‹ Les aventures du chevalier de Faublas (volume 2)Chapitre 7 sur 18 · NOTICE SUR LOUVET DE COUVRAY · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LOUVET DE COUVRAY

ce qui rend plus regrettable sa mort prématurée. Usé dans de grandes querelles , on lui tint trop peu de compte de sa rare intrépidité ; et ses collègues , moins pénétrants ou plus serviles que lui , le regardèrent comme un brouillon dangereux, lui !.. . Louvet ! cet ennemi de Robespierre , ce contempteur des faux dieux qui demandaient du sang I . . .

Si nous écartons ces souvenirs politiques que le succès de Faublas ef!ace , nous ne trouvons pas non plus une entière équité dans les jugements portés sur la personne de l'écrivain. Cette femme vertueuse que nous avons déjà citée , madame Roland , qui était pleine de tact , nous a laissé ces lignes , qui valent mieux que les conjectures des esprits soumis à cette croyance , au moins douteuse , que l'homme se peint dans ses écrits : « Ce front noble, ces yeux pleins de candeur et " d'expression , ce courage de lion , cette douceur , cette sensibilité » prouvaient la régularité de ses mœurs , la droiture de ^es actions , " l'excellence de son naturel rempli de bonhomie et exempt de pré- " tentions. «

C'est donc comme homme du peuple et parlant au nom de la patrie contre les tyrans populaires qu'il s'est fait calomnier par ceux qui reniaient leur origine et leur passé pour mendier des faveurs. C'est comme exagéré dans ses peintures d'amour et de tendresse que lui , qui avait tant et si purement aimé , se vit blâmer par les austères lecteurs qui se disputaient son ouvrage. N'est-ce pas le cas de répéter ici : » A ceux qui ont beaucoup aimé , à ceux qui dans des jours •* néfastes amassèrent sur eux les soupçons et les haines , im peu de •• pitié , un peu d'indulgence ! « Ou bien faudrait-il , parodiant un blasphème fameux , s'écrier : •• Vertu , qu'es-tu près de l'art de fein- •' dre î Popularité , tu n'es qu'un vain nom ! •»

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