Estignard. op. cût., t. II, p
concitoyens, puisqu’à chaque élection ceux-ci les désignaient comme les plus dignes pour l’administration des affaires communes.
Dans ces époques troublées, les avocats étaient les hommes du jour, on rencontre partout leur activité remuante. Ils se mélent au mouvement de la garde nationale quand elle s'organise, y remplissant souvent les fonctions d'officiers. Lorsque se fondent les clubs tels que, notamment, celui des Amis de la Constitution qui devint, plus tard, le club des Jacobins, ils en font partie, ils en deviennent vite les orateurs et les dirigeants 1.
Il en était pourtant qui, malgré tout, exerçaient encore leur profession, continuant à plaider et à consulter. Pourtant, leurs consullations se ressentaient quelquefois un peu des idées de l’époque. Ainsi, le 13 novembre 1789, sur ordre de la municipalité, l’avocat Rouget fut envoyé à la Conciergerie, pour avoir donné aux habitants de Chaudefontaine et de Chatillon-Guyotte un avis de droit tendant à les dissuader de payer leurs redevances seigneuriales pour 1789, quoique l’Assemblée nationale eùt décidé, par une disposition transitoire, la continuation de ce paiement. Les membres de la municipalité l'avaient accusé de vouloir, par cet avis, fomenter des séditions ?.
On pourrait s'étonner de constater qu’une municipalité presque exclusivement composée d'avocals poursuive un confrère à propos de l'exercice de ses fonctions.
1. Lapoule avait été, à Paris, l’un des fondateurs du club des Amis de la Constitution.
Rambour et Vernerey, deux autres avocats, avaient joué le même rôle à Besançon.