‹ Les Avocats du Parlement de Franche-ComtéChapitre 52 sur 117 · SERV · texte numérisé non relu

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président annonça aussi que de son côté les mêmes instructions lui avaient été transmises. Les magistrats décidèrent alors de délibérer sans tenir compte des ordres du Roi.

Huit des conseillers venaient d'émettre leur opinion, il restait quarante-cinq suffrages à recueillir, quand le premier président s’écria qu'il y avait des magistrats qui trahissaient les intérêts de la province. L’indignation fut à son comble. M. de Boynes, craignant un échec, se relira, suivi de quelques conseillers. Trente autres, plus de la majorité, restèrent en séance, soutenant que la délibération devait se continuer .

On vit pendant un mois celle bizarre situation d'un parlement coupé en deux parties dont chacune prétendait exercer seule le pouvoir : l’une parce qu’elle avait “pour elle la majorité, l’autre parce que les autorités étaient de son côté. Le 28 décembre, le Roi manda à Paris huit des conseillers protestataires. Cependant les vingtdeux restant continuaient toujours à se réunir, inébranlables dans leur volonté. L'autorité royale en eut bientôt assez, Le 21 janvier 1759, les vingt-deux conseillers furent envoyés en exil, etle 24, les huit qui se trouvaient à Versailles eurent le même sort *.

Les parlements de France firent tous entendre de véhémentes protestations. Le barreau bisontin ne pouvait rester insensible devant des événements aussi graves. Les avocats, pour ne point avoir à se prononcer entre les deux parties du parlement, décidèrent de ne

1. Recueil, n° 4148, B. B. Relation des troubles actuels du parlement de Franche-Comté.

2. Estignard, Le parlement de Franche-Comté, t. 1, p. 294 et suiv.

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