Projet de 1774. Fonds Droz, à M. de Vregille
1res avocats en robe; en outre, qiialre avocats seront députés pour rendre visite à tous les exilés quand ils seront réunis, et à tout te parlement le jour de la rentrée. Le28 mars, l'assemblée de l'ordre adopta unanimement les décisions du conseil. Le 3 avril au soir, M. de Grosbois fit sa rentrée à Besançon. Dans Tescorle, un carrosse suivait, où étaient assis quatre avocats représen- I Hi! |o l»arreau. A l'arrivée de M. de Grosbois, M. Bassaiiti, dipuir des avocats, le complimenta au nom de ses confrères. Les avocats rivalisèrent tous pour célébrer ce retour. Une chronniue de l'époque, les Annales de Grimont, nous rapporte comme, dans l'enthousiasme général, lis se signalèrent pour la décoration de leurs maisons. Dans la rue Sainf-Viacenl, l'avocat Mougeot avait mis à ses trois fenêtres des transparents : dans celui du milieu il v ivait les nmio^ du roi, et au bas : Vive le roi ; dans celui à droite, Thémis, déesse de la justice, et vive le parlement; dans celui à gauche, les armes de M. de Grosbois et viveM. deGrosbois. ChezVavocat Chaudoton voyait aussi un transparent avec, au-dessus, Th('^mis et vive le parlement Chez l'avocat Perrot,la maison se signalait par de brillantes illuminations. Les avocats prenaienl 1 .rpomont leur part de l'allégresse générale.
Le 7 avril, jour de la rentrée du parlem- n! les avocats en corps, au nombre de soixante, dont la plupart étaient déjà anciens dans la professioiK viiimn!. depuis les sept heures du mntin, en robe chez l'avocat général Bergeret, qui avait cessé ses fonctions depuis les événements du moisdVaoïît 1771 Ils lui umoignèivnl qu'ils le regardaient comme leur chef et désiraient raccompagner au palais. Après l'audience, ils le reconduisirent
aussi chez lui en triomphe et retournèrent faire une seconde visite à M. de Grosbois ^
Lu parlement reconstitué ne pouvait manquei do savoir gré aux avocats de la sympathie qu'ils avaient lémoignée à ses membres. Aussi, dans un discours prononcé le 27 avril 1775 à la réouverture des audiences de la grand'chambre, après les vacances de Pâques, l'avocat général Bergeret s'écriait en parlant des avocats ; « Qu'il est tlatteur pour nous-mêmes de rentrer dans cette enceinte et sous ces voûtes sacrées, d'y faire entendre une voix qui ne peut paraître étrangère, d'y éprouver la sensation délicieuse qu'excitent en nous l'estime ef In tendre amitié d'un ordre respectable (les avocats) et distingué par les talents les plus précieux et les connaissances les plus étendues. » Les avocats purent alors reprendre en paix et l'exercice de leur profession et les assemblées de leur ordre. Mais ils n'avaient point assisté impunément à ces bouleversements répétés de l'organisation judiciaire; la fermentation des esprits, qui commençaient à trouver bien lourde i'aulurité royale, les gagnait aussi. On se permettait de réclamer la réunion des États généraux, pour demander au pouvoir des comptes, pour lui exposer avec plus de force les représentations de la province. Les avocats se mêlèrent au mouvement. Le t2juin 1779, ils s'assemblèrent pour délibérer sur ce que Ton projetait d'établir des états en Franche-Comté. L'ordre tout entier fui d'avis que ce serait un bien pour la province. Une députation fut ensuite envoyée à M. de Grosbois pour