‹ Les Bactériémies et Septicémies Consécutives aux Chocs Médicamenteux: Étude Clinique et ExpérimentaleChapitre 33 sur 36 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

METASTASES MICROBIENNES ET REITERATIONS D’INFECTIONS CONSECUTIVES A UN CHOC

Le rôle du système neuro-végétatif dans les déterminisme, des « sorties » microbiennes dues à un virus visible ou invisible apparaît done avec la plus grande netteté. L’expérimentation permet de Paffirmer d’une façon incontestable, aussi bien pour les « sorties » à point de départ ganglionnaire, de beaucoup les plus fréquentes, que pour celles, plus rares, où le germe qui franchira la circulation se trouve soit sur la muqueuse respiratoire, soit dans l'intestin à l’état saprophytique.

Peut-on invoquer cette même perturbation neurovégétative lors de certains faits cliniques, disparates en apparence mais reliés par un trait commun : leur apparition à l’occasion d’un choc ? Nous le croyons volontiers. Pour la clarté de l'exposé nous les avons

classés sous les rubriques suivantes

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1° Apparition de métastases chez des sujels atteints d'une infection spécifique, après provocalion d'un choc.

L'exemple le plus net est fourni par l'infection blennorragique où l’on voit parfois une détermination articulaire à l’occasion d’un choc provoqué par un vaccin ou toute autre médication. Témoin cette observaton dont nous avons eu comnaissance, ef que nous résumons :

Un jeune sujet souffrant depuis quelques jours d’une blennorragie aiguë consulte un médecin qui lui propose un traitement « énergique pour le débarrasser rapidement, de son affection ». Il lui pratique une injection de sérum antigonococcique par voie intraveineuse, à la suite de TaqueHe le malade fit une réaction de choc extrêmement violente qui, pendant quelques heures inquiéta son entourage. Dès le lendemain le malade commença à se plaindre d’une douleur au poignet gauche, premier SYMplôme d’une arthrite pseude-phlegmoneuse qui se précisa par la suite,

Nul doute sur le rapport entre ce choc intense et la métastase qui le suivit.

De mêmre, s'il est ineomtestalite que les arthrites Sonococciques bénéficient considérablenrent de la pyrétothérapie judicieusement conduite, ük n’en est pas moins certain qu'il est possible de voir des rechutes à l’occasion de cette même médication. Qu'il s'agisse de vaccins ou de certæins produits chimiques (èlecirargol-sulfasine) <’est par l'intermédiaire du ehoc provoqué, suivi d’hyperthermie, que €es médicaments

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exercent leur effet sur lorganisme. Parfois cependant leur action trop brutale a un inconvénient : si elle exerce une action bienfaisante sur le foyer existant, elle peut se compliquer de l’apparition d’une nouvelle métastase gonococcique.

De telles observations sont peut-être moins exceptionnelles qu’il ne le semblerait au premier abord. D'une part parce que nombre d’entre elles n’ont pas été rapportées, d'autre part parce que la relation de cause à effet n’a pas toujours été établie entre la survenue du choc et Fa détermination seconde.

Pourtant à la lumière des faits expérimentaux que nous avons rapportés, la pathogénie de ces accidents nous semble facile à élucider. Si l’on tient compte en cffet des phénomènes de vasodilatation brusque qui constituent le substratum fonctionnel de Pétat de choc; on concoït qu'au niveau dun foyer inftammatoire, les modifications de la perméabilité vasculaire ou la rupture de néo-vaisseaux aient pour conséquencé la pénétration dans le torrent circulatoire des ger-

mes inclus dans le foyer originel.

20 Rechute d'une infection chez des sujets incomplèlement quéris el soumis à un choc vaccinal non

spécifique.

Sans être complètement démonstrative nous tenons x rapporter iei l'observation de MM. de Massary et L.

Tockman, avec Je commentaire des.anteurs. (1) (1) pe Massanyx et L. TOGKMAN. Bull. Soc. Med. Hôp. Séance 24 mai 1918.

at

Elle concerne un sujet qui, convalescent d’une infection méningococcique présenta une rechute à l’occasion d’une revaccination anti-typhoïdique.

(Obs. résumée).

Le soldat G.., tombe malade avec un M. C. S. typique le 10 mars 1917. Il est soigné énergiquement par la sérothérapie et le 22 mai le malade sort de l'hôpital, considéré comme guéri. Il part en convalescence, se sent « assez bien » pendant les premiers temps, puis très rapidement se plaint de se fatiguer facilement alors qu’il ne faisait que des travaux peu pénibles dans son jardin. Cet état d’asthénie s’accentue vers la fin du mois de juillet à tel point que le 20 août, jour d’expiration de sa convalescence il demande une prolongation. On le fait entrer « en observation » le 21 août, à Villejuif.

Le 30 août il y subit une revaccination contre la fièvre typhoïde qui provoque un choc marqué avec céphalée, vomissements, ascension thermique à 38°.

A partir du 2 septembre le malade accuse une accentuation des malaises précédents et le 9, subitement il est pris d’une rachialgie atroce avec maux de tête. Bref, reprise de la M. C.S. vérifiée par la P. L. dont il finit d’ailleurs par guérir.

Pour les auteurs, il faut voir dans cette reprise de la M. C. S. une rechute tardive et non une récidive car le malade n’était pas « dans son assiette » pendant la période qui suivit la sédation de la première poussée méningée. Et pour expliquer cette recrudescence ils se demandent si le choc consécutif à la re-

vaccination anti-typhoïdique ne peut être invoqué,

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car il s'accompagna d’une réaction pie-mérienne incontestable.

Dans le même ordre d’idées on a vu survenir le réveil d’une infection palustre à la suite d’un choc vaccinal. Témoin l’observation de Tixier et P. PR.

Bize (1) que nous résumons :

B..., entre pour chancre du sillon balano-préputial avec bubon inguinal droit; Wasserman et examen négatifs. L'interrogatoire apprend qu’il a fait un séjour en colonie où il avait contracté le paludisme. L'examen clinique d’ailleurs, montrait une grosse rate largement percutable à l’appui de cette infestation. On commence le traitement du bubon par le vaccin de Nicolle et le lendemain de la deuxième injection des accès palustres apparurent qui furent rapidement jugulés par une série d’injections de quinine-uréthane. Le volume de la rate diminua sous l’influence de cette médication.

Nous voyons encore, dans cette observation un exemple de « sortie » de l’hématozoaire de son gîte splénique sous l'influence de la perturbation neurovégétative occasionnée par le choc et les modifications vasculaires qui s’ensuivirent,.

3° Accidents infectieux après choc opératoire.

A côté des observations que nous venons d’énumérer rapidement, doivent prendre place les accidents infectieux notés par différents chirurgiens à la suite

d'interventions les mieux réussies.

(ei TIXIER et P. R. B1Ze : loc. cit.

te, Ve

C’est ainsi qu’on a pu voir, après une appendicectomie banale, une intervention abdominale ou pelvienne réalisées sans difficulté et avec la garantie d’une asepsie parfaite, s’installer un tableau de choc auquel succédèrent des complications pulmonaires, péritonéales ou, dans certains cas plus graves, un tableau de toxémie suivie de mort, L. Bazy voit dans ces accidents la traduction clinique d’un choc anaphylactique chez des malades en état d’allergie consécutif à une infection organique, et chez qui le choc déclenché par lintervention a facilité la mise en liberté de germes vivants et virulents. Et cet auteur conclut à l'intérêt de la recherche systématique de cet état d'allergie par des intradermoréactions chez les sujets qui doivent subir une intervention chirurgicale. Si celle-ci est positive, un traitement préalable en vue d’une désensibilisation permettrait d'éviter ces accidents lors de l’intervention. (1)

À ne tenir compte que du tableau clinique et des constatations anatomiques, le rôle du système neurovégétatif dans ce choc apparaît évident, L’expérimentation nous a montré qu’une irritation mécanique du splanchnique permet de reproduire ce choc et ses répercussions pulmonaires et séreuses. D'ailleurs lon sait combien soucieux se montrent les chirurgiens d’extérioriser et de traumatiser le moins possible les viscères abdominaux, En agissant ainsi ils évitent le

biraillement du sympathique abdominal, créateur de

(1) L. Bazy. Les réveils infectieux post-opératoires. Gazette Médicale de France, 1% octobre 1934.

ro

choc. Or, toute irritation un peu prolongée du sympathique, quelle que soit son origine physique, chimique, toxique ou infectieuse, donne lieu à des troubles circulatoires parenchymateux (ganglionnaires, intestinaux, pulmonaires, etc.) séreux (pleural-péritonéal) qui peuvent favoriser soit le développement d’une infection in situ, soit la « sortie >» d’un saprophyte respiratoire ou intestinal, Une perturbation neuro-végétative semble donc à l’origine des complications infectieuses soudaines qui viennent compromettre une belle réussite chirurgicale. Cette constatation n’est d’ailleurs pas entièrement nouvelle et mérite d’être rapprochée des protocoles expérimentaux cités par Claude Bernard dans ses mémorables Leçons sur la Physiologie et la Pathologie du système nerveux. Le célèbre physiologiste, opérant dans des conditions toujours identiques, signale en effet que le pincement, le tiraillement ou l’arrachement de certains ganglions sympathiques (premier ganglion thoracique, ganglion semi-lunaire) produisent des effets de vaseularisation qui donnent très facilement lieu à des inflammations violentes. (pleurésie hémorragique puis purulente, péritonite avee rougeur de la séreuse et de l’intestin). Ces brèves considérations mettent en lumière que, quelle que soit la cause provocatrice du choc —- injection de vaccin, spécifique ou non, intervention opératoire, tiraillement des plexus nerveux, -— ses Cconséquences physiopathologiques sont en tous points simi-

laires.

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