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ARMES OFFENSIVES. ÉTENDARDS

gomme laque. Ces plaques, larges de quatre doigts et longues de deux, avaient l'épaisseur des anciennes lames d'épée. Elles coupaient si bien que le Conquérant anonyme raconte avoir vu un Aztèque ouvrir la poitrine d'un cheval d'un seul coup de son épée. Mais cette arme s'émoussait vite et devenait inutile. Les soldats la portaient attachée au bras, afm qu'elle ne leur échappât pas lorsqu'ils frappaient (fig. 16).

Les piques mexicaines, au lieu de pointes en fer, étaient armées de pointes en pierre ou en cuivre. Les Chinantèques et plusieurs autres peuples de la contrée de Chiapan se servaient de piques d'une longueur de 18 pieds, dont Cortez fît usage contre la cavalerie de son rival, Panfilo Narvaez.

Le tlacochtliy dard ou javelot, était un pieu dont la pointe, durcie au feu, se terminait parfois par une pierre, un os ou une pointe de cuivre. Le dard se divisait souvent à son extrémité en trois crans, ce qui le rendait très meurtrier. On le lançait à l'aide d'une corde, afin de pouvoir le ramener à soi lorsqu'il avait frappé l'ennemi. C'est l'arme que les Espagnols redoutaient le plus, car elle était souvent projetée avec une telle force qu'elle traversait le corps d'un homme (fig. 16). En guerre, les soldats portaient d'ordinaire une épée, un arc, un dard et une fronde. Il est à remarquer qu'aucun des peuples de TÂnahuac ne faisait usage de la hache comme arme de guerre.

Les Aztèques possédaient des étendards plus semblables au signum des Romains qu'à nos drapeaux. C'étaient des hampes hautes de 8 ou 10 pieds, couronnées par les armes ou les insignes de l'État, figurées à l'aide de plumes. L'insigne de l'empire mexicain était un aigle prêt à fondre sur un oiseau. L'étendard pris pai* Cortez lui-même, dans la bataille fameuse d'Otompan, représentait un filet d'or, insigne probable d'une des villes construites sur les bords du lac de Texcoco.

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Outre l'étendard principal de l'armée, chaque compagnie en possédait un qui, en même temps que la couleur des plumes dont se paraient ses chefs, servait à la faire reconnaître. L'étendard de l'armée était porté par le général, ceux des compagnies par un officier. Ce dernier s'attachait si fortement la hampe à l'épaule que l'on ne pouvait s'en emparer qu'en massacrant le porteur. Les Aztèques plaçaient toujours l'étendard principal au milieu des soldats ; quant aux Tlaxcaltèques, ils le faisaient porter à l'avantgarde dans les marches, à l'arrière-garde à l'heure du combat.

La musique militaire des Aztèques, plus bruyante qu'harmonieuse, se composait de tambours, de trompettes et de conques qui, sous le souffle, rendaient des sons aigus. Bernai Diaz, longtemps après le siège de Mexico, se souvenait encore avec terreur des sons lugubres de la trompe de Guautémotzin.

Avant toute déclaration de guerre, le conseil du roi en exami* nait la cause, qui d'ordinaire était la rébellion d'une ville ou d'une province, la vengeance à tirer de l'assassinat d'un courrier ou d'un sujet de l'empereur, ou d'une insulte faite à un ambassadeur. Si l'on avait à se plaindre du gouverneur d'une province, on l'amenait à Mexico pour le châtier. Si le peuple prenait part à la révolte, on lui demandait satisfaction au nom du roi, et, s'il s'humiliait, on lui pardonnait. Si, au contraire, il répondait avec arrogance, refusait de se soumettre et insultait les messagers qu'on lui envoyait, le conseil délibérait; puis, la guerre décidée, on prévenait les généraux. Parfois le roi, afm de mieux justifier sa conduite, dépéchait successivement trois ambassadeurs aux dissidents. Le premier s'adressait au chef de la ville ou de la nation coupable, réclamait une satisfaction acceptable, et fixait l'époque à laquelle on devait répondre, sous peine d'être traité en ennemi. Le deuxième ambassadeur s'adressait à la noblesse, la priant de convaincre son chef d'éviter par sa soumission le châtiment qui l'attendait. Enfin,

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