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LES AVOCATS A LA VEILLE DE LA RÉVOLUTION LA DISSOLUTION DE L'ORDRE

Si le calme s'était rétabli peu à peu dans le parlement et dans le barreau après les affaires de 178% et 1785, ce n'était point pour longtemps. Bientôt allaient se précipiter les événements qui entraineraient à la ruine les institutions du régime et, avec elles, le barreau aussi bien que le parlement.

En 1787, le parlement avait réclamé avec insistance la réunion des États généraux Il avait encore, depuis, adressé plusieurs remontrances au pouvoir royal quand, au mois d'avril 1788, il reçut l’ordre de ne prendre aucune vacance sans l'autorisation du roi. Le parlement prolesla contre celte manière de faire, illégale et inusitée. Ses protestations étaient vaines : le 9 mai, il était obligé de se retirer devant la force armée ; l'intendant avait lu aux conseillers une déclaration leur ordonnant d'entrer en vacances, en même temps qu'il leur avait donné connaissance de toute une série d’édits restreignant les pouvoirs du parlement. Le palais de justice fut gardé par la troupe pour empêcher les conseillers de s’y réunir.

La population bisontine prit fail et cause pour son parlement. Elle éleva de violentes réclamations contre le

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ministre Brienne et contre M. de Lamoignon, qu'elle accusait de tout le mal. Les avocats, à leur tour, se prononcèrent pour le parlement ; ils y mirent sans doute moins de fougue qu'ils ne l’eussent fait en un autre temps ; les mauvais jours de 1785, où le parlement leur avait reliré leurs droits auxquels ils tenaient le plus, n'étaient point encore effacés de leur mémoire. Leur confiance dans le parlement avait dû s’en ressentir. L'un d’eux, cependant, l’avocat Rouget, fut conduit au fort Griffon le 10 juillet et mis au secret, pour avoir tenu des propos hostiles à M. de Lamoignon !. Rouget éprouvail peut-être le besoin de se signaler plus bruyamment que les autres en faveur du parlement, qui, envers et contre tous ses confrères, avait décidé, en 1784, de l’inserire à nouveau sur le tableau dont il avait été exclu.

La disgrâce du parlement ne fut point de longue durée ; le 20 octobre, il se réinstallait à Besançon au milieu de la joie de la population. Le barreau s’associa dans une juste mesure aux démonstrations de la foule.

Le parlement fut grisé par les manifestations enthousiasles qui avaient accueilli son retour et que, pourtant, il ne devait plus connaitre. Il en profita pour se montrer intraitable vis-à-vis de l'autorité royale, refusant l’enrégistrement de tous les édils et de toutes les ordonnances, sans distinction, repoussant les mesures les plus justes, les réformes les plus nécessaires.

Les États de Franche-Comté se réunirent le 27 novembre 1788. Là, comme ailleurs, fut discutée la question de savoir à quelle représentation chaque ordre avail

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