CHAPITRE IV
NOUVEAUX DÉMÊLÉS DES AVOCATS AVEC LE PARLEMENT PENDANT LE GRAND EXn. (1758-1761)
Les avocats avaient tous approuvé, en 1707, les statuts destinés à mettre un terme aux abus qui s'étaieiit glissés dans leur ordre et à assurer une plus stricte exécution de la discipline du barreau. Mais ils se relâchèrent rapidement de ce beau zèle. A la Saint-Martin de t73i, ils avaient négligé de dresser leur tableau, la base cependant de toute Torganisation de leur communauté ^ Aussi le procureur général, qui avail la mission de veiller sur les avocats, remarqua que le bâtonnier n'avait remis aucun extrait des inscriptions au greffe depuis la rentrée de la Saint-Martin de 1734.11 demanda à la Cour, de crainte que cette omission ne cause de l'ennui au public, que les avocats se fassent inscrire sur le registre de la communauté jusqu'à la rentrée de Quasimodo prochain, qu'à cette rentrée le bâtonnier remette au grelTe un extrait contenant les noms des avocats inscrits et qu'à l'avenir Larticle 18 du règlement de 1707 soit observé. La Cour fit sienne la requête du procureur géné-
1. Peut-être aussi n'avaient-ils point voulu dresser le tableau par irrévérence pour le parlement, avec lequel, comme nous l'avons vu^ ils venaient de réenîamer la querelle sur le titre de • Nosseiirnours. .
rnl. lo 11 mnr< 173." ^ Les avocats îrnvnioni ponrianl poiiiî [M'idu rha!)ilude de leurs assemblées, [tuisque, vers la même époque, ilsprirentdans leurs réunions plusieurs résolutions concernant la rré(|uciilalioii des audiences -.
Ces assemblées ne siégeaient plus avec la sérénité nécessaire et le nombre de membres (]ui s'y retrouvaiiMil était 1res réduit. Elles étaient, du reste, souveid rem[)lacées par un conseil restreint Ibrmé de douze avocats, chargés de prendre les décisions pour Tordre tout entier. Afin de supprimer ce regrettable état de choses, l'avocat d'Âuxiron présenta au secrétaire des avocats, le ?) août 1753, un projet de réformations en ce qui concernait les délibérations des avocats.
Pour remédier au tumulte des assembh'es et pour augmeider le nombre des membres (\u\ s'y léunisseiit (le chilTre n'en dépassait guère vingt à trente sur cent (lue comprenait Tordre), d'Auxiron proposait toute une série de réformes. Il réclamait, entre autres, le vote secret aux assemblées (à Tinstar, disait-il, de ce qui se passe à Venise). Il demandait encore qu'on donnnt des avertissements aux avocats sur la tenue des assemblées et que les délibérations fussent sanctionnées d'abord chez des dizainiers, où les avocats se réuniraient par groupe de dix. Les délibérations ne seraient approuvées qu'ensuite par l'assemblée générale. De cette façon, tou^ les avocats seraient atteints. Certaines amendes existeraient même contre ceux qui ne se présenteraient à aucune des assemblées.