‹ Les aveux; poésiesChapitre 4 sur 56 · DISTRACTION · texte numérisé non relu

DISTRACTION

Distraction

Qu E L au E F o 1 s , accablé par l'odieux métier, Du bout de mon crayon j'écris sur mon papier, Amie aux yeux profonds, vos deux initiales, Et le ressouvenir des heures idéales Qu'il nie fut accordé de vivre près de vous Est pour mon cœur, lassé de son mal, — triste et doux — Comme par les barreaux d'une prison la vue De quelque verdoyante et lointaine étendue.

Chanson d'hyménée

IL disait : « A ses pieds et sur une pelouse « Divine de fraîcheur, « Je la contemplerais, elle, ma jeune épouse, (( Comme une jeune sœur.

<( Tout le reste n'était qu'erreurs et que mensonges ;

« Elle dirait deux mots, c( Et CCS deux mots feraient s'enfuir comme des songes

« L'essaim des anciens maux.

« Les oiseaux chanteraient sur nos têtes penchées, « Et les deux brilleraient,

<'- Et les fleurs pousseraient, et nos âmes touchées « S'ouvriraient, s'aimeraient.

CHANSOX d'hYMÉXÉE 13

« Qu'ils seraient loin, les jours inquiets de ma vie,

« Jours où je ne savais (( Dans quel nid reposer ma douloureuse envie

« Et mes rêves mauvais !

« Mais rien n'est vrai, réponds, chère Ame, que de prendre

« Tes fins cheveux soyeux, <( D'embrasser, sous ce ciel si pur qu'il en est tendre,

(c Tes yeux, tes sombres yeux !

« Ohi m'aimes-tu ? Réponds que tu m'aimes ! Qu'importe

« Mes changements passés?

« Mon âme d'autrefois, si frivole, est bien morte!

(( Je t'aime, et c'est asse^^.

« C'est tout. Regarde-moi. Dans l'extase profonde

« Anéa7itissons-nous.

« Ah! Je veux oublier qu'il est encore un monde,

(( Le front sur tes genoux !... »

Sur un cahier de vers

QUAND même V avenir si ténébreux encor Me garderait V honneur de la couronne d'or Que porte le poète acclamé de la foule; Quand je verrais, ainsi qu'au vent frémit la boule ^ Frémir d mes accents un peuple soulevé; Quand, et c'est h triomphe autrefois tant rêvé. Les amaiits me liraient en répandant des larmes, Non, rien n'égalerait le trouble plein de charmes Que j'éprouve à songer que vos yeux lents et doux Lisent avec bonheur ces vers écrits pour vous.

Volupté

ET tout s'évanouit, doucement, lentement; Comme un feu court au long des lèvres de l'amant, Que pressent sans parler les lèvres de l'amanlc; Et tout s'évanouit du mal qui les tourmente, Mal triste de tout craindre et tout analyser. L'Etre se fond au feu de cet ardent baiser, Et cependant les yeux de celle que Von aime Brillent d'un vague éclat, et c'est l'heure suprême Où tout ce qui fut nous défaillit et s'endort Dans la profonde et si délicieuse mort...

Romance

SILENCE ineffable de l'heure Où le cœur aimant sur un cœur Se laisse en aller et s'endort

— Sur un cœur aimant quil adore !. .

Musique tendre des paroles, Comme un sanglot de rossignols, Si tendre quon voudrait mourir Sur la bouche qui les soupire!...

L'ivresse ardente de la vie

Fait défaillir Vantant ravi,

Et l'on n'entend battre quun cœur,

— Musique et silence de V heure I. . .

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