‹ Les avocats du Parlement de Franche-Comté [microform]Chapitre 3 sur 112 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

(( Bon droit a besoin d'aide », nous dit un vieux proverbe. Il semble bien que ce soit dans cette brève formule, dictée par la sagesse de Texpérience, qu'il faille chercher la plus claire et la plus noble définition du rôle de l'avocat. Prêter son aide et son secours à celui qui a pour lui le bon droit, mais qui par inexpérience, par ignorance, ne peut le faire valoir comme il faut, c'est là une belle acception de la profession de l'avocat, c'en est indiquer la raison d'être. C'est dire en même temps que dès que la justice a reçu dans un pays un commencement d'organisation, que des règles et des formes lui sont imposées, le besoin de l'avocat se fait sentir, la nécessité de son rôle pour la bonne administration de la justice se précise. L'avocat devient « comme le comjdément nécessaire de la magisirature, comme le surveillant naturel des tribunaux, comme suppléanl à leurs défauts, comme faisant presque partie de Turdre judiciaire ^ ».

Aussi, dans tous les temps et h toutes les époques, on a coiniu les avocats. En Grèce, ils occupaient la pre-

1. Mever, Esprit, origine et progrès des institutions judiciaires des principaux pays de l'Europe, t. 1^% p. 513,

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mière place dausla république. A Rome, ou lescouililait d'honneurs. En France, le ministère des avocalssaftirma, dès que la justice s'èloii^na du chaos de la féodalité. Par leur savoir, parleur latent, parleur mérite, les avocats arrivèrent vite à prendre une place piépondérante dans l'administration de la justice. C'est pourquoi le chancelier d'Aguesseau a pu dire, en [)arlant de Tordre des avocats, qu'il était « aussi ancien (|ue la magistrature, aussi nécessaire que la justice, aussi noble que la vertu ' ».

La reconnaissance par le [dus grand nombre des qualités d'indépendance et de libert('' de cet ordre n'allait point parfois sans quelque envie de la part de ceux-là même qui, appelés à collaborer tous les jours avec lui, auraient du proclamer bien haut son mérite et sa vertu. « Il y a dans la ville, dit La Bruyère, la grande et la petite robe ; la première se venge sur la seconde des petites humiliations que la cour lui fait essuyer : de savoir où la grande finit et où la petite commence, ce n'est pas chose facile; il s'y trouve même un corps considérable qui refuse d'être du second ordre et à qui Ton conteste le premier. On l'entend dire avec raisoii ([ue la noblesse deson emploi, rindé()endance de sa profession, le talent de la parole et le mérite personnel lialancent au moins les sacs de mille francs que le fils du partisan ou du banquier a su payer pour son office -. »

Dans l'étude que nous nous proposons de faire des avocats du parlement de Franche-Coml('', nous verrons tout cela. Nous assisterons à la naissance de Tordre des avocats dans la province, nousconslalerons son dévelop-

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