‹ Les avocats du Parlement de Franche-Comté [microform]Chapitre 62 sur 112 · Mémoire pour Rouget contre Lebeaux, p. 36 et · texte numérisé non relu

Mémoire pour Rouget contre Lebeaux, p. 36 et

— loi) -

que uii plan loumi puui l'instruction d'nn procès. Le 27 décembre 1783, l'assemblée des avocats, formée de soixante-trois membres, se réunii pour juger sa conduite. Marguet présenta lui-même sa défense. L'ordre se contenta de lui adresser les remontrances suivantes par la voix du bâtonnier : « La pluralité veut bien vous laisser sur le tableau, mais elle ne vous a pas Iroiivé sans reproche : elle me charge de vous enjoindre d'être plus circonspect a l'avenir, et d'user de plus de délicatesse et d'exaclitude dans vos consultations et vos écrits, sous peine d'être rayé '. »

L'afîaire en serait restée là sans un incident qui se produisit un mois plus tard. Le 7 février 178i, Marguet avait à plaider à l'audience publique de la tournelle. Il défendait un nommé Mitaine, qui avait été l'objet d'un décret personnel, à Toccasion d'un libelle qu'il avait répnndu contre deux avocats du bailliage de Dole. Au lieu d'atténuer autant que possible la gravité du delà, il l'appuya par un mémoire justificatif et une plaidoirie, plus répréhensibles encore par leur violence que le libelle dont les avocats de Dole se plaignaient. L'avocat général Bergeret, qui avait toujours eu pour l'ordre des avocats la plus grande estime ', ne put s'empêcher d'adresser à Marguei, en pleine audience, de sévères reproches : « Quelque étonnement que nous ait causé, disait-il, une dilïamalion aussi grande et aussi odieuse (celle de Mitaine), il est une chose qui nous étonne

1. Histoire des révolutions... du barreau français, op. cit., p. 34.

2. C'était le même avocat général Bergeret que les avocats avaient accompagné avec solennité au palais, au moment de la rentrée du parlement après l'exil en 1775.

davanlage, c'est que rappelant ait trouvé un défenseur ,|oi ml pu M it'suudre à se rendre rinslriiment de sa haine, le truclicment de sa passion, et à partager sa iémi'Milé, son audace, disons mieux, son insolence, et à y renchérir. Nous avons entendu avec autant de dégoût rpie d'indignation les expressions basses et injurieuses dont il s^est servi, nui! lise dans tous les yeux Tindignation pnMique et la iiuiiie dans tous les cœurs. Il a manqué à la majesté de la Cour autan! qn'à la délicatesse qui caractérise un ordre que nous faisons profession d'iionorer ; et nous désirons que ce hlàme lui serve de correction à Tavenir, pour se contenir dans les bornes dont il n'aurait jamais dii sortir ^ ))

Loin de protester contre une admonestation aussi humiliante, parce (ju^elle venait de si haut, Marguet s'inclina sans mol ^lire, semblant reconnaître, par uii acquiescement tacite, qu il acceptait comme fondés les reproches qni lui étaient adressés. Cette atlilude nY'tait point faite pour lui ramener les sympathies du barreau qui, fier et ombrageux, n'admettait point facilement que l'on suspectât son indépendance et sa vertu. Le 14 février, rassemblée se réunit pour examiner le cas de Marguet; cinquante-cinq avocats se trouvaient présents. Marguet, mandé devant ses pairs, fut obligé de convenir qu^il avait été demander grâce à l'avocat général. Quand on passa au vote pour savoir si l'on devait le rayer du tableau, liente se prononcèrent pour la radiation, vingtcinq, qui sans doute eurent égard au talent de l'inculpé, se prononcèrent contre. Marguet fut donc rayé %

1. Histoire des révolutions.... du barreau français, op. cit., p. 31.

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