‹ Les Aztèques; histoire, moeurs, coutumesChapitre 21 sur 61 · ORDRES RELIGIEUX · texte numérisé non relu

ORDRES RELIGIEUX

chaient un époux. Après l'avoir trouvé, ils présentaient au Tépantéohuatzin, sur un plat ouvragé, des cailles, de l'encens, des fleurs et des comestibles, le remerciaient des soins qu'il avait pris pour l'éducation de leur enfant, et lui demandaient la permission de la marier. Le haut dignitaire accordait d'ordinaire l'autorisation sollicitée, et il exhortait son élève au parfait accomplissement des nouveaux devoirs qu'elle allait avoir à remplir.

Parmi les difîérents ordres religieux des Mexicains — il y en avait d'hommes et de femmes — ceux qui prenaient Quétzacoatl pour patron méritent une mention particulière. Ils menaient une vie des plus rudes, se plongeaient dans l'eau à minuit, et veillaient presque jusqu'au jour en chantant des hymnes ou en se livrant à des actes de pénitence. Ces prêtres et prêtresses avaient le droit de se rendre à toute heure dans les forêts et de se saigner eux-mêmes, privilège dont ils jouissaient en raison de leur grande renommée de sainteté. Les supérieurs de ces couvents portaient le nom du dieu qu'ils servaient et ne rendaient de visites qu'au roi.

C'est dès leur naissance que les religieux de cet ordre étaient consacrés à Quétzacoatl, et le père qui destinait son fils au culte de ce dieu priait le supérieur du couvent à dîner. Celui-ci envoyait à sa place un de ses moines, auquel on présentait l'enfant. Le religieux, prenant entre ses bras la petite créature, l'offrait à Quétzacoatl en prononçant une prière, et lui entourait le cou du collier nommé yamieli, qu'elle devait porter jusqu'à l'âge de sept ans. A l'accomplissement de sa deuxième année, l'enfant était conduit au supérieur, qui lui faisait une incision sur la poitrine, incision qui, avec le collier, était un signe de consécration. A sept ans, après avoir écoulé un long discours moral, dans lequel on lui rappelait par suite de quel vœu il était lié à Quétzacoatl, en l'exhortant à se bien conduire, à prier pour les siens et pour la nation, il entrait au couvent.

Un autre ordre, nommé Telpoclitilztli [réunion d'enfants) éisiil consacré à Tezcatlipoca. Les enfants étaient voués à ce dieu suprême par des cérémonies à peu près semblables à celles qui viennent d'être relatées, mais ils ne vivaient pas en communauté. Dans chaque quartier de la ville, à l'heure du coucher du soleil, ils étaient réunis par un supérieur pour danser, puis pour chanter l'éloge des dieux.

Chez les Totonaques existait une confrérie vouée au culte de la déesse Centéotl, et dont les membres menaient une vie des plus austères. Il n'y entrait que des hommes de soixante ans, veufs et de bonnes mœurs. Leur nombre était limité, et non seulement le peuple, mais les plus hauts personnages, y compris le grand prêtre, venaient les consulter. Ils écoutaient les questions qu'on leur adressait assis sur un banc, les regards fixés sur le sol, et leurs réponses étaient recueillies comme des oracles, même par les rois de Mexico. Ces religieux employaient leurs loisirs à la confection de peintures historiques et les remettaient au grand prêtre pour qu'il les montrât au,peuple.

Au résumé, les prêtres aztèques étaient en général des lettrés, et leur vie austère, leur savoir, augmentaient encore l'influence qu'ils devaient à leur caractère sacré. Les missionnaires espagnols, en dépit de leurs préventions, ont toujours rendu justice à leur moralité, à leur chasteté. Us les tenaient pour des gens aveuglés par le démon, et non pour des imposteurs.

Bien que le culte extérieur des Aztèques ait été avant tout sanguinaire, de nombreuses analogies avec plusieurs des coutumes de l'Église catholique frappèrent tout d'abord les Espagnols. Les croix de Tlaloc, le baptême des nouveau-nés, la confession auriculaire, les vœux de chasteté, les ordres monastiques, etc., etc., portèrent les premiers missionnaires à croire que l'Anahuac avait été évangélisé dès l'origine du christianisme, et ils voulurent voir

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