LOIS POLITIQUES
Les magistrats devaient juger d'après les lois du royaume, se conformer aux textes formulés dans les peintures. Chez les Aztèques, les lois furent d'abord édictées par les prêtres, puis par la noblesse. A dater du règne d'Iztacoalt, les souverains devinrent les législateurs de la nation, et, tant qu'ils gouvernèrent avec leurs attributions premières, ils surveillèrent avec soin l'application des lois promulguées par eux-mêmes ou par leurs prédécesseurs. Dans les dernières années de la monarchie, le despotisme faussa la justice au gré de son caprice, et le bon vouloir remplaça l'équité.
Nous allons citer quelques-unes des lois en vigueur chez les Aztèques lors de l'arrivée des Espagnols; dans les unes, on verra des traits de sagesse, d'humanité et un zèle ardent pour les bonnes mœurs ; dans d'autres, une sévérité, une dureté qui souvent dégé- , nère en cruauté. Mais il ne faut pas oublier que les législateurs mexicains avaient à régenter des hommes rudes, accoutumés à mépriser les douleurs physiques, qu'ils ne réussissaient à maintenir dans le devoir qu'en les frappant de terreur.
Commençons par les lois politiques :
Le traître au roi ou à l'État était écartelé; ceux de ses parents qui avaient eu connaissance de ses desseins et ne les avaient pas révélés perdaient leur liberté.
II y avait peine de mort et confiscation de biens pour celui qui usurpait les insignes du roi ou du cihuacoatl, et la femme et les fils du délinquant étaient emprisonnés.
Celui qui maltraitait un ambassadeur, un ministre ou un courrier, était puni de mort. Mais ni l'ambassadeur ni le courrier ne pouvaient s'écarter de la route qu'on leur avait tracée sans perdre leur inviolabilité.
On condamnait à mort ceux qui fomentaient une révolte ; ceux qui déplaçaient ou détruisaient les limites des propriétés. La
même peine frappait les juges qui prononçaient une sentence injuste ou contraire aux lois, ceux qui faisaient au roi ou au magistrat suprême un rapport inexact, ceux qui se laissaient corrompre par des présents.
On décapitait celui qui, à la guerre, attaquait Tennemi sans ordre de son chef ou abandonnait son drapeau.
Quiconque altérait les mesures établies par les magistrats était puni de mort, et l'exécution suivait immédiatement la sentence.
Voici, maintenant, quelques lois d'ordre civil :
L'homicide payait son crime de sa vie, sa victime fût-elle son esclave. L'époux qui tuait sa femme lorsqu'il la surprenait en flagrant délit d'adultère était exécuté, car on considérait qu'il avait usurpé les droits des magistrats, seuls autorisés à juger et à punir. Toutefois, l'adultère entraînait la peine de mort, et les coupables, après avoir été lapidés, avaient la tète écrasée. On ne regardait pas comme adultérin le commerce d'un homme marié avec une fille, ce qui prouve que l'on exigeait plus de fidélité conjugale chez la femme que chez l'homme. Du reste, l'adultère était châlié sur toute la surface de l'empire, et dans certaines villes avec plus de sévérité que dans d'autres. A Ichcatlan, la femme adultère était amenée devant le tribunal ; si les preuves de sa faute étaient convaincantes, on l'écartelait séance tenante, et les juges se partageaient ses membres. À Istépec, la loi ordonnait au mari de couper le nez et les oreilles à sa femme infidèle. Sur un autre point, on punissait de mort le mari qui, connaissant les désordres de sa femme, continuait à cohabiter avec elle.
Un homme ne pouvait répudier sa femme sans l'autorisation des magistrats. 11 devait se présenter devant eux, puis leur exposer ses griefs. Les juges l'exhortaient à la concorde et tentaient de le dissuader; s'il persistait dans son intention et que ses motifs fussent valableSyOn lui permettait d'agir à son gré, mais on