‹ Les aveux; poésiesChapitre 49 sur 56 · LECTURE INTERROMPUE · texte numérisé non relu

LECTURE INTERROMPUE

Lecture interrompue

INCLINÉ SOUS ma lampe et fcidlklanl un livre, Voilà que fai laissé mon nostalgique esprit S'envoler vers des soirs pareils et qu attendrit,

— Ahl moins que celui-ci, — Pâpre désir de vivre.

Les têtes s'inclinaient sous les lampes de cuivre. Les livres feuilletés vibraient à petit bruit. C'était dans le collège où mon rêve fleurit,

— Folle fleur dont l'arôme après dou^e ans m'enivre! -

Que ces soirs m'étaient longs! Ah ! moins que celui-ci ! Que fen sentais le vide, et comme en mon souci Je fouillais l'avenir pour y chercher mon heure!

O destin, horloger cruellement moqueur, Dois-je l'attendre encore? Ou faut-il que je meure Sans avoir une fois vécu selon Mon Cœur?

Spleen

LES cloches qui tintaient sous ra:(ur clair du ciel, Jusqu'à la chambre close éparpillant leur âme. Vainement, d'une voix d'amour qui plaint et blâme, Ont répété : « Les fleurs se fanent sur l'autel... »

Un portrait qui riait d'un rire sensuel Sur une cheminée où tremblait une flamme, A fait étinceler ses yeux comme une lame, Vaineme?ît, et redit : « Mes baisers sont de miel. . . »

Les cloches ont cessé. L'ombre crépusculaire Du portrait sensuel a voilé la colère.

La nuit mystérieuse erre dans la maison.

Et l'homme, dont le cœur répugne à toute envie. Savoure longuement, comme un divin poison, La taciturne mort du Jour et de la Vie.

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