Livre des délibérations de llJniversité, man. 988, B. B
rayer du tableau. Les avocats étaient condamnés aux dé-
l)ens ^
C'était deux mille cent soixante livres (lu'il fallait trouver. Les avocats, au nombre de vingt-six, se réunirent le '2 mai, dans la maison du bnloniiier, M. Mîiiilot, pour aviser au moyen d'y pourvoir. Leur silualion n'est pas brillante. 11 n y a plus rien dans la bourse commune, tout a été dépensé pour ce procès. Le samedi précédent, il a été décidé d'emprunter de l'argent à titre de constitution de rente, au cas où Ton pourrait trouver des personnes qui voulussent en prêter sans exiger Tobligation solidaire des paiticuliers qui composent la communauté. Le procureur, chargé de s\)ccuperde Talfaire, a déclaré qu'il trouverait l'argent nécessaire, ])Ourvu que les avocats, chefs de famille, voulussent s'obliger solidairement. Quinze avocats offrirent volontairement de s'obliger pour la communauté sous la clause solidaire, à titre de constitution de rente; ils seugageaient parce que sur le tableau une grande partie des avocats inscrits étaient lils de famille et ne pouvaient s'obliger, et qu'ils ne voulaient pas laisser peser la charge d'une obligation solidaire sur les seuls chefs de famille. Us emprunteront au taux de six pour ceid, obligeant leurs biens particuliers et ceux de la communauté. Pour arriver à payer cette dette, chaque avocat «lui voudra se faire inscrire sur le tableau à la rentrée de la Saint-Marlin donnera, à chaque inscription, dix livres de la monnaie du royaume, faute de quoi il ne [luurra exercer les fonctions d'avocat dans Tannée. Ceux «lui
1. Histoire de l'Université du comté de Bourgogne, par Labbey de Billy, t. I, p. 107.
n'ont pas encore été inscrits, outre les six livres fixées à Tarticle 15 des statuts, devront encore payer les dix livres. Toutes ces prescriptions seront applicables jusqu'à ce qu'on puisse payer la dette et ses intérêts ^
La Cour approuva celte délibération des avocats ; elle avait bien sa part de responsabilité dans cette alTaire, où elle les avait encouragés à s'engager.
En possession de la somme nécessaire, ^L d'Orival, receveur de la communauté, versa au secrétaire de l'Université les deux mille cent soixante livres douze sols, portés dans l'exécutoire obtenu contre les avocats. De cette querelle, qui avait coûté si cher, il subsista une certaine animosilé entre les avocats et les professeurs, qui se manifesta encore en plusieurs circonstances. En 1749, notamment, les avocats furent appelés à siéger avec le premier président, deux conseillers et les distributeurs et professeurs de l'Université, pour statuer sur le mérite des candidats à une chaire de professeur de droit, ^lais les avocats qui, sans doute, gardaient rancune aux professeurs, s'abstinrent d'abord de participer à celte élection. Cependant, comme l'Université en avait l'ait part au chancelier, ils se ravisèrent. Dans une assemblée extraordinaire, tenue le 17 juillet 1749, en la chambre du palais, les syndics Vanner et Eaton représentèrent aux avocats que le bruit s'était répandu dans le public que messieurs de l'Université avaient écrit au chancelier qu'il y avait des diflicultésà trouver des avocats qui voulussent assister comme électeurs au prochain concours. Les avocats décidèrent alors.