‹ Les aventures du chevalier de FaublasChapitre 13 sur 37 · SUR^LOUVET. XI · texte numérisé non relu

SUR^LOUVET. XI

» depuis notre demî-couchée à Roternheim, nous » nous traînions de piège en piège, de faux pas » en faux pas. Nous tombions de fatigue, de som- » meil et de faim. Nous étions couchés dans » Teau ; car Torage était si fort que, malgré de » grands arbres, la pluie tombait sur nous par » torrents. Il paraissait impossible que le plus » robuste résistât à une telle situation. Je l'avoue. » l'heure du découragement était venue; Riouffe » et Girey-Dupré, dont l'inépuisable gaieté s'était » soutenue jusqu'alors, ne nous donnaient plus » que des sourires. Le bouillarit Cussy accusait » la nature; Salles se dépitait; Buzot paraissait » accablé; Barbaroux même sentait sa grande » âme affaiblie; moi je voyais dans mon espingole » notre dernière ressource. Péthion seul, et c'est » ainsi que je l'ai vu dans toute cette route, Pé- » thion, inaltérable, bravait tous les besoins, gar- » dait un front calme au milieu de ces nouveaux » périls et souriait aux intempéries d'un ciel en- » ncmi. »

Louvet, après avoir rejoint à Q^uimper, sa fidèle Lodoïska dut se résoudre à une plus longue séparation. Il ne restait plus d'asile sûr dans la Bretagne, et les députés rirent voile vers la Gironde, où ils espéraient trouver de nombreux partisans. Les gouffres de l'océan furent moins impitoyables que celte terre, objet de tous leurs vœux. A peine en avaient-ils touché le sol, qu'une légion d'ennemis fondit sur leurs traces. C'est dans les Mé-

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