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les avoir observées chez certains sujets à la suite d’injections de protéines microbiennes (méningocoque, bacille pyocyanique).
L. Tixier et P. R. Bize ont rapporté à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris (4) des observations d’herpès survenant chez des malades en cours de traitement par le vaccin de Nicolle. Elles nous semblent très démonstratives; aussi les reproduisons-
nous ici
Obs. I. — F... chancre mou avec forte lymphite pénienne, énorme bubon inguinal gauche, suppuration balanique fétide contenant des spirilles. Soumis immédiatement au vaccin de Nicolle, à Ia posologie habituelle : 1/2 à 1 cc, 1 cc. 1/2, 2cc. Le soir de la troisième injection, après la réaction thermique, le malade se plaint de violentes douleurs dans la machoire: étant donné sa mauvaise dentition, on n’y prête pas attention outre mesure; mais le lendemain apparaît un volumineux œdème labial avec bouquet d’herpès typique au niveau de la commissure labiale droite; le surlendemain, l’herpès était bilatéral, la tuméfaction labiale accentuée et amenant de la dysphagie; on constatait en outre, quelques éléments crosifs sur'la muqueuse buccale; huit jours après ce début, l’herpès était à peu près terminé.
Obs. IH. — B.., triple infection vénérienne. Phimosis chancrelleux avec volumineux bubon inguinal gauche et blennorhagie. Il est impossible de découvrir le gland, mais on palpe à travers le fourreau une induration len- Hculaire suspecte; le Wasserman est partiellement posi- Lif. Outre le traitement novarsenical, le malade subit la
(D L. Tixiter et P. R. Bize. Bull. S. M. H. n° 27, juillet 1996.
vaccinothérapie antichancrelleuse; le soir de la quatrième injection le malade perçoit une sensation de brûlure, de picotement à l’angle interne de l’œil gauche, et le lendemain matin on constate un petit bouquet d’herpès à ce niveau.
Obs. III. — B..., chancre de la verge d’allure phagédénique, très creusant ; balanite spirillaire concomitante ; pas de bubon ; examen ultramicroscopique et Wasserman négatifs. Il s’agit d’un chancre mou que l’on traite par la vaccinothérapie. Au bout de la troisième piqûre, une forte poussée d’herpès se produit se traduisant par les éléments classiques en bouquet, occupant toute la région sous-maxillaire du cou et évoluant sans avoir été précédé de douleurs; la cicatrisation de l’herpès se fit en cinq jours environ.
Obs. IV. — M... balanite avec œdème préputial volumineux dont le point de départ est un chancre mou. Dès la troisième injection, poussées subintrantes d’herpès au niveau des lèvres dont la terminaison se fait au bout de huit jours.
En résumé, chez quatre malades la vaccinothérapie antichancrelleuse semble avoir déclenché une poussée d’herpes.
Depuis lors l’emploi courant, et parfois abusif de la vaccinothérapie a confirmé combien à sa suite l’herpès était fréquent. M. le professeur agrégé Ch. Richet nous a confirmé l’avoir observé dans 30 % des cas, au cours de ses essais thérapeutiques avec le vaccin de Nicolle. Et ce chiffre aurait été aussi confirmé par plusieurs auteurs américains au Congrès sur la
pyrétothérapie tenu récemment à Chicago.
PT CDR
Mais si le fait clinique paraît sans contestation, les auteurs ne semblent pas d’accord sur son interprétation pathogénique.
Pour Milian il faut voir là un accident biotropique, c'est-à-dire une réactivation du virus herpétique par le vaccin. Donc, accident analogue à ceux observés au cours de FPemploi de différents médicaments, notamment les composés arsenicaux.
Pour H. Jausion, A. Pecker et F. Meersseman ces manifestations sont dues non pas tant à l’exaltation du germe par le médicament, comme le veut Milian, qu'à l’anergie du terrain, consécutive à la suspension de la réactivité du système neuro-végétatif par les médicaments introduits dans l’organisme (1).
L. Tixier et P. R. Bize ne doutent pas du rôle provoqué par chaque injection de vaccin. Ils assimilent ce « choc vaccinal » au choc protéinique et même au choc clinique qui dans la pneumonie et la méningite cérébro-spinale précède l’apparition de l’herpès. L’analogie les conduit même à qualifier les herpès observés après choc vaceinal « d’herpès critique ». Mais, comme les auteurs précédents, ils ne voient dans ce choc vaecinal, et surtout dans sa répétition, qu'un facteur déclenchant d’anergie qui en définitive exphquerait la « sortie » du virus.
Comme on le voit, en dehors de l'hypothèse émise
par Milian, -— très suggestive, mais ne comportant aucune argumentation expérimentale, —__ c’est encore
(1) H. JAUSION, A. PECKER et F. MEERSSEMAN, Presse Médicale n° OT O NT