DU TRADUCTEUR. VU
maligne dans le spectacle des infortunes d'autruiy il n'est pas aussi particulier aux paysans allemands que l'a cru Gœrres^ le célèbre publiciste de Coblentz (i). i4 V égard de ce goût pour les propos orduriers si vivace encore aujourd'hui dans les campagnes ^ il n'a pas complètement abandonné les grandes villes, où les histoires scatologiques ont conservé le privilège d'exciter une innocente gaîté. Je dis à dessein une innocente gaîté ; // ne faut pas, en effets mettre sur la même ligne les images sales et les images obscènes. Celles-ci doivent être proscrites parce qu'elles sont dangereuses. Les autres sont exemptes d'inconvénient^ parce qu'elles ne peuvent pas produire le moindre désordre, provoquer le moindre excès.
En somme y l'histoire d'Ulespiègle ne méritait peut-être pas l'immense succès qu'elle a obtenu, et que j'ai essayé d'expliquer sans chercher à le justifier ^ mais il serait injuste de la condamner à l'oubli. Elle a d'abord ce grand mérite, fort rare dans les vieux livres de facéties, qu'elle est absolument exempte d'obscénité. Puis on y trouve des contes fort agréables, qui, sauf erreur, lui appartiennent en propre pour la plupart.
Le principal ressort du comique de ce livre^ c'est l'affectation que met Ulespiègle à prendre toujours ce qu'on lui dit au pied de la lettre, à faire a selon
(i) Voy. Die teutschen Volksbûchfr^ von J. Gœrres. Heidelberg, 1807. In- 12, p. 196.