‹ Les Avocats du Parlement de Franche-ComtéChapitre 100 sur 117 · Estignard, op. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Estignard, op. cit., t. II, p

droit, et de quelle façon devaient être pris les votes. Bien que le roi eût, le 27 décembre, déclaré que le tiers aurail une représentation égale à celle de la noblesse et du clergé réunis, et que le vole se ferait par tête, le parlement de Besançon s'opposa à ce que le roi changet en rien la conslitution des États, s’en tenant à ce qu'elle était en 1614. Dans deux arrêts, l’'un.en date du 21, l’autre du 97 janvier 1789, il se montra nettement hostile aux revendications du tiers, sanctionnées cependant par l'autorité royale.

En prononçant ces arrêts, le parlement prononçait sa propre condamnation. Les cris d'enthousiasme, qui saluaient trois mois auparavant les parlementaires, se changèrent en clameurs de haine. Aux yeux de la masse l'affaire était jugée, le parlement devait disparaitre.

Les avocats, dont le cœur ne battait déjà plus que d’un amour très modéré pour le parlement, l'abandonnérent. Is firent chorus avec ceux qui l’atlaquaient, se repentant de lavoir si longtemps servi, pour avoir été si mal payés de leur fidélité.

Une feuille de l’époque attribue à un avocat les paroles suivantes, qui, si elles ne sont pas authentiques, doivent pourtant exprimer le sentiment de la plupart de ses confrères : « Vous souvient-il de ce jour où, muni d’une palme d’une aune de long, fier comme un empereur romain, je marchais à la suile de nos sénateurs franc-comtois ? Quel triomphe ! Quel moment!....Ils sont passés, ces jours de fête, ils sont passés, ils ne reviendront plus !. »

1. Recueil, n° 4564, B. B. Feuille hebdomadaire ou petites affiches à l'usage de la province de Franche-Comté, du 26 janvier 1789.

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Le parlement est chargé de toutes les iniquités. Dans un libelle, trop documenté sur les questions juridiques pour n'être point l'œuvre d’un avocat, on dépeint la fàcheuse situation de l’avocat obligé de paraitre à la barre dans les affaires qui regardent les parlementaires « Les défenseurs que la loi donne aux pauvres, à la veuve, aux orphelins, les membres d’un ordre libre et respectable, les avocats, enfin, ne se chargent qu’en tremblant de la meilleure cause, quand il s’agit de la défendre contre l’iniquité d’un parlementaire ; leur plume mollit, leur voix expire, ou ne porte les vérités à l'oreille des juges, qu'énervées par les éloges mensongers qu ils sont forcés de prodiguer au parlementaire contre lequel ils plaident !.» ;

Les avocats allèrent jusqu'à demander le remboursement des charges et la Suppression du parlement, pour le remplacer par une juridiction nouvelle plus en rapport avec les besoins de l’époque. Les avocats auraient eu la belle part dans cette réforme, devenant les juges de la nouvelle juridiction : « La législation étant partout la même, dès que dans un tribunal vaquerait une place de juge, elle serait concourue par les plus célèbres avocals du royaume ; bientôt les parlements seraient composés des hommes les plus éclairés, les plus amants de la gloire, les plus incorruptibles, les plus impartiaux, les plus fidèles au Roi ?. »

L'auteur d'un opuscule paru à l'époque, sous le titre de «Réflexions d’un député de la campagne à l’assem-

1. Recueil, n° 4564, B. B. Supplément au cahier de doléances d’une communauté de Franche-Comté.

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