TROISIÈME LETTRE
iSEz les dernières lignes de ma précédente lettre pour vous rappeller le trouble où je devois être pendant ,^?^T^^le récit dont je vais vous faire part,
couché auprès de la plus aimable et de la plus spirituelle personne du monde, sans oser en profiter, ne pouvant pas même faire le moindre mouvement : car, si, pressé par des inquiétudes auxquelles je suis sujet, et que la situation qui m'étoit imposée redoubloit, je voulois me mettre du côté droit sur le gauche, la sévère Bouqueville sortoit d'abord du lit. J'ose assurer que, de tous les martyrs dont on vante tant la patience, il n'y en a pas un qui en ait eu une semblable à la mienne pendant le tems qu'ont duré nos entretiens. Une nuit d'hyver auroit suffi, mais, au mois de may, à deux heures et demie du matin, l'avant-coureur du soleil paroît, et il falloit que
je la prévinsse, crainte, en me remettant dans mon lit, d'être apperçu de mon laquais.
Mademoiselle de Bouqueville commença ainsi :