DEUXIÈME LETTRE
E tiens la parole que je vous ai donnée par ma précédente lettre :
mon compagnon m'a conté ce que je •voulois sçavoir de lui, et plus même que je n'esperois d'apprendre. Comme il y a des choses assez singulières, je suis persuadé que vous me sçaurez gré de vous en instruire; mais je vous impose le secret.
Dès l'aube du jour, d'importuns oiseaux, qui sont logés dans les crevasses des murs de cette antique demeure, ont pris la coutume, fatale pour mon sommeil , de faire leur grand levé sur le grillage de ma fenêtre; et là, caquetant pendant une heure des affaires de leur republique, ils m'obligent de me jetter hors du lit , ne pouvant rappeller le sommeil. Par considération pour cet officier, dont je ne voulus pas interrompre le repos le premier jour de sa venue,
qui est toujours le plus fâcheux de ceux que d'honnêtes gens passent en prison, je pris un livre en attendant son réveil . Par les soupirs réitérés qu'il faisoit , je connus bientôt qu'il étoit éveillé ; j'attribuai ses plaintes muettes au changement de domicile et à l'état de ses affaires. Pour ne point le contraindre, je continuai- ma lecture. Neuf heures, contre mon ordinaire, me surprirent au lit : j'entendis tonner les portes qui font notre sûreté, et, un instant après, je vis entrer M. le gouverneur, qui venoit rendre visite à son nouvel hôte ; il me reprocha ma paresse : je la rejettai sur l'attention que je devois à mon camarade , qui s'étoit couché tard. Après une conversation générale, M. le marquis D... dit à cet officier : « Monsieur le chevalier de Warvick, demandez ce que vous aurez besoin; on vous satisfera aussitôt. » Ensuite il se retira. Par le nom de Warvick je compris que ce prisonnier étoit Anglois. Sçachant qu'un étranger est bien aise d'entendre parler la langue de son pa ys, je lui sifflai un compliment sur sa captivité, et l'assurai que je serois attentif à en adoucir la rigueur. Il me dit en françois : « Monsieur, les affaires malheureuses dont ma détention est une suite m'ont fait protester avec serment d'oublier mon pays et tout ce qui en dépend, et, pour ne
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point être parjure, je veux m'abstenir même d'en parler la lapgue. J'ai reçu trop d'injustice dans cette funeste patrie pour ne pas détester tout ce qui peut y avoir rapport. »
La situation de nos lits empêchoit que nous pussions nous voir. Curieux de connoître mon compagnon, que le nom, le son de la voix et l'arrangement du discours me fît estimer et plaindre, je pris ma robe de chambre, je me levai et fus le saluer. Je m'excusai sur le désordre de mon deshabillé pour une première visite; il m'y répondit galament. Je fut frappé de la douceur de sa physionomie, de la beauté de ses traits; je trouvai sa bouche parfaitement belle , ses lèvres vermeilles, ses dents blanches, bien rangées; ses yeux bleux, grands, vifs ; son regard noble et plein de charmes , sa peau délicate et éblouissante. Il étoit négligemment couché sur une main ; il avoit une camisole de toille de Marseille, une cravatte au col, et pour bonnet une serviette roulée. Malgré la simplicité de cet ajustement, il m'imposa du respect et de l'admiration.
Je fis faire du thé ; nous en prîmes, et, me priant de trouver bon qu'il se levât , il ferma son rideau. Je le vis, un instant après, paroître couvert d'un habit bleu galonné en or; sa taille
au-dessous de la médiocre et son air aisé achevèrent de me persuader que M. de Warvick étoit un gentilhomme fort estimable. Je lui demandai à quoi il vouloit que je l'amusasse ; il me répondit que, comme il étoit le dernier venu, c'étoit à lui d'en faire les frais. Nous causâmes de choses indifférentes ; insensiblement cela nous conduisit jusqu'à l'heure du dîner : on nous servit; le chevalier mangea peu, quoique je l'excitasse le mieux que je pus. Après le dîner, nous fîmes alternativement la lecture ; elle nous mena'jusqu'au souper. Le sommeil accabloit mon camarade : il préfera ses douceurs aux mets qui étoient sur la table; il se coucha, et peu de temps après je suivis son exemple.
Nos voisins volatils vinrent à l'ordinaire m'annoncer le jour. Le chevalier de Warvick, qui dormoit, ne s'éveilla que fort tard. Je me levai sans faire de bruit, et me mis à mes occupations ordinaires.
Nous passâmes huit jours sur les complimens et les politesses respectives, sans nous communiquer rien de particulier. Las de cette discrétion, qui n'est pas ordinaire aux personnes enfermées, dont l'entretien commence par le sujet de leur infortune, je rompis enfin le silence, dans le tems que mon compagnon ne pouvoit
plus le garder. Un matin, après avoir entendu qu'il étoit éveillé, je m'approchai de son lit, et lui dis que je m'étois apperçu avec plaisir qu'il avoit bien passé la nuit. « Je n'ai pas sujet cependant d'être tranquile, me répliqua-t-il; mais l'avantage de me trouver avec une personne aussi attentive et prévenante que vous adoucit l'amertume de cette fatale demeure. — A raconter ses maux souvent on les soulage, lui répondis-je ; d'ailleurs, Ton est moins en état de juger de ses propres affaires lorsqu'elles sont compliquées, d'en combiner les circonstances et de prendre un parti juste, qu'un ami zélé qui, sans préoccupation, examine et compare les faits, les inconvéniens : il trouve plus aisément le remède convenable. Si vous me jugiez capable de votre confiance, peut-être pourrois-je vous procurer encore plus de tranquilitépar mes conseils que par mes impuissantes attentions. — Mon infortune, reprit-il, a tant de circonstances, qu'il me faudroit plusieurs jours pour vous en faire le détail. Ce qui m'en paroît le plus terrible, et dont je suis inconsolable, c'est de me trouver ici sans prévoir comment je m'en tirerai. Ce n'est pas, dit-il, que je craigne rien de funeste : je n'aurois qu'un mot à dire, et je serois à l'instant justifié; mais cette justification me
coûteroit plus de honte que la liberté ne mérite. »
Je vis ses yeux remplis de larmes; il cessa de parler. Je m'approchai du chevalier de Warvick. Lui prenant la main, je le conjurai d'avoir confiance en moi; je lui dis que je pourrois sortir bientôt, que j'agirois en conséquence des résolutions que nous prendrions ensemble, que j'avois des amis dont je ferois usage. Il m'interrompit en m'embrassant : « Eh ! que deviendroisje, mon cher compagnon, si je vous perdois? Je trouve en vous des consolations que je n'aurois plus : n'achevez pas de me désespérer en me parlant de notre séparation; je me trouverois peut-être avec quelque autre prisonnier d'un caractère trop opposé au mien : c'étoit toute mon appréhension lorsque j'entrai dans cette fatale demeure; mais j'en fus guéri aussi-tôt que je vous vis et que je reçus vos premières politesses.— Cela est très-flateur pour moi, repartis-je; mais enfin nous ne sommes pas faits pour rester ici le reste de nos jours : tous nos soins doivent tendre à en sortir promptement. La cause qui m'y a fait mettre m'est inconnue ma conduite est sans reproche ; on ne peut me retenir long-tems. Ainsi, monsieur le chevalier, mettez-moi en état, par le récit de votre affaire.
de pouvoir vous servir lorsque je serai en liberté. — Le point le plus essentiel, reprit-il, n'est pas ce qui m'a fait conduire ici; plus j'y fais réflexion, plus je me persuade que c'est une méprise. — Mais, repliquai-je, comme votre liberté, sans doute, dépend de la cause qui vous l'a fait perdre, taisez ce qui n'y a point de rapport, et ne m'apprenez que ce qui sera nécessaire pour les sollicitations que je me propose de faire. »
Le chevalier fut un instant à rêver, et, me regardant fixement : « Je me sens assez indiscret, me dit-il, pour ne vous rien cacher; je vais toujours commencer par la manière dont j'ai été arrêté. Le jour que je fus amené ici, j*avois été à l'Opéra. Abandonné à mes rêveries, je restai le dernier dans une loge; une femme qui croyoit que je m'étois endormi vint m'avertir qu'on alloit fermer les portes. Je sortis, et je m'en revenois tranquilement chez moi, lorsque mon valet, qui me suivoit, me dit : « Monsieur « le chevalier, prenez garde à vous. » Jemetournai et me vis environné de dix hommes qui avoient l'épée à la main. Je la mis aussi. L'un d'eux, adressante parole à celui qui paroissoit les commander, lui dit : « C'est certainement « lui. Monsieur, car un domestique qui le sui- « voit, et qui est le même à qui j'ai parlé le
« jour que nous manquâmes notre capture, lui « a dit : « Sauvez-vous, Monsieur! » J'eus beau les assurer qu'ils se méprenoient, que mon valet m'avoit dit que je prisse garde à moi, et non pas que je me sauvasse, cela fut inutile : ils me dirent de rendre l'épée par ordre du roi. Ce nom respectable me la fit tomber des mains. Dans Tinstant , il se joignit un satellite à cette troupe, qui, m'ayant regardé, dit au chef : « Oui, c'est lui assurément; quand je ne recon- (( noîtrois pas son visage, l'habit qu'il a m'en as- <( sure. »
« Il fallut céder à la force; d'ailleurs, j'avois véritablement une affaire à laquelle j'appliquois tous ces indices. Pendant le tems que ceci se passoit, j'entendis un bruit confus entre ces archers, qui se disoient les uns aux autres : « Il est « mort. » Je ne sçavois pas qu'ils parloient de mon domestique, que ces malheureux avoient percé de plusieurs coups, parce qu'avec une épée qu'il avoit arrachée à l'un d'eux il s'étoit mis en devoir de défendre ma liberté; je ne sçus cette particularité que lorsque, étant descendu du carosse qui m'a conduit ici, j'appellai La Brie, ce fidèle domestique. Un archer me dit d'un ton brutal : « Il a reçu le prix de l'insolence qu'il a (( eue de s'opposer aux ordres de la cour. » Le
lieutenant de roy vint me recevoir; je me plaignis à lui de la violence qu'on m'avoit faite, et je le priai du moins de me communiquer la lettre de cachet que l'un de ceux qui m'avoient arrêté lui présentoit. Il le fit de bonne grâce. Je ne vis point mon nom, mais je remarquai que l'ordre portoit « d'arrêter un quidam, se disant étranger, qui seroit indiqué » . On me demanda mon nom ; je dis que j'étois le chevalier de Warvick. « Justement, dit Tun des archers, voilà « notre homme. » A cette explication, Je fus interdit. On me conduisit ensuite ici, et dès le lendemain je visenvous, avec plaisir, un aimable compagnon de captivité, aux bontés duquel je suis très-sensible.
— Tout ce que vous venez de me dire, monsieur le chevalier, lui repartis-je, m'apprend bien comme on vous a amené ici; mais je n'en pénètre pas trop clairement la raison. — Je le crois, reprit-il ; le reste est un tissu de mistères qui demande plus de tems et moins d'oreilles. » Je compris que mon laquais étoit de trop. « Comment le soustraire? lui dis-je tout bas; nous sommes ici confondus, maître et valet, au même niveau : c'est la véritable figure du séjour céleste. — Au moment que j'arrivai ici, reprit le chevalier, j'aurois plutôt crû que c'étoit l'enfer;
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mais vous en avez fait, selon moi, une douce et charmante retraite. »
Si j'avois été à l'âge d'un enfant de chœur, j'aurois tremblé aux discours gracieux de M. de Warvick, déjà prévenu que j'étois que les Anglois et les Italiens avoient les mêmes idées sur certain point qui n'est pas de leur religion ; mais six lustres me garantissoient de toute surprise. Le chevalier s'apperçut de mon embarras, sans certainement en pénétrer la cause; il rompit le propos^ et me demanda si un livre que je tenois souvent, dans lequel il y avoit des figures magiques, n'étoit pas un grimoire? Je lui montrai ce livre, qui contient des élemens de mathématiques, et lui demandai s'il n'en avoit aucun principe; il m'affirma qu'il ne sçavoit pas même à quoi onpouvoiten appliquer la connoissance. «A tout, lui dis-je, et particulièrement dans le métier de la guerre, que vous exercez, rien n'est plus nécessaire à un officier qui veut se distinguer. Si vous voulez, dans nos heures de récréation, je vous communiquerai ce que j'en sçais. — Je vous suis très-obligé, reprit mon camarade; l'état où je suis me déplait trop pour y vouloir rester, et je vous proteste que, dès le lendemain que j'aurai recouvré la liberté, j'y renoncerai pour toute ma vie. »
Nous entendîmes le bruit des verrouils, assurance de notre captivité, qui termina notre conversation ; nous vîmes paroître le major, qui dit au chevalier qu'on le demandoit dans la salle du conseil. Il pâlit et répliqua : « Que me veuton? — C'est un maître des requêtes qui vient pour vous interroger, » répondit le major.
M. de Warvick fut environ une heure à l'examen; il revint avec un air agité et fort échauffé.
«Eh bien! cher chevalier, lui dis-je, votre confession a-t-elle été ample? — Oui, mais non pas générale à beaucoup près, me repliqua-t-il ; j'ai trouvé ce faiseur de questions prévenu d'idées pleines d'erreurs, qui m*ont d'abord confirmé la méprise de ma détention. Par des discours ambigus j'ai nourri ses chimères; il m'a dit que je déguisois mon nom et ma patrie, que ma dissimulation aigriroit la cour, qu'il me seroit plus salutaire de confesser le fait tel qu'il est pour mériter les grâces du roy; je lui ai répondu que je n'avois que la négative à opposer à ce quMl me disoit; il m'a proposé de signer mon interrogatoire, je l'ai refusé. Alors il s'est fâché tout de bon , et m'a fait reconduire ici ; vous m'y revoyez très-satisfait et hors de la plus importante de mes inquiétudes. »
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Le couvert étoit mis : mon famélique laquais avoit trouvé l'interrogatoire plus long que n'avoit fait M. de Warvick, qu'il touchoit plus particulièrement; il m'avoit dit plus d'une fois que les viandes froides ne valoient rien, qu'elles étoient insipides, que c"'étoit mal prendre son tems que d'interroger à deux heures après midi. Enfin, heureusement pour lui, nous nous mîmes à table; le chevalier eut mille agréables saillies qui prouvoient bien la liberté de son esprit. Après le repas, il me demanda une plume, du papier et de l'encre, pour écrire quelque chose qu'il appréhendoit d'oublier. Lorsque M. de Warvick eut écrit, il me présenta le papier; je lus : « Je ne dois plus vous cacher mes avantures, mon cher compagnon; mais il faut trouver le tems du sommeil de votre domestique; il ne convient nullement qu'il entre dans de semblables particularités. Cette nuit, si vous voulez, lorsqu'il ronflera, j'en commencerai le récit. — Très-volontiers, » repartis-je.
Je ne sçais quel démon m'agita depuis cette convention; j'eus une impatience immodérée de voir la fin du jour. Elle arriva heureusement; on servit le souper. Le chevalier et moi, trop occupés, mangeâmes peu; cela augmenta considérablement la portion de Champagne ( c'est
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le nom de mon laquais), dont l'apetit vorace, ne voulant rien laisser, lui causa une cruelle indigestion, que la proximité de notre chambre et de son réduit nous rendit insuportable. Quelque désagréable que fût cet accident, il nous impatienta moins que le retard qu'il apportoit à notre colloque. Le chevalier ne pouvoit plus tenir son secret, et il ne m'étoit pas possible de vivre sans l'apprendre. Je m'avisai d'un moyen : je proposai au chevalier de se mettre avec moi dans mon lit, ou moi dans le sien; qu'en cette situation, nos deux têtes étant sur le même chevet, il pourroit parler bas et n'être entendu que de moi. Il approuva mon expédient; il se coucha, et je fus le trouver ; il eut une attention particulière à me faire une place commode et à ne point trop m'approcher, à cause de la chaleur qu'il faisoit. A mon égard, je me tenois le plus que je pouvois sur le bord du lit pour ne point l'incommoder. Je ne sçaurois sans une peine extrême sentir à côté de moi une personne de mon sexe; mais, de la façon que nous nous étions postés, sa bouche et mon oreille étoient ce qui s'approchoit le plus. Dans cette situation, le chevalier commença ainsi :
« Vos manières prévenantes et vos attentions, mon cher camarade, m'ont touché à un point
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que je ne puis m'empêcher de vous déclarer, avec un secret qui m'est important, les tendres sentimens de mon cœur pour vous... »
Surpris de ce début, je voulus sauter au bas du lit du chevalier, et lui dis qu'il s'adressoit mal, que j'avois toujours eu en horreur le goût dont il me paroissoit entiché, que j'étois trèspeu curieux du reste de son histoire, que l'exorde me le rendoit aussi méprisable qu'il m'avoit par son abord prévenu favorablement. M. de Warvick, qui comprit mon soupçon, éclata de rire, me retint par le bras : « J'approuve, me dit-il, votre saillie; mais vous êtes dans l'erreur, je ne suis point chevalier : je suis M'^e de Bouqueville, cachée sous un habit peu convenable à mon sexe, pour les raisons que je me suis proposé de vous apprendre. Touchée de reconnoissance et de tendresse pour vous... »
On peut aisément s^imaginer le mouvement que cette métamorphose produisit dans mes sens; il fut tel que je n'entreprendrai point de le tracer (je ne pourrois le faire avec toute la vivacité etl'élégance qui lui conviennent). Je me rapprochai du faux chevalier de Warvick sans être trop persuadé de l'aveu qu'il m'avoit fait, et, la difficulté que je fis de me mettre dans la même situation que j'avois si brusquement
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quittée lui faisant conjecturer que je n'étois pas encore revenu de mon erreur, M^e de Bouquevilie me dit : « Donnez-moi votre main, mais soyez discret. » Je la lui abandonnai; elle la porta sur un sein qui me persuada à l'instant que je n'avois pas pour compagnon de disgrâces M. de Warvick, mais une très-charmante fille. Ce sein, que ma main parcourut autant de tems que la belle crut nécessaire pour me convaincre, me parut la plus belle chose du monde, ferme, bien taillé et d'une étoffe fine. On peut penser que je n'eus plus de répugnance à reprendre ma place, et que, loin de fuir l'approche, il me sembloit qu'encore que je fusse presque collé à côté de l'adorable de Bouqueville, j'en étois trop éloigné; elle m'ordonna d'être tranquille et immobile, sinon qu'elle fuiroit à son tour : je lui obéis. Mais il est tard, le sommeil m'accable; remettons, s'il vous plaît, la suite à l'ordinaire prochain.
Je suis, avec autant de considération que d'amitié. Monsieur, votre très-humble et trèsobéissant serviteur.