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mon enfant, quel déochirement s'est fait en moi, à l’heure de cette cruelle séparation... et combien j'ai pleuré depuis, sur ce pauvre être ain.6 que j'avais à peine eu le temps d’embrasser !
Mais j'étais faible et lâche, et j'en ai été bien punie, car je ne devais plus revoir le cher petit être qui est mort lin de moi!
Bertha se dressa presque effrayée à ces deru'èrx pnroles,
—Qu'avez-vous? fit la comtesse, étonnée de ce brusque mouvement,
—Moi!... répondit Bertha, rien... Ce sont 198 dernières paroles... N’avez-".us pas dit qu’il était mort. loin de vous ? \
—S$Sans doute
—Mais c'est vu: rensonge odieux, une ruse infâme!
—{Comment ?
—On s'est joué de vous.
que dites-vous ?
—Ï1 vit!
Lui... vivant!... vivant!... Dieu l'aurait conservé à mon amour!... Ai-je bien entendu ?
La comtesse bondit de sa place et se précipita vers lu jeune fille. .
—Ah! ne me trompez pas! ajouta-t-elle d’un ton ardent; songez que vous pouvez me tuer; on ne joue pa: impunément avec de paroilles émotions, Bertha!.., chère Bertha, répétez ce que vous venez de dire; ne baisse plus les yeux, regardez-moi, là, bien en face... Il vit:
—Je vous le jure.
—Vous l’avez vu?
—Ne vous l’ai-je pas dit?
—Ah! que votre père soit béni entre tous les hommes. .” tenez, c’est à deverir folle. Je veux voir mor enfant!... entendez-vous!... Il a cru que je Poubliais, que je le repoussais! Mais non; un fils ne désespère
jamais de l'amour de sa mère! Voyons, où est-il ? quel nom lui a-t-on donné, ou plutôt, partons... tout de suite, conduisez-moi vers lui,
Et saisissunt los mains de Bertha, elle voulut l’entraîner vers la porte, Elle ne savait plus bien ce qu’elle faisait, une joie immense omplissait sa Poitrine, elle riait à travers les larmes qui inondaient son visage.
Tout à coup elle s'arrêta étonnée du silence que gardait Bertha, ct de la contrainte pénible qui se tradui. sait sur ses traits,
Elle devint livide,—un soupçon avait traversé son Csprit avec la rapidité de l'éclair, et la clouait sur place,
—Me suis-je donc trop hâté de me réjouir! balbutia. t-elle ; d'où vient que vous vous taisez. ., Pourquoi cette hésitation, ce trouble. +. il y a un malheur!
—QOui.,.
—J'ai peur de comprendre maintenant...
—Madume,
—Attendez! Oh! comme je tremble, Voyez, la sueur rle à mon front... je n'ose plus vous interroger. . c'est que c’est effroyable. .. Cet enfant. ..
—{Calmez-vous,
—Rodolphe, c’est Rodolphe !
Et comme Bertha ge faisait, la comtesse plongea ses doigts frémissants dans ses chevenx dénoués.
—Rodolphe! dit-elle encore avec accablement, et je nc l'avais pas deviné! la première fois que je l’ai vu, je ne l'ai pas pris dans mes bras, et je ne lui ai pas crié que j'étais sa mère ! ah! je suis dénaturée et lâche, et le ciel a raison de me punir. Mais que faire, que faire ?
Elle alla se jeter sur le divan et y demeura quelques secondes abfmée dans un désespoir muet et sombre... Bertha était debout près lee; elle n’osait ni faire un mouvement, ni proncncer une parole.
Cela dura une minute au plus; puis, la comtesse se releva le sein gonflé, l'oeil fixe, le souffle ardent.