abord par la puissance mystérieuse de ! amour; maintenant elle l'aimait pour son gracieux esprit, ses nobles sentiments, ce tact exquis de toutes choses qu'il avait et qu'elle .-entait s'éveiller en elle par son commerce avec Melchior. Elle l'aimait pour ce dévouement toujours présent, toujours infatigable qu'elle lui trouvait à chaque minute.

Elle l'aimait parce que tout le monde l'aimait, parce qu'elle le voyait sans gène, -ans efforts, l'CSler supérieur à ses égaux en leur montrant de la déférence, parce qu'il gardait le respect de ses intérieurs en les traitant souvent avec une indulgence qui allait jusqu'à la faiblesse. Elle l'aimait, parce que Melchior savait tout, aimait tout; parce qu'il avait le courage des plus braves soldats et les petites terreurs superstitieuses qui occupent les cœurs aimants.

Elle l'aimait parce qu'il lui parlait le langage le plus sérieux et le plus digne en lu tenant sans l'acoii un écheveau de soie qu'elle dévidait; elle l'aimait par mille raisons qui ne lonL pas l'amour, mais qui le rendent plus complet, plus entier lorsqu'il existe.

Melchior n'occupait plus seulement son âme, il occupait tous les instants de sa vie.

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Bile eût pu l'almei avec une passion poul être plus violente, si «'lit'

eûl élé séparée de lui par le hasard ou par la volonté de Bon é| i ;

elle eût estimé comme un bonheur bien plus grand L'instant ou elle eût pu l'apercevoir ; mais elle nosefùl pas accoutumée a ce bonheur .ni point de ne plus pouvoir s'en passer.

\ lie oubliait quelquefois quelle avait un mari; ci lorsque ce

souvenir lui venait, ce n'était pas comme un remords ; car entre elle • (i Melchior II n'y avait encore aucune de ces fautes qui ont un nom . et i|ut' l'un peut vous reprocher, hune, quand elle pensait au retour de son mari, c'était comme à un ennui.

Elle et Melchior ne se «lisaient rien Le pins souvent que toul le monde oe pût l'entendre, mais ils n'auraient pas osé se Le dire avec la même confiance <>u avec la même gaieté.

Quinze jours se passèrent ainsi sans que M de Frémery vint à La campagne, sans qu'il permit à sa femme de se rendre pies de lui.

l'.n toute autre circonstance, Amélie eût voulu pénétrer à toute force le mystère d'une pareille conduite, mais elle acceptail comme convenable, comme possible un fait si extraordinaire, parce qu'au fond ses sentiments j trouvaient leur compte.

Jamais la vie ne Lui avait pain Bi douce. Eugène écrivait pins assidûment à sa femme el se félicitait avec elle de l'amitié dévouée <ju'il trouvait chez M. de Leslj . Mais il se gardait bien de dire quelle était l'étendue des Bervicesquil en avait reçus et qu'il en attendait encore ; et comme Melchior avait trop de délicatesse pour en parler, Amélie ne croyait pas qu'il lût question d'intérêts pour lesquels il est rare qu'on trouve même dans sa famille les sacrifices que Ixsly voulait s'imposer.

Madame de Frémery vivait dans la plus entière sécurité, et peutêtre rien ne fût venu la troubler de longtemps, sans un de ces hasards que l'amour rencontre indubitablement sur son chemin et dont il profite, et sans une de ces infamies que le bonheur appelle, et qui trouvent toujours des curieux pour les commettre.

Un sou*, arrivant chez madame de Frémery, Melchior trouva Amélie en grande conférence avec son cocher, et lui recommandant une exacte surveillance. Comme toute la maison écoulait avec une sorte de respect incrédule les ordres d'Amélie, qui paraissait agitée, Melchior demanda de quoi il s'agissait.

— Il s'agit, dit madame de Frémery, de trois ou quatre hommes de mauvaise mine que j'ai vus rôder toute la journée autour de la maison.

— Ce ne sont pas des voleurs, madame, dit le cocher en ricanant.

— 11 suffit que leur présence alarme votre maîtresse, dit Lcsly, pour que vous les surveilliez.

Le regard dont il accompagna ces paroles fit taire les observations qui semblaient vouloir s'élever.

Tout le inonde se retira, et Amélie resta seule avec Melchior dans le salon.

— Vous pensez donc que ce sont des gens malintentionnés? dit Amélie.

— ÏNon, assurément, des voleurs ne s'introduisent guère dans une maison habitée, lorsqu'il s'y trouve deux ou trois hommes. N'avezvous pas un cocher, un valet de pied, un jardinier? Il n'y a pas la moindre crainte.

Amélie ne parut pas persuadée, et Melchior s'informa de la mine de ces hommes suspects.

Lorsque Amélie lui eut expliqué qu'elle avait été d'autant plus effrayée de leur présence, que ce n'étaient pas des paysans, mais de ces hommes à vêtements délabres, qui appartiennent aux classes corrompues de la plèbe parisienne ; lors pie, disons-nous, Amélie eut dépeint ces hommes à Melchior, il parut à son tour vivement alarmé de leur présence. Il laissa échapper une exclamation de mécontentement qui n'échappa point à Amélie, et qui redoubla sa terreur.

Melchior chercha à la rassurer par les affirmations les plus formelles, et crut y être parvenu, lorsque la conversation, peu à peu écartée de ce sujet, ne laissa plus de place à ce souvenir. Une bonne partie de la soirée se passa dans ce facile entretien de deux cœurs qui s'entendent et pour lesquels tout est un sujet charmant.

La nuit était venue; Melchior et Amélie étaient assis l'un pics de

l'autre aux abords de la maison; la conversation s'était éteinte peu

à peu dans le silence universel qui s'étendait sur toute la campagne.

L'air était chaud, parfumé, enivrant ; et'chacuu s'était retiré dans

' sa rêverie, n'osant peut-être plus dire ce qu'il éprouvait.

Tout à coup madame de Frémery tressaille , jette un cri et se j'approche vivement de Melchior, qui lui demande le motif de sa frayeur.

— Ah ! dit Amélie toute tremblante et sans s'apercevoir qu'elle est presque dans les bras de Lesly, là-bas... tenez... dans ce bosquet... j'ensuis sûre... j'ai vu passer quelqu'un...

— C'est impossible, lorsque tout le monde est encore levé chez vous... quand nous sommes dans le parc...

— Je vous jure que j'ai vu passer quelqu'un.

— Eh bien! pour vous rassurer, je vais aller jusque-là... restez ici...

— Non... si en effet c'est un voleur, il est peut-être armé...

— Qu'à cela ne tienne, dit Melchior en riant et en arrachant un

bâton... me voilà armé de façon a mettre en déroute tous les Mandi Lns du pi

— En vérité, vous Iriez avei ce bâton?...

— Mais .j'irais sans h.ilun...

— Je suis donc bien ridicule !

— Non, certes.., vousavez peur... cela se conçoit...

■ — Mais si je voulais elle brave, dit Amélie moitié liant, moitié tremblant.

— Ah! je ne mimais qu'un moyen : c'est d'aller droit au danger ; le pins souvent on reconnaît qu'il n'\ en h aucun ; el si, par

hasard, il eu existait, il J a cent chances contre une qu'on le fait fuir en l'abordant.

— Ainsi donc, reprit Amélie, Le meilleur moyen de me rassurer...

— Serait de faire le tour du parc...

— Seule?

— Non pas seule...

— Vous voyez bien qu'il y a du danger.

— Non, certes... mais le danger serait en vous-même... je n'aurais pas peur d'une attaque étrangère pour vous: mais j'aurais peur de la peur que vous pourriez éprouver... Une fois que la terreur a pris le dessus, rien ne la câline, ne l'arrête... mais il me semble qu'avec moi vous ne craindriez rien.

— Eh bien ! soit, dit Amélie en se levant résolument, je veux me guérir de ces frayeurs ridicules; car si je me laissais gagner par ces appréhensions, je ue pourrais plus demeurer ici.

Aussitôt ils se mirent en marche : leur départ fut gai; madame de Frémery babillait pour ne pas paraître avoir conservé la moindre émotion.

Ils arrivèrent ainsi à l'entrée d'un bois assez sombre... Amélie hésita.

— Ah ! lui dit Melchior, il faut continuer : si vous vous arrêtes maintenant, vous aurez cent fois plus peur que si vous n'aviez pas entrepris cette promenade.

— Soit, dit Amélie.

Et, par un mouvement instinctif, elle prit le bras de Melchior. Ils avancèrent ainsi en silence ; mais, à chaque feuille qui frémissait, à chaque branche sèche qui criait dans les arbres ou se brisait sous leurs pas, elle se serrait plus vivement contre Melchior.

Lesly, malheureusement, n'avait pas peur, et il se laissait aller à l'émotion que lui donnait cet abandon involontaire, et entendait le cœur d'Amélie battre dans sa poitrine... Il l'écoutait... il souriait tout bas...

A ce moment, Amélie pousse encore un cri et se recule si vivemenl, que Melchior est forcé de la retenir pour l'empêcher de tomber.

— Mais qu'avez-vous donc?... lui dit-il.

— Là... là!... lui dit-elle d'une voix tremblante.

— Eh bien! ce sont deux très-beaux vers luisants.

Amélie était trop émue pour revenir sur-le-champ de sa terreur.

— Ah ! je suis folle... murmiira-l-elle... le cœur me manque.

En effet, Melchior la sentit prête à lui échapper, il la porta presque sur un petit tertre de gazon au pied d'un arbre, et se mit à genoux devant elle, tenant une de ses mains dans les siennes.

— Amélie, lui dit-il, c'est moi qui suis un fou d'avoir voulu vous faire tenter une épreuve au-dessus de vos forces... j'ai oublié que vous sortiez d'une maladie qui vous avait laissée plus faible, plus impressionnable que vous ne l'êtes d'ordinaire.

— Vraiment, reprit Amélie d'une voix entrecoupée, je suis d'une poltronnerie sans exemple... le cœur me bat àm'étouffer... sentez...

Elle appuya la main de Melchior sur son cœur... il s'était penché sur elle de manière que sa poitrine s'appuyait à son tour contre les genoux d'Amélie.

— Mais, en vérité, s'écria-t-elle, je crois que vous n'êtes pas plus brave que moi... votre cœur bat encore plus vite que le mien.

Melchior prit les deux mains d'Amélie dans ses mains jointes...

— Oh! oui, lui dit-il, j'ai peur... j'ai peur de perdre mon bonheur...

Amélie se recula et se tut.

Pour la première fois l'amour qu'elle inspirait lui parlait le langage du désir... elle resta immobile et sentit l'oppression de son cœur s'accroître... elle se leva tout à coup... Melchior était resté à genoux.

— Rentrons... lui dit-elle d'une voix brève et tremblante. Melchior tenait toujours ses mains et les couvrait de baisers... elle

retomba assise...

— Oh! restez ainsi, lui dit Lesly, Amélie...

— Melchior, lui répondit-elle,* il ne faut pas me punir de ma faiblesse... j'ai eu peur... mais je suis rassurée... rentrons... rentrons...

— Amélie, vous m'avez dit. que vous m'aimiez...

— Oui... je vous l'ai dit... ne le savez-vous pas?...

Melchior appuya sa tête sur les genoux d'Amélie et y demeura immobile... elle avait dégagé une de ses mains et l'avait posée sur la tête de Melchior... elle jouait avec les soyeux cheveux du beau jeune homme.

CONFESSION GÉNÉRALE

Ils restèrent ainsi immobiles et silencieux. Peu à peu Melchior releva doucement 'la tête... leurs regards se rencontrèrent, et malgré l'obscurité ils se voj lient. — Ah! dit Melchior d'une voix qui vibrait, je t'aime, Amélie... je

t'aime...

Et il crut entendre comme le murmure d'un sylphe lui renvoyer ces mots :

— Je t'aime!...

— Amélie!... toute belle Amélie!...

Et la même voix presque insaisissable lui répondit :

— Oh ! tu me trouves belle I,..

11 y eut un moment de silence pendant lequel Melchior se pencha vers "le front d'Amélie...

Elle lestait immobile...

Tout à coup elle se leva une seconde fois, repoussa Melchior...

s'élança rapidement dans l'allée et ne s'arrêta que lorsqu'elle fut .arrivée au bord du bois. C'était encore la nuit, mais ce n'était plus l'obscurité profonde, Melchior l'atteignit :

— Ah! vous m'avez fui... lui dit-il.

— Ne savez - vous pas que je vous aime...

fui dit-elle. Ah ! tenez... il ne faut plus nous exposer ainsi... je vous en prie.

Elle prit le bras de Melchior et ils rentrèrent lentement et sans se parler.

Une horloge sonna dix heures : "c'était le moment où ils avaient coutume de se quitter.

— Voilà dix heures, lui dit-il.

Melchior prit son* chapeau et revint tristement vers madame de Frémery.

— Adicujmadame...

lui dit il.

— Vous m'en voulez?

—t Oh! non... mais je souffre...

Amélie ne répondit pas.

D'abord elle lendit la main à Melchior :

— A demain ! lui dit-elle.

Il s'inclina pour baiser sa main... elle y sentit une larme...

— Melchior, lui ditelle d'une voix tremblante , vous m'en voulez...

— Non , sur mon ai beaucoup...

Amélie tenait la main de Melchior, elle l'attira doucement vers elle : leurs cœurs s'appuyèrent un moment l'un contre l'autre., et elle s'enfuit.

Melchior s'éloigna. Madame de Favières remonta rapidement dans sa chambre. Elle n'eût osé paraître devant personne après ce qu'elle venait de faire.

La route par laquelle devait passer Melchior passait sous les fenêtres de sa chambre. Elle les entr'ouvrit et voulut le voir passer à travers les lames penchées de sa persienne. Il n'y avait pas de lumière dans la chambre; elle ne pouvait être trahie.

Bientôt elle entendit son pas... il arriva jusque sous sa fenêtre... elle respirait à peine... 11 s'arrêta... elle fui heureuse...

Il resta un moment immobile à contempler la croisée.

11 portait à sa boutonnière une fleur rare qu'elle lui avait donnée :

''ette lecture dura près d'une heure.

non... mais je souffre... je souffre

il l'en ôta, elle ne sut ce qu'il en voulait faire... Melchior se recula jusque de l'autre coté de la route... s'élança avec la légèreté d'un écureuil.

Amélie le \it accourir et se recula ; un cri lui échappa, et elle ne savait encore ce que Melchior voulait l'aire, qu'elle vit qu'il avait atteint jusqu'au balcon. Il j reslail suspendu d'une main, tandis que de l'autre, il glissait la fleur entre les lames de la persienne.

Amélie n'osai I respirer... elle eût voulu le remercier , mais elle craignait qu'un mot, qu'un mouvement ne lui fit perdre l'équilibre; elle resta immobile ei muette.

I ii momen! après Melchior sauta légèrement sur le sol, et après avoir jeté un dernier regard sur la fenêtre, il allait s'éloigner.

La fenêtre s'ouvrit :

— Merci. ..merci!...

lui dit-elle en lui montrant la fleur qu'elle venait de ramasser.

— Vous étiez là?

— Oui.

— Oh ! rendez -lamoi maintenant !

— Oh! non, je l'aime !

— Eh bien ! donnezm'en une autre...

Elleen tendit monter.

— On vient; fuyez.

— Sans rien?

— Tenez... s'écriat-elle.

Et elle lui jeta un cordon de ses cheveux auquel pendait une petite croix qu'elle tenait de sa mère.

Melchior le reçut et disparut.

Elle resta à la fenêtre. On entra.

— Je ne savais pas ce qu'était devenue madame, dit la chambrière en entrant.

Amélie ne répondit pas.

— Madame veut-elle se reposer ?

— Oui, lit Amélie.

Elle déposa sa précieuse {leur sur la cheminée et se livra aux soins de sa femme de chambre, sans la quitter de l'œil.

Il lui fallut se coucher : elle n'osa prendre sa (leur; mais elle ne la perdit pas de vue.

La chambrière tourna, retourna, et dix fois, en rangeant sur la cheminée, elle poussa cette fleur précieuse... Enfin, elle finit par la prendre...

Amélie crut qu'elle allait l'emporter... Elle demanda un mouchoir...

La chambrière donna le mouchoir sans quitter la fleur.

— Faites-moi un verre d'eau sucrée, dit Amélie. Il fallut quitter la fleur pour obéir...

La chambrière apporta bientôt le verre d'eau.

— Maintenant, laissez-moi.

La chambrière retourna vers la table où elle avait déposé les chiffons et la fleur qu'elle voulait emporter.

— Mais, mon Dieu! dit Amélie, laissez tout cela... Laissez, vous dis-je... vous n'en finissez jamais.

La camériste s'élojgna.

A peine la porte était-elle fermée, à peine le bruit des pas de la chambrière s'était-il éteint dans le long couloir qui précédait la chambre de madame de Frémery, qu'Amélie s'était levée; elle avait couru à sa Qeur, elle l'avait emportée triomphalement dans son lit, elle la tenait appuyée sur son cœur, elle la couvrait de baisers!

Ah! madame! madame!... que cette fleur ainsi emportée, ainsi

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,v était 1 1 r M ■ ■ i h, ife i '.mie' Melchior l'Ignorait..; Mais vous, lorsque roua vous endormîtes le sourira aui lèvres, avec colle fleur cachée dans voira sein, voua lavir-i qu'il n'y avait plus entre vous el Mclchini que l'honneur pour vous défendre. 1 1 :. c'était li une grande rautel

\. — I M IM \MII .

I e lendemain, à son réveil, Imélie retrouva près d'elle celte fleur el la cacha soigneusement. Ce ne fui qu'alors quelle s'aperçut qu'elle n'avait plus cette eroii qu'elle n'avait jamais quitlée. < ommenl expliquer sa disparition? Il fallait un mensonge; elle n'héalla pas à le faire '-'il le fallait. Bile élail heureuse, el cependant elle redoutait la présence de Melchior. Elle eût voulu le voir sans être vue.

Elle ne sava i quu faire. Enfin, elle Bonna. Sa chambrière «.-i 1 entrant lui remit une lollio.

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