CHAPITRE IV
NOUVEAUX DÉMÊLÉS DES AVOCATS AVEC LE PARLEMENT PENDANT LE GRAND EXIL (1798-1761)
Les avocats avaient tous approuvé, en 1707, les slatuts destinés à mettre un terme aux abus qui s'étaient glissés dans leur ordre et. à assurer une plus stricte exécution de la discipline du barreau. Mais ils se relàchèrent rapidement de ce beau zèle. A la Saint-Martin de 1734, ils avaient négligé de dresser leur tableau, la base cependant de toute l’organisation de leur communauté !, Aussi le procureur général, qui avail la mission de veiller sur les avocats, remarqua que le bâtonnier n'avait remis aucun extrait des inscriptions au greffe depuis la rentrée de la Saint-Martin de 1734.11 demanda à la . Cour, de crainte que celte omission ne cause de lennui au publie, que les avocats se fassent inscrire sur le registre de la communauté jusqu’à la rentrée de Quasimodo prochain, qu à cette rentrée le bâtonnier remetle au greffe un extrait contenant les noms des avocats inscrits et qu'à l'avenir l’article 18 du règlement de 1707 soit observé. La Cour fit sienne la requête du procureur géné-
1. Peut-être aussi n’avaient-ils point voulu dresser le tableau par irrévérence pour le parlement, avec lequel, comme nous l'avons vu, ils venaient de réentamer la querelle sur le.titre de « Nosseigneurs. »
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ral, le 11 mars 1735 '. Les avocals n'avaient pourtant point perdu l'habitude de leurs assemblées, puisque, vers la même époque, ils prirent dans leurs réunions plusieurs résolutions concernant la fréquentation des audiences ?.
Ces assemblées ne siégeaient plus avec la sérénilé nécessaire et le nombre de membres qui s’y retrouvaient était très réduit. Elles étaient, du reste, souvent remplaeées par un conseil restreint formé de douze avocals, chargés de prendre les décisions pour l'ordre tout entier. Afin de supprimer ce regrettable état de choses, l’avocat d’Auxiron présenta au secrétaire des avocats, le 3 août 1753, un projet de réformations en ce qui concernait les délibérations des avocals.
Pour remédier au tumulte des assemblées et pour augmenter le nombre des membres qui s'y réunissent (le chiffre n’en dépassait guère vingt à trente sur cent que comprenait l’ordre), d’Auxiron proposail toute une série de réformes. Il réclamait, entre autres, le vote secret aux assemblées (à l'instar, disait-il, de ce qui se passe à Venise). Il demandait encore qu’on donnât des avertissements aux avocats sur la lenue des assemblées et que les délibérations fussent sanctionnées d’abord chez des dizainiers, où les avocats se réuniraient par groupe de dix. Les délibérations ne seraient approuvées qu'ensuile par l’assemblée générale, De cette façon, tous les avocats seraient atteints. Certaines amendes existeraient même contre ceux qui ne se présenteraient à aucune des assemblées.