‹ Les AztèquesChapitre 28 sur 49 · ARMES DÉFENSIVES · texte numérisé non relu

ARMES DÉFENSIVES

luxueux que résistants, servaient dans les danses où Ton simulait un combat.

Une des ai-mes défensives des officiers consistait en une cotte de coton, épaisse de deux doigts, qui résistait si bien aux flèches que les Espagnols se hâtèrent de l'adopter. Sur cette cuirasse {ichcahuipilli)y qui couvrait seulement la moitié du corps, on en plaçait une seconde garnie de plumes de différentes couleurs, assez longue pour protéger les avant-bras et les cuisses. Les nobles endossaient souvent un de ces vêtements de plumes sur une cuirasse formée de plaques d'or et d'argent, et cette armure, impénétrable aux flèches, résista plus tard aux épées et aux piques des Européens. En outre, les officiers se coiffaient de casques en bois représentant une tête d'aigle, de tigre ou de serpent, la gueule ouverte et les dents saillantes afin d'épouvanter l'ennemi (fig. 17). On surmontait ces casques de grands panaches destinés à rehausser la taille de ceux qui les portaient. Quant aux simples soldats, ils allaient nus, les reins entourés de la ceinture (maxtatl) exigée par la décence, et ils suppléaient aux vêtements qui leur manquaient en se peignant le corps de différentes couleurs.

Les armes offensives étaient l'arc, la fronde, le casse-tête, la lance, l'épée et le javelot. L'arc (tlahuitolli) se fabriquait avec du bois flexible, et sa corde avec des nerfs d'animaux ou du poil de cerf tissé. Parfois ces armes étaient d'une telle dimension que la corde atteignait jusqu'à 5 pieds. Pour les flèches {mitl)f on se servait de baguettes à l'extrémité desquelles on fixait soit un os effilé, soit une arête de poisson ou encore des pointes de silex ou d'obsidienne. Les Mexicains s'exerçaient au maniement de l'arc dès leur enfance, et, stimulés par les récompenses que leur accordaient leurs professeurs ou leurs pères, ils arrivaient à s'en servir avec une adresse merveilleuse. Les habitants de Téhuacan, entre autres, étaient renommés pour leur habileté à lancer trois ou

quatre flèches à la fois. De nos jours, les Indiens barbares des frontières se servent encore de l'arc avec une redoutable dextérité. Aucune des nations de l'Anahuac, à l'exception des Séris,

FiG. 17. — Tôle de soldat coiflée d'un casque. Terre cuite trouvée dans la vallée d'Orizava (collection Lucien Biart).

tribu de la Sonore, ne fit jamais usage de flèches empoisonnées, ce qui tient sans doute à ce qu'elles cherchaient surtout à faire des prisonniers pour les sacrifices.

Le macahuitly qui remplaçait l'épée entre les mains des Aztèques, se composait d'un bâton long de 3 pieds, armé sur ses deux côtés de plaques d'obsidienne tranchantes et fixées à l'aide de

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