‹ Les aveux; poésiesChapitre 50 sur 56 · F. COPPÉE · texte numérisé non relu

F. COPPÉE

POUR calmer ma tristesse athée, fai, comme un ermite chrétien, Un tête de mort sculptée Dans un jaune ivoire ancien.

A Paris, du bord de nui table.

Paisiblement, le jour, la nuit, De son regard inévitable, Cette tête de mort me suit.

C'est mon amie et la plus sure, Car à chaque nouveau malheur, Si large que fût la blessure.

Elle a su calmer la douleur.

Quand je soufre du mal d'écrire, Mon désespoir d'ambitieux S'endort aux clartés du sourire Qui va de sa bouche à ses yeux.

Mieux que Montaigne et mieux qu'Horace

Ce large sourire clément

M endoctrine et me débarrasse

Du vain souci d'un bruit qui ment.

Et de mes chimères trompées Je fais d'inutiles faisceaux.

Comme avec leurs vieilles épées Les bretteurs fatigués d'assauts.

Oh ! les sensations aiguës

Et vibrantes que je te dois, -

Tête aux mâchoires exiguës

Que j'aime à rouler dans mes doigts !

Surtout dans l'éclat des soirées Où j'admire des fronts charmants, Qu'encadrent des boucles dorées, Et qu'éclairent des diamants.

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