CHAPITRE LXIII
Sommaire : Suite de la soirée de la baronne de Gonville. — Le marquis de Brévannes. — Quelques traits de sa physionomie. — Madame la comtesse de Choisy. — Questions indiscrètes. —
lois-je y répondre? — Scrupule et combat. — Je me dévoue à madame de Brévannes. ~ La jalousie. — Réflexions sur cette malheureuse passion. — Raisonnements philosophiques. — On ne m'écoute guère. — Le doute et la certitude. — Une' femme trompée par son mari. — Comment se veugera-t-elle? — Conjectures à cet égard. — Dialogue entre deux coupables. — Un baiser dans l'obscurité. — Surveillance organisée. — Les deux
carrosses.
Nous étions, madame de Brévannes et moi, comme ces sentinelles qu'on pose sur le haut des grèves dans les ports de mer.
Nous avions l'air d'être en vigie.
Isolés de la foule qui riait et se répandait en folles exclamations, nous observions en silence.
Malgré moi, je me sentais conduit à imiter madame de Brévannes. Elle regardait, je regardais comme elle; elle frissonnait, je frissonnais aussi.
J'étais d'ailleurs, comme on pense, singulièrement intrigué.
Madame de Gouville vint deux ou trois fois à nous pour nous adresser des reproches au sujet de notre inaction!
— Chère belle, disait-elle, en s'adressant à madame de Brévannes, je ne sais encore qui vous êtes, mais il est aisé de voir que vous seriez, si vous le vouliez, une de nos plus charmantes danseuses. Etes-vous indisposée?
Madame de Brévannes fit signe que non.
— Et vous, monsieur de Roquelaure, n'êtes-vous pas bien coupable de vous faire volontairement le complice d'une pareille désertion? La place de ce joli masque n'estelle pas au milieu du bal? Est-ce vous, par aventure, qui abusez de votre droit de danseur en retraite, pour retenir cette pauvre viclime auprès de vous?
— Je suis incapable, chère baronne, d'une semblable tyrannie. Je remplis ici les fonctions d'un cavalier respectueux et soumis, voilà tout. J'exécute les ordres qu'on me donne, trop heureux d'être traité en esclave par une si adorable maîtresse!
— Ah! vous faites des jeux de mots dont on pourrait bien se vous savoir pas trop bon gré, répliqua la baronne de G outille en souriant.
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— Comme la chose est impossible, le mot ne saurait avoir de gravité. Roquelaure est aujourd'hui un être à peu près sans conséquence, et c'est bien le moins qu'on lui accorde certaines petites privautés qui le consolent un peu de ce qu'il a perdu.
— Yous vous vieillissez trop pour n'avoir pas encore quelques prétentions de jeunesse, me dit madame de Gouville en séloignant, et malgré votre âge, qui commence pourtant à devenir respectacle, je ne me fierais pas encore à vous !
Pendant ce court dialogue, madame de Brévannes n'avait point desserré les lèvres, et semblait chercher quelqu'un dans la foule.
Tout à coup elle me saisit le bras avec force.
— Qu'y a-t-il ?
— Tenez, me dit-elle, voyez... là-bas... ce couple qui entre.
Je jetai les yeux dans la direction qu'elle m'indiquait.
— Kh bien ?
— Ah! c'est juste... vous ne connaissez pas cet homme.
— Non.
— G'est le marquis de Brévannes.
— Yotre mari?
— Lui-même.
— Je vous en fais mon compliment, il est fort bien.
Le marquis avait en effet une tournure très-distinguée. Agé de trente-six à trente-sept ans, un peu fqrt d'encolure, mais bien proportionné dans ses formes, c'était un de ces hommes à la fois doux et mâles, qui se font aimer facilement. Il était vêtu avec beaucoup de goût et s'exprimait avec une grâce parfaite.
La marquise ne parut pas se préoccuper très-particulièrement de l'éloge tout à fait désintéressé dont je venais de gratifier son épuux. Elle poursuivait évidemment une pensée unique qui l'empêchait de s'arrêter à de pareilles Bagatelles.
Ce qui l'occupait en effet, ce n'était pas son mari, mais bien la femme qu'il avait à son bras.
— Quelle est cette femme? me demanda-t-elle... la connaissez-vous ?
— Si je la connais! c'est madame la comtesse de Ghoisy.
— Ah! en vérité, vous en êtes sûr?
— Sans aucun doute.
— Monsieur de Roquelaure, est-ce que cette femme est
très-belle, selon vous? lemme est
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— Ah ! vous aimez les brunes !
— Croyez bien que ce n'est pas un compliment à votre adresse, dis-je a madame de Brévannes, qui avait les plus heaux cheveux noirs qu'on pût imaginer ; je dis toujours ce que je pense, rien de moins, comme aussi rien de plus
da7s le* monde ? ^ ^^ qUG dit~elle' que fait'eUe>
— Elle dit quelquefois des choses très-spirituelles, marquise, et souvent des extravagances sans nom. Elle a d<* façons de parler si drôles, si imprévues qu'on ne saurait s empêcher de rire en l'écoutant. Quant à ce qu'elle fai
il me serait bien difficile...
— Pourquoi cela ?
à ™J*me'" parce que"* ie ne sais s'li serait bien délicat a moi...
— De révéler certains détails peu honorables?
— Ah! permettez...
— C'est cela que vous vouliez dire! Convenez-en *
— Marquise ! marquise t vous me pressez d'une force
— Je veux savoir la vérité.
— Je ne demande pas mieux que de vous la dire... mais...
— Point de mais... Je me suis adressée à vous de préférence a tout autre parce que j'ai pensé que vous ne me cacheriez rien. Madame de Choisy... mon Dieu, je ne sais comment m'expnmer, cela est si difficile! Voyons Madame de Choisy est-elle femme... à avoir...
— A avoir?... répétai-je en ouvrant de grands yeux.
— un amant?
hardiesse Qd ^ ^ C°mme S' °lle 6Ût GU peUr de sa propre Je la vis rougir sous son masque.
nn-fle,ll! hemI la question est délicate, et mes scrupuies...
La marquise de Brévannes paraissait attendre ma réponse
avec impatience. Voyant que celte réponse tardait si fort, elle laissa sa tête tomber avec découragement sur sa poitrine, et il me sembla qu'elle essayait de s'éloigner de moi. Alors un remords soudain me saisit. J'étais dans une de ces situations difficiles dont on ne peut sortir que par une résolution vigoureuse. J'étais en présence de madame de Brévannes et de madamedeChoisy. Il fallait nécessairement prendre parti pour l'une ou pour l'autre. J'examinai le plus consciencieusement possible envers laquelle des deux j'étais le plus réellement engagé. Je connaissais à peine madame de Brévannes, et j'avais eu occasion de me rencontrer souvent avec madame de Choisy, c'est vrai. Mais, à bien considérer la chose, je n'avais d'obligations sérieuses qu'envers celle des deux qui était venue à moi, franchement et sans arrière-pensée, pour me demander un service d'ami. Madame de Choisy n'était à mes yeux, il faut bien l'avouer, qu'une jeune folle, dont la réputation avait reçu déjà assez, d'écorniflures pour ne point avoir à souffrir d'un propos de plus ou de moins. Malgré toutes les considéralions qui peuvent m'engager à me montrer charitable, je medécidai à satisfaire madame de Brévannes.
— Vous désirez donc savoir, lui dis-je tout bas, simadame de Choisy serait capable d'avoir un amant?...
Elle se tourna de nouveau vers moi et guetta mes paroles avec une avidité fébrile.
— Eh bien, je n'oserais dire non.
— Et lui connaissez-vous en ce moment... quelque affection .. de cœur?...
— Oh ! je ne crois pas son cœur exclusif, et il n'est pas avare au point de n'accorder qu'à un seul les faveurs donf il peut disposer.
— Voyez, monsieur de Roquelaure, interrompit-elle, en me serrant convulsivement le bras... voyez comme elle lui parle à l'oreille... comme elle s'approche de lui... et comme il l'admire... comme il la dévore des yeux!... s'il n'y avait pas tant de monde, ils s'embrasseraient, Dieu me pardonne !
Ce dernier mot était un éclair. Je compris tout.
Madame la marquise de Brévannes était jalouse, — jatouse à en perdre la raison, — jalouse à tout sacrifier à ce fol égarement.
Rien de ce qui concernait les choses d'amour n'était
étranger à mon cœur ; j'avais tout éprouvé, les sensations les plus douces comraeles plus cruelles, le dépit de l'ivresse, la colère et le bonheur, les délices de la passion satisfaite et les tourments de la jalousie...
Je savais le remède qu'il fallait apporter à ces sortes de maux.
Je fis d'abord semblant de compatir aux souffrances de madame de Brévannes. Je la plaignis, je blâmai vertement le mari qui exposait ainsi sa femme à d'humiliantes railleries, et mes conclusions furent toutes en faveur de sa faiblesse. Mais, après avoir flatté cette dangereuse disposition d'esprit, je changeai mes batteries avecune rapidité merveilleuse, et commençai à démolir l'échafaudage que je venais de bâtir de ma propre main. Dirai-je que je trouvai pour consoler la marquise des moyens originaux, bien puissants? Don. Je me contentai au contraire de quelques-uns de ces lieux communs qui ne manquent jamais, quand on les emploie à propos, de produire leur effet. Je tâchai de lui persuader, — vérité très-neuve, ma foi,— que les apparences étaient presque toujours les plus trompeuses du monde, et qu'à moins de vouloir s'abuser grossièrement, il ne fallait pointjugersurcequel'on voyait. Je disencore, entre autres belles choses de ce genre, que les hommes se plaisaient souvent à mugueter avec les jolies femmes, sans que cela tirât du tout à conséquence ; que madame de Ghoisy était une créature passablement éventée, mais que cependant, on citait plus d'une liaison où elle ne s'était engagée que par des rapports de pure et simple amitié; qu'en somme, il fallait être fort circonspect lorsqu'il s'agissait de matières aussi graves, et qu'on se devait bien garder de jeter comme cela, sans réflexion, le manche après la cognée.
A. moins d'y mettre infiniment de mauvaise volonté, chacun s'empressera de rendre justice à cette honnête philosophie. Madame de Brévannes, elle-même, n'eût pu s'empêcher, j'imagine, de s'accommoder de la justesse de mes raisonnemeuts, si elle eut pris seulement la peine de les entendre.
Mais il y avait bien cinq minutes que je me livrais à ces frais extraordinaires d'éloquence, lorsque je crus m'apercevoir que c'était de la besogne absolument perdue, et que je prêchais dans le désert.
— Vous nem'écoutez pas! lui dis-je.
— A quoi bon? Je sais tout ce que vous pourriez trouver dans voire esprit pour me consoler. Mais je n'ai pas besoin de ces palliatifs qui ne serviraient qu'à rendre mon mal incurable. Oui, je suis jalouse, vous l'avez dit, mais il me reste à m'assurer de la réalité de mon malheur. Je n'en suis encore qu'au soupçon... il me faut une certitude. Je veux être sûre de ne point me tromper.
— Et si vous reconnaissez que vous l'avez accusé à tort?
— Je lui rends toute mon estime.
— Tandis que s'il est vraiment coupable?
— Dans ce cas, je verrai ce qu'il me resterait à faire. Cette dernière réponse me rassura sur l'avenir de ma
belle désolée. Je m'attendais à l'entendre offrir sa vie en holocauste à son malheur, et promettre de mourir si ses soupçons se confirmaient .. Point du tout!... Dans l'hypothèse'd'une certitude fatale, elle se bornait à dire qu'eue verrait ce qu'elle aurait à faire.
Que de sens dans ces simples mots! quel avenir ils pouvaient receler!
Hâtons-nous cependant de dire que je ne leur attribuai qu'une signification parfaitement conforme aux règles les plus strictes de l'innocence et de l'honneur, car madame de Brévannes, dont j'avais souvent entendu peser les mérites par des langues peu suspectes d'une indulgence outrée, était un modèle de vertu.
L'émotion qu'elle ressentait, à la seule idée que son mari pût avoir une maîtresse, en était d'ailleurs la preuve la plus convaincante.
Brévannes etmadamede Choisy, qui étaient à cent lieues de se douter que des yeux d'Argus les observassent de si près, couraient de pièce en pièce, se mêlaient à tous les jeux, figuraient dans les quadrilles et partout étaient accueillis par un murmure approbateur. La femme était si jolie, le cavalier si élégant, qu'on ne pouvait s'empêcher de rendre justice à un coupleaussi partait. Les petites réflexions allaient aussi leur train. La marquise neles entendait point, mais elle les devinait à coup- sûr, et je la voyais à chaque instant changer de couleur.
Je fis des eflorts inouïs pour la distraire pendant deux heures environ que dura ce continuel et bruyant mouve-
ment du bal. Sa préoccupation triompha de tout mon art, et c'est à peine si je pus tirer d'elle quelques monosyllabes, prononcés d'ailleurs d'un ton qui annonçait tantôt un profond chagrin, tantôt un violent dépit. Seulement, comme la baronne de Gouville ne cessait de ve.nir la supplier de ne lui point tenir rigueur et d'accepter sa part des plaisirs de la soirée, madame de Brévannes se leva et fit, toujours en me donnant le bras, deux ou trois tours dans le salon.
Dans ces petites promenades, nous nous rapprochions continuellement, on le croira sans peine, de Brévannes et de madame de Choisy.
Il était environ deux heures du matin, lorsque, passant derrière eux, nous entendîmes celle-ci glisser furtivement à l'oreille de son fidèle chevalier ces trois mots trop significatifs :
— Si nous partions?
— Cruelle î dit Brévannes, voilà une grande heure que je vous fais la même proposition, et que vous faites semblant de ne pas l'entendre. Vous savez bien que je m'ennuie ici à périr.
— Gela n'est pas exactement vrai, répliqua madame de Choisy, car je vous connais un peu fat, et je parierais qu'en vous-même, vous vous félicitez de n'avoir point tout à fait perdu votre soirée.
— Comment cela?
— Vous ne comprenez pas?
— Parole d'honneur!
— ■ Eh bien, je dis, cher Brévannes, que, du caractère dont je vous sais, vous devez être très-satisfait, car vous m'avez affreusement compromise.
— Moi !
— Faites donc l'innocent J vous ne m'avez pas quittée de la nuit.
— C'est qu'il n'en est pas une autre, chère comtesse, à qui je voulusse sacrifier les deux choses les plus précieuses que j'aie au monde, mon amour et mon temps.
— Ne vous penchez donc pas si fort sur moi, reprit madame de Choisy, en éloignant légèrement sa tête, tout le monde nous observe, et il me semble qu'on chuchote en nous regardant.
— Ce sont les envieux, répondit Brévannes. Laissons-les
faire. A chacun son lot ici-bas : les uns sont heureux, les autres enragent.
~ —11 est vrai, remarqua madame de Ghoisy en se pinçant les lèvres pour comprimer une assez forte envie de rire, que toutes ces femmes ont l'air de me bombarder de leurs regards. Si j'étais une citadelle, mon pauvre marquis, il ne resterait pas de moi pierre sur pierre.
— C'est justement pour cela que nous ferons bien de ne pas demeurer plus longtemps; je dois vous sauver d'un pareil danger, sortons.
— Oui... mais tout doucement... pour ne pas attirer l'attention... La baronne voudrait nous retenir, et nous aurions toutes les peines du monde à résister.
Brévannes et la comtesse de Ghoisy ralentirent le pas, puis allèrent ensuite examiner, un tableau de famille qui était suspendu au-dessus d'une porte communiquant avec le corridor de sortie Ils ne s'étaient point aperçus que nous avions entendu leur conversation sans en laisser échapper une syllabe. Un instant après, ils avaient disparu.
— On n'a pas fait attention à notre fuite, s'écria madame de Choisy, nous sommes sauvés.
— Pour fêter cet heureux événement, comtesse, je vous
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Et Brévannes le fit comme il le disait.
— Imprudent! dit madame de Ghoisy.
— Bah ! il ne fait pas clair dans ce couloir.
— Gomment ! vous ne voyez pas que voici du monde. Deux personnes s'approchaient effectivement, appelant
les valets et demandant leurs manteaux.
Ces deux personnes étaient madame la marquise de Brévannes, toujours masquée, — et moi, tête et visage découverts.
La petite Choisy, qui n'avait jamais beaucoup aimé (je ne saurais préciser pour quelle raison) à se trouver . .ce à face avec moi, détourna la tête, s'affubla à la hâte d'un capuchon et sortit en entraînant Brévannes, lequel eut à peine le loisir de demander son laquais.
Nous n'avions pas un instant à perdre, car madame de Brévannes venait de me dire tout bas :
— Je veux les suivre.
/ — Les suivre?... soit.
— Êtes- vous prêt, monsieur de Roquelaure ?
— Descendons.
Arrivés à la porte de la rue, nous vîmes Brévannes et madame de Ghoisy monter dans une voiture saos armoiries et s'éloigner au trot de deux chevaux dont un maquignon n'aurait pas donné vingt pistoles.
— Nous n'aurons pas grand'peine à aller aussi vite qu'eux, murmurai-je en aidant madame de Brévannes à s'élancer dans mon carrosse.
Puis, m'adressant à mon cocher :
— Picard ! lui dis-je, tu vois bien cette guimbarde qui marche devant toi?
— Oui, monseigneur.
— Eh bien, ne la perds pas de vue, escorte-la sans désemparer à cinquante pas de distance, et quand elle s'arrêtera, arrête-toi.
— C'est dit, monseigneur.
Et Picard fouetta ses deux bêtes, qui, vanité de propriétaire à part,, valaient un peu mieux que celles qui voituraient nos deux coupables.
Je m'assis auprès de madame de Brévannes et lui demandai comment elle se trouvait.
— Mieux, me dit-elle; je commence à m'habituer à l'idée qui me tourmentait si fort. Mais, monsieur de Roquelaure, est-ce que vous croyez qu'il l'aime?
— Peut-on répondre pour un autre d'une chose dont on oserait à peine répondre pour soi?
— Vous avez raison, le temps seul peut éclaircir un tel mystère. En attendant, je me sens déjà soulagée.
— Gela doit être, car cette femme ne vous vaut pas. Quant à lui...
— Oh! lui!...
Elle articula cette exclamation d'un ton si pénétré que je crus y découvrir un sentiment de colère...
— Est-ce que vous le haïriez au point de lui refuser à tout jamais son pardon?
— Au contraire, je ne me suis jamais sentie si portée à l'indulgence.
— C'est que vous l'aimez en dépit de tout...
— Détrompez-vous, monsieur de Roquelaure, me répondit-elle avec un calme dont je ne l'aurais pas crue capable
mon orgueil en tout ceci est désormais beaucoup plus froissé que mon amour. J'en suis déjà à l'indifférence. Dans une heure, j'en viendrai peut-être au mépris.
En achevant ces mots, elle me sembla fort émue »
Je lui pris la main, elle me laissa faire.
Les deux carrosses roulaient toujours.