‹ Les aveux; poésiesChapitre 27 sur 56 · FANTOMES · texte numérisé non relu

FANTOMES

SENTIERS qui contourne-:^ les lacs silencieux, Les lacs d'un bleu vivant comme le bleu des yeux, Et vous, sentiers des monts boisés où la fougère Découpe sa dentelle amincie et légère.

Et vous, sentiers dorés des plaines, qui mêle^ Le frisson de l'avoine à Vondoînient des blés, Vous aussi, qualanguit sous les antiques chênes Le murmure enchanté des cascades prochaines; Il semble, quand le soir taciturne descend, Qu il flotte autour de vous un charme attendrissant ; Dans le demi-jour triste on voit errer des ombres; Un frôlement furtif dans vos profondeurs sombres S'éveille, et c'est qu'alors, mystérieux sentiers, Les belles d'autrefois qui posèrent leurs pieds

Sur VOUS, dans des moments de tendresse sublime.

S'échappent de la mort et de son noir abîme,

Et reviennent chercher ce qu elles ont laissé

De leur cœur, sur la place où leur forme a passé,

Aux temps où leurs grands yeux s'ouvraient au paysage,

Où les vents parfumés caressaient leur visage,

Où vous leur paraissie:^, minces sentiers en fleur,

Infinis comme leur chimère de bonheur!...

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