‹ Les Bactériémies et Septicémies Consécutives aux Chocs Médicamenteux: Étude Clinique et ExpérimentaleChapitre 10 sur 36 · PARA TE · texte numérisé non relu

PARA TE

thrites sont stationnaires. L’abdomen est tendu, ballonné; il existe un gros météorisme. Le malade éprouve des envies fréquentes d’uriner. Les mictions sont difficiles. Traces de sang dans les urines.

Le 22 novembre aggravation progressive. L’escarre sacrée a gagné maintenant les deux fesses mais évolue en superficie, Petite escarre de la région trochantérienne droite. Apparition d’un œdème lombaire. Bon drainage de la plaie de la cuisse gauche.

Le 23 novembre, le malade a passé une très mauvaise nuit malgré les injections calmantes. Aux poumons, le foyer de râles sous-crépitants de la base droite persiste. Le murmure vésiculaire est diminué à la base gauche, mais il n’y a ni d’égophonie ni de pectoriloquie aphone. L'arthrite radio-carpienne droite persiste mais ne semble pas progresser, L’abdomen est toujours météorisé et tendu. L’œdème lombaire persiste. On note en outre un aspect légèrement ecchymotique de la région. Le malade a uriné trois litres et demi dans les dernières 24 heures. Traces d’albumine dans les urines pour la première fois. On pratique des nouvelles hémocultures qui se révèlent positives le lendemain pour le streptocoque hémolvtique.

Le 24 novembre aggravation encore de l'état général.

Le 25 novembre l’abdomen est très météorisé ; grosse impotence fonctionnelle des membres inférieurs avec réflexes tendineux abolis et ébauche d'extension du gros orteil droit. Disparition du réflexe crémastérien.

Le 26 novembre, la température est à 38°, le pouls est très rapide, faible, hypotendu. La T. A. de 8-6. La respiration courte, superficielle. Le malade est très prostré, abattu, amaigri. Son teint est blafard. Par moments léger délire. Pour la première fois on constate une incontinence totale des matières et des urines, En quelques heures le tableau s'aggrave rapidement et le malade

AN: Sul

meurt l'après-midi après une courte période d’agitation et de délire.

On n’a pas pu pratiquer l’autopsie,

A résumer cette observation se dégagent l’ensemble

de faits suivants :

Ce malade est entré dans le service au 15° jour d’une angine non diphtérique dont il était presque guéri, au point de vue muqueux, mais dont il gardait encore une volumineuse adénopathie sous-angulo-maxillocarotidienne droite et une atteinte de l’état général, traduite par une température à 38°, de la pâleur, de lVasthénie.

Un premier choc médicamenteux, provoqué par une injection intraveineuse délectrargol, se montra inefficace. Deux hémocultures pratiquées à l’acmé de la poussée thermique restèrent stériles.

Devant cet échec thérapeutique on décida de répéter le choc en employant le propidon par voie sous-cutanée (2 cc.).

Le choc provoqué par ce médicament s’est traduit exclusivement par une nouvelle ascension thermique mais, à partir de cet acte thérapeutique, l’état général s’aggrava et les hémocultures permirent de déceler une septicémie à streptocoques hémolvtiques qui emporta le malade trois semaines plus tard.

Sans conteste c’est le choc provoqué par le propidon qui détermina l’ensemencement du Sang par un streptocoque très probablement hébergé dans les ganglions. La veille en effet, une hémoculture, pratiquée à l’oc-

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casion du premier choc obtenu par l'electrargol intraveineux, restait négative. Le sang du malade était alors stérile. Au surplus, la poussée thermique provoquée par ce choc fut éphémère, et le lendemain le malade quoiqu'ayant gardé sa grosse adénopathie, était presque apyrétique, 37°4. Son état général était à peu près le même qu’à son entrée, le sujet était pâle. assez fatigué.

Par contre, dès le lendemain du second choc obtenu avec le propidon, le tableau change, la température persiste aux environs de 39°5-40°, l’état général s'aggrave, les hémocultures deviennent positives. On ne peut guère contester l’idée qui vient à l'esprit d’établir un rapport étroit entre cette septicémie et le choc qui l’a précédée.

D'ailleurs, ce cas ne Faut que confirmer la suspicion clinique qu'avait notre maître A. Lemierre sur la possibilité d’un tel accident au cours des chocs thérapeutiques car d’autres faits analogues avaient déjà

attiré son attention. En voici l’histoire clinique

B. — Septicémie à staphylocoques après une série de chocs déterminés par l'injection sous-cutanée

de vaccin antistaphylococcique

(Observation résumée) :

M. X, 60 ans, bonne santé habituelle. Présente un petit furoncle de la face intéro-interne de la cuisse gauche, qui guérit en quelques jours. Il reste une cicatrice avec légère infiltration loc ale. Apyrexie.

Après la guérison, on lui fait des injections de vaccin

antistaphylococcique.

Après la première injection, poussée thermique à 38°5: trois jours plus tard deuxième injection de vaccin suivie d’une poussée thermique à 39°.

Après la troisième injection, ascension thermique à 40°; à partir de ce moment la température reste en plaleau à 40°. Etat général grave, L'hémoculture donne un släphylocoque doré.

Très rapidement se développe une septico-pyohémie à Staphylocoques, avec localisations multiples : sous-cutanées, testiculaire gauche, pulmonaire droite se traduisant d’abord par l'apparition d’un large foyer mat avec Souffle tubaire. Au bout de quelques jours, signes d’un PYopenumothorax droit. Délire. Mort le 16° jour après l’ascension thermique à 40°,

En résumé : septicémie à Staphylocoques après trois chocs consécutifs à l’injection de vaccin staphylococcique chez un malade avant eu un furoncle de la cuisse dont il était guéri cliniquement alors qu'on Commenca le traitement vaccinothérapique.

C. — Septicémie à staphylocoques après un choc déterminé par le vaccin staphylococcique

(Observation résumée) :

M. X..., 35 ans. À eu, depuis un an, plusieurs poussées de furonculose apyrétique. A l’occasion d’une nouvelle poussée, on pratique une injection de vaccin Staphylo- Coccique. Choc avec élévation thermique à 38°5 qui monte progressivement Pour atteindre 40° trois jours plus tard. Hémoculture : Staphylocoque doré. Septicopyohémie à localisations multiples, Mort au bout d’un mois.

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Là encore le rapport entre le choc provoqué par le vaccin et la septicémie qui s’ensuivit apparait évident.

Aussi démonstrative nous semble l’observation suivante rapportée par M. A. Lemierre, lors d’une leçon clinique à l'hôpital Claude Bernard, en mai 1936, sur les « localisations atypiques de la diphtérie ».

accidentel provoqué par une injection intraveineuse

Septicémie à streptocoque consécutive à un choc

de cyanure de mercure chez une malade atteinte de diphtérie nasale

tuméfaction de la région maxillaire droite et d’œdème aux environs du 5 janvier 1936 un coryza unilatéral droit, abondant, qui s’est rapidement accompagné de tuméfaction de la région maxillaire droite et d’œdème palpébral.

Le 13 janvier 1936, entre à l'hôpital Lariboisière, dans le service d’oto-rhino-laryngologie, où elle est examinée par le docteur Leroux Robert. Celui-ci constate une tuméfaction de la région maxillaire supérieure droite, dure, rouge, inflammatoire, peu douloureuse, donnant limpression de refoulement en avant de la paroi antérieure du sinus maxillaire, remontant jusqu’à la région zygomatique en haut et en dehors. Une adénopathie sousangulo-maxillaire droite assez grosse et douloureuse ainsi qu’un ædème cérébral accompagne cette tuméfaction de la région maxillaire. Par ailleurs l'examen montre un léger œdème du voile du palais du côté droit, un œdème du pilier postérieur droit. Des sécrétions muco-purulentes tombent du cavum dans l’arrière-gorge. De la narine droite sort une formation bourgeonnante rose — sale, irrégulière, —— d'aspect un peu sphacélique

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sur laquelle on pratique une biopsie. Devant an tel tableau on émet deux hypothèses : soit une sinusite maxillaire aiguë avec polypose nasale réactionnelle, soit un cancer du sinus maxillaire avec état inflammatoire surajouté. On temporise.

Le 17 janvier, la tuméfaction de la région maxillaire diminue ainsi que l’œdème palpébral. La malade se sent mieux mais accuse une légère gène à la déglutition. Sur l’amygdale droite et sur le pilier postérieur on constate une ulcération recouverte d’un enduit grisàtre remontant sur la base de la luette qui est légèrement œdémaciée.

Le 18 janvier, cet enduit grisâtre était disparu. La première biopsie ayant été négative, on en pratique une seconde plus profondément dans la fosse nasale droite. On retire des formations de couleur pâle, ne saignant pas. Cette deuxième biopsie est encore négative pour le cancer.

Le 20 janvier, ayant soulevé l'hypothèse d'une spécifilé, un traitement au cyanure de mercure est proposé et à l’occasion de la première piqüre intraveineuse de 0 gr. 01 de ce médicament Ja malade fait un choc trés marqué avec frisson unique intense, puis température à 40°. On pratique immédiatement une hémoculture en milieu aérobie et il Pousse un streptocoque. Dès lors on prescrit, outre des tonicardiaques, 8 comprimés de Rubiazol par jour. On prend la température toutes les trois heures. Celle-ci persiste: entre 38° et 39° sans faire de grandes oscillations.

Le 24 janvier une seconde piqûre de cyanure détermine de nouveau un choc intense avec frissons. Une nouvelle hémoculture se révèle encore positive pour le streptocoque. Entre temps la malade est devenue adynamique, fatiguée, pâle. Son EnSorgement ganglionnaire

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