LES YEUX ET LA VOIX
Et cependant, beaux yeux si doux, Vous que brûle une flamme noire Et languissante, en qui donc croire.
Si l'on ne croyait pas en vous?
Solitude
Lorsq.ue/(; l'eus quittée et que je m'en revins Seul, plus seul au sortir de ces heures passées A voir dans ses grands yeux sourire ses pefisées, Je regardai le ciel et les astres divins.
Ils pâlissaient, noyés des vapeurs bleuissantes Qu'un plein orbe de lune épandait doucement. Dans l'air glacé flottait comme un enchantement, Et moi, je revoyais deux prunelles absentes.
« Beaux yeux aimés, disais-je, est-il rien de réel Que cette calme nuit, ces étoiles, ce ciel, Et vous pour refléter leur douceur infinie ?
« Est-il rien de réel que vous, ô tendres yeux. Et pourquoi donc faut-il qu'à cette heure bénie Vous luisie:^^ loin de moi qui vous aime le mieux?»