Tome'Z
Grand meroi Justine, bu. m'aa rendu service.
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, DU CHEVALIER DE FAUBLAS. 2o3
fermé la porte à double tour. Elle m*a fait une scène ! et puis ce matin elle m'a remis cette lettre pour vous. — Fort bien, ma petite Justine; voilà ta commission faite, car je n'ouvrirai pas la lettre.
— Vous ne l'ouvrirez pas, monsieur? — Non, je suis fâché contre ta maîtresse. — Vous avez tort.
— Mais je ne suis pas fâché contre toi, Justine.
— Et vous avez raison... Finissez I... mais, tenez, je le veux bien, à condition que vous lirez la lettre. — Oh ! qu'une maîtresse est heureuse d'avoir une fille comme toi! Hé bien! oui, je lirai.
Justine remplit de si bonne grâce les conditions du traité, qu'il y aurait eu de ma part de la perfidie à ne pas tenir parole. J'ouvris la lettre.
(( Que notre aventure d'hier m'a peinée ! mon » bon ami. Cette scène, qui n'eût été que bi- » zarre si, comme je le croyais, vous n'en aviez » pas été le témoin, est devenue, par votre pré- » sence, aussi désagréable pour moi que morti- » fiante pour vous. Quels mots vous avez dit » en partant ! ingrat ! Vous ne savez pas le mal » que vous m'avez fait! Revenez à moi, mon bon » ami, revenez à celle qui vous aime! trouvez* » vous à midi au lieu qu'on vous, désignera.
» Là, je n'aurai pas de peine à me justifier; là, » quand mon amant sera bien convaincu de son
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» injustice, il me trouvera prête à lui pardonner » sa vivacité. »
Monsieur, reprit Justine, dès que j'eus fini ma lecture, madame vous attendra à midi au boudoir de l'autre jour... vous savez bien?... où nous vous avons habillé. — Oui, Justine, et où tu as tantpleurél Situ savais comme j'ai soufiFert pour toi ! mais aussi, friponne, tu ne te contentes pas de faire des malices, tu en dis! — Ne me parlez pas de cela, jen suis encore toute honteuse... Finissez-donc... Donnez-moi votre réponse pour ma maîtresse. — Ma réponse, Justine, est que je n'irai pas au rendez-vous. — Vous n'irez pas? — Non, Justine. — Quoi ! vous donnerez ce chagrin-là à ma maîtresse? — Oui, mon enfant. — Mais, vous allez me faire gronder. — > Je me charge de te consoler d'avance. — Vous êtes bien décidé? — Très-décidé, Justine. — Hé bien! en ce cas, faites un bout de lettre... Finissez donc.;. (Elle m'embrassa.) Écrivez un mot pour ma maîtresse. — Non, mon enfant, je n'écrirai pas. : — Laissez-moi?... Mais, tenez, je le veux bien encore, à condition que vous écrirez. — Ah !
Justine, je le répète, qu'une maîtresse est heureuse d'avoir une fille comme toi! Hé bien ! oui, j'écrirai.
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J'écrivis en efifet :
« Je ne sais, madame, si laventure d'hier vous » a beaucoup peînée ; mais, à la manière dont » vous avez rempli votre emploi sur l'ottomane, » j'ai lieu de croire qu'il ne vous paraissait pas » très-pénible. Quand on a un mari aimable, » galant, et tendrement aimé, madame, on » doit s'eii tenir là. Je suis, avec le plus vif re- » gret, etc. »
Oh! ma jolie cousine! oh! combien, en songeant à vous, je m'applaudis de l'effort généreux que je venais de faire I Oh ! qu'il me fut doux de penser qu'enfin je vous avais sacrifié un rendez-vous, et qu'à l'heure même où la marquise avait cru me revoir chez son amie, je jouirais près de vous du bonheur de vous admirer !
Hélas ! elle ne vint pas au parloir! — Ah !
ma sœur ! pourquoi votre amie n'est-elle pas avec vous ? — Je vous disais bien qu'elle était malade ! Hier encore elle a pleuré toute la journée : de la nuit elle n'a fermé l'œil; la fièvre s'est déclarée ce matin. — La fièvre ! Sophie a la fièvre! Sophie est en danger ! — Ne parlez pas si haut, mon frère ; je ne sais pas s'il y a danger, mais elle souffre. Elle a le teint pâle, les yeux rouges, la tête penchée, la respiration lente, la parole
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io6 UNE ANNÉE DE LÀ VIE