LES ANCIENNES GALÈRES
I>PR vieilles* It'ptislations avaient placé les intén ts >»H iau\ sous la protection d'uue péiialiti; sanglante. Le luxe des sii[)[)lii('s étala pendant phifieur? sif^cles, en Fianeo, sa liigulut* mise en scène de faotaifliey sans arriver au mxii but qu'on se proposât alors, l'intimidation, Ghimère que la raison humaine, engagée dans les langes de la routine, poursuit encore par d'autres moyens, et dont elle n^obtienilra jamais la conquête, (|uoi qu'elle fosse.
Aux époques où la loi pfocédait par la croaaté, elle fut bien intelligente, biçn inspirée dans Vadoption' de ses moyens. Les arts» la science, lui sont, venus en aide comme auxiliaires et comme coml^ees. Pour elle, ta mécanique inventa des instrumente ingénieux, propres & briser os à os la charpente humaine. La médecine montra du doigt an justicier les agente les plus secrets et les plus puissants de la douleur physitpie. La chimie révéla le degré auquel le métal devait se verser bouillant dans les artères de Thomme, coumic dans un creuset.
l/in1a^ination ;tll;i loin ; nous ne la suivrons {Ms dans ses lugubres enfantements : le bùeher, restni|)ade, la roue, la •^'Tîindr rt la petite torture, avec son code élastique, récarlelcuieut, les fiUeltes du
roiy disent assez ce que notre pays a déposé pour sa part dans le plateau de la justice executive.
Au quinzièine siècle, une réaction se manifesta dans les habitudes pénales» car on ne peut autrement qualiGer cet assemblage monstrueux de règlements qui servaient alors le caprice fiscal et Tarbitraire de la féodalité. . Peul-étie un homme, dont le nom est passé inaperçu comme tant dWtres noms glmieux que Pinsouciance ou ringratitude a oubliés, peut-être un homme, aujourd'hui inconnu, devançant b noble tâche que Howard accomplit trois siècles après, élevap't-il la voix en Êiveur d^une cksse nombreuse .vouée à la longue agonie des cachots, à Timmobilité dégradante et inutile que la chaîne impose, et réalisant à la fois «ne nmélioration pour le cou|mbl(' cl un [Holil (M»tu ia société, obtint-il que le prisonnier eût du travail et lie l'air.
()iw ce ï^ccniii - >n\[ wim à l'humanitr de rctle f;ifon ou d'une nutre, toujours esl-il (pic mts l'époque oii la vicr^H: de Vaucouleurs |)rèt;iit a (lharles VII rappui presque surliuinaiii de son bras, il a|)— paraissant sur les galères du roi de France de nonibR'ux et nouveaux; auxiliaii ts. Sans le bruit des anneaux de fer qui attachaient chacun de ces hommes au banc des rumeurs et révélait une expiation,, on aurait pu croire que c'étaient là de saintes milices sur lesquelles se reflétait un des rayons de l'auréole de Jeanne, et qui, dans leur enthousiasme, venaient d'elles-mêmes offrir leur sang à la mère patrie en danger. C'étaient des hommes que la société d'alors repoussait et qu'elle transformait de reclus en esclaves ; c'étaient de nouveaux colons faits ouvriers, à temps ou à perpéhiité, au port de MarBeille; enfin c'étaient les galériens.
Quand hi paix vint cicatriser les plaies profondes de la France, les rameurs des galères continuèrent à se recruter parmi les hommes que la loi déclarait criminels.
Jacques (lu iii , Targenliei , ((iii paya de .sa ruine l'honneur d'être créancier du loi île France, avait quatre co{[ueHes galères aux rames dorées, sur Ic.^quelles se courbaient ses nombreux galéricus ou fnrsaireit, coïnine on disait alors. Chacun tie ses vaisseaux avaità ia proue une sjiinte image sculptée et jvirée de (leurs, dont il ptatail le nom. C'était d'alioitl la Madeleine, puis s;iiiU Jacques, saint Michel et saint
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Denis. Charles VII fît mtuit basse sur tout cela; il ne laissa pas même une barqiie au marchand fugitif qui avait placé deux cent mille écus sur riujtuiour du roi de Fnitiro!
C*est à datt'i de celic cputjuc i[ue les galèivs déviaient lies lieux de travaux foreés, e'esl-à-dire travaux où la force est lucissaire L'orf.^;uiisation disciplinaire eut lien. Quelqru's hisloncus jHjuseiit qu'aucune loi ne consitcrait encore l'instiluliou des galt'i'cs connue peine, et que ce mode de captivité n^existait que comme coutume non écrite. Quoi qu'il en soit, nous voyons la politique de Louis XI ét;d)lir le nivellement des peines, et détruire le privilège qui accoi^ dait la prison d^Etat à certaines classes de coupables. Sous ce règne, René de Belestar» pour crimes et méfaits par lui commis, est con« damné à être mis perpétuellement aux galères, et s'il échappe, dit Tarrét, a être pris et mené à la Conciergerie, et d*icelle à Saini- Georges perdre la tète.
Sous Charles VUl, nous trouvons un gentilhomme gascon nommé grand dfieier général de toutes les galères, auquel est attribuée la hante surveillance et la direction des chiournies; il tient un registre? des coudaainés, et insent iiitiislinclenient S!ir ses contmles \v iiali'rien qui sert forcément, le galérien de bonne volonté qui échange SI hliorté contre un salaire.
L«'s atlriiuilioii^! des 1)ns oflieiers ou Sdde» sout réglées; lescomcs, sous-conies et argousins fonctionnent.
Li peine des galères établie de fait, toutes les juridictions, quelles qu'elles fussent, la regardèrent comme un centre de correction vers lequel elles avaient le droit de diriger leurs rayons, (le fut à qui remettrait ses justiciables à la chiourme. L'autorité ecclésiastique, qui allumait les foudres spirituelles dans le bûclier dressé pu* le bras séculier, crut aussi avoir dans ses privilèges le droit des galères; mais la soutane se déchira cette fois en se frottant contre la sîmarre, et Tarehevéque de Bourges ayant pris sur lui, en 1 544, d^envoyer a un capitaine des galères deux prêtres quMl lui concédait à perpétuité et deux clercs qu'il ne lui donnait en garde qne
' Nous iliscuicroos |>lu» loin ccue ilvfliiiUoii, donl le sens a dû filrc uiodilii: dan» te», codes nMKic>rQc&.
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pour un temps limité, le parlement s'éleva contre la prétention
ecclésiastique, et le prélat fut condamné à reprendre et à ramener ses quatre justiciableîs, à ses frais, au ris<jue d'avoir son temporel saisi.
A cette époque de l)arl)ari(% la condamnation était toujours ac-— compagnée du fouet vi de la ilctrissiire, et souvent de la mutilation du nez ou de l'oreille. On marquait le coupable d'un fer chaud qui imprimait sur l'épaule les lettres G/tL.
Plus tard, une civilisation qui s'est ti-op glorifiée de ses œuvres, substitua au fouet le carcan, et, au lieu d(> trois lettres brûlantes, elle n*en grava que deux sur les chairs du condanmé, T. F, ou T. P., suivant la couleur du bonnet qu'il dut porter.
Les galères devinrent bientôt la peine d'adoption des cours et tribunaux. Là vivaient péle-méfe le sorcier, le blasphémateur, le fiiussaire, le banqueroutier, Tassassin, le braconnier, le contrebandier, et tous coupables de crimes qualiBés par la jurisprudence bizarre de chaque province.
Souvent la loi était inintelligente, cruelle. Mais, à un certain «Icj^'ie, une liarrière semblait Tarréter. Cette barrière, c'était la cliiourme. Une fois attaché à la chaîne, It; condanmé, quel kjii il liU, Irouvait la fin de si torture, à la condition cependant d'être soumis à la sévérité du a»de réglemenUiii'e.
Les aiu ieunes ordonnances des rois de France ((ui rè«;lent le régime (les cliionnnes contrastent étrangement avec les n'*glenients d'une époque plus civilisée, et surtout avec le code spécial des bagues modernes.
• Une de ces ordonnances porte :
« Les forçats seront entretenus, vêtus et nourris ainsi qu'il suit, à sçavoir : chacun de deux paires de chausses de toile appelées bmgues; une camisole de drap, un caban à manches de dr^, long et ample, surpassant la plante du pied, pour se couvrir, et un bonnet de marine, comme ils ont acooustumés à estre vestus.
« /(«m, lesdits forçais seront nourris de biscuits ordinairement, tant qu'il en sera besoin et nécessaire, et surtout du potige, trois fois la sepmaine, des febves, ris et autres légumes; et à ceux qui Iravailleront eu terre, sera domu-, durant ledit travail, un quarte-
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ron deviii |)ar jour ; et aux iiialados, sera Ixiillé chair et autres choses qui seront ordonnées par le barbier.
«... Que aucuns gens de gallères ne soient si ozcs de Iwllre aucun forçat en gallère. Resené les députez à tel oflice, sus |)eine de trois ans à estre à la chaisne et |>erdre les gages de semblable temps.
« Que les Ixirbiers seront tenus de visiter tous les jours à leurs chaisncs, et fairc leur rapport à leur capitaine, du nombre des malades, et la qualité des maux, afin qu'ils soient pansés et gouvernés. Que lesdits barbiers soient tenus laver et razer lesdits forçats. »
Ces détails sont proprement dits plutôt réglementaires que législatifs ; mais nous arrivons ù Charles IX, et nous allons voir que cVst lui qui a signé la première pièce législative qui mentionne la peine des galères. Cette pièce est aussi un document historique de la bar- Ixirie de l'époque.
M Enjoignons, dit Charles IX, à nos kiillis et sénéchaux, leurs « lieutenants et officiers, chacun en son droit, fain^conuiiandenient « à tous ceux (|ui s'appellent liohémicusou Égyptiens, leurs femmes,
« enianto et aulres de leur suite, de vider, dedans deux mois, nos « royaumes et pays de notre obéissancse, à peine des galères et «punition corporelle; et sUls sont houvés et retournent après m lesdifs deux mois, nos juges feront sur Theure, sans autre • « forme de procès, raser aux hommes leurs barbe et cheveux, et « aux femmes et enfants leurs cheveux; et après ils délivreront les « hommes à un capitaine de no» galères |)our nous y servir TespaGc « de trois ans. »
Sous le premier de ces deux rois, les soins dont les galériens étaient roUjct sont regardés comme une S|M;cu1iilioii de l'iatciél admiiii.slratif. Le motif qui faisait veiller à Ih santé du Cdiui.mnié est le même que celui qui engagf le tolon à consemi son esclave. S'il en est ainsi, pourquoi donc C(4te tradition pratique ne s'est-elle |Ki8 conservée dans les ports de mer? Quand la législation criminelle, pi miTment bien insérée, a eu Theureuse pensiîe , lors de lu refonte du Code, d^appUquer, comme au temps |)assé , le Goupai>le aux. travaux des {lorts , pourquoi donc ne Ta-t-on plus regardé comme une force agissante dont on douhkiit la puissance par une entente bien comprise de ses besoins? Pourquoi s'est-on montré si peu soigneux de cet instrument intelligent, pour laisser croire que Tadministration avait mission , non d'augmenter sa force, mais de la diminuer, non pas de la conserver, mais de la briser.
Quant à Charies IX, appréciant Vutilité des galériens appli(|ué8 an service naval, il avisa au moyen de ralentir le mouvement li-op rapide des libérations, et un édit enjoignit aux juges de ne point condanmer les criminels à moins de dix ans de jM-ine. Les ofliciers tles galères secondèrent si ardennnent les intentions du roi, qu'il 4;tait rare qu'un coupable, à Texpiration de son châtiment, [mt obtenir sa mise eu liberté.
Le capitaine des galèœs etiiil ie maître souv< rain ; s'il était nuisible à ses intérêts de briser la cliaîne du malheureux, nul n'eut étt; assexosé pour le faire. L'abus alla si loin, que Henri 111 (It sévère défense aux capitaines de retenir les forcate au delà du temps lixé pour leur peine.
Si Cliaries Vltl avait au fond une intention d'intérêt ]icrsonnel en exigeant que les forçats . fumant convenableuK*nl traités, il y
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avait ail inoins là une [mlitique adroite; s*îl voulait faire tourner à son prolit la sueur du galérien , il savait au moins recouvrir son astuce d'un apparent intérêt. La conduite de Charles IX est plus conforme à Fidée que Thistoire donne de lui ; son despotisme brutal, sans détour aucun, il Pa appliqué aux forçats comme à tous les actes de son gouvernement. C'est donc Henri III, d'immorale mémoire, à qui les forçats d'alors durent de n'être pas retenus an delà du temps fixé pur la condamnation ; mais peut-être avait-il aussi une intention secrète et non moins personnelle que les deui autres ; ce sont de ces contradictions dont fourmille l'histoire du monde : en un mol, les hommes placés au sommet des aflaires, on le voit, sont justes, bons ou cruels, selon que leur intérêt leur dicte d'ôti'c l'un nu VniifiT.
S<.)us l.oius lui cirri' la cliar^'i- d'auniAnior ^^ciRTal des galères, et f^iuri'ttl de Vanl rui ic titic. (le n»' fut |)as sfijlcim'ui |ioiir lui une gi-nnde inissioa de cliurité, niais un mandat civil qui prit si force dans un saint enthousiasme et qui tourna à l'aniiélioration du régime des chiounnes.
Vincent de Paul, fenent a[M)lre et sévère inspecteur, devint le consolateur et le directeur de cette classe proscrite dont il ne désespérait pas. On écouiiit avec respect et confiance le prêtre modeste dont la parole se mettait au niveau de l'intelligence , et le blAme allait droit à l'oreille de chacun. On bénissait la présence de l'homme puissant , contrôleur inflexible et clairvoyant qui avait le droit d'ordonner qu'on fit bien, et le privilège de dire an roi ce qu'on faisait mal.
L'histoire a conservé un trait de Vincent de Paul, à l'époque où il faisait ses tournées en qualité d'aumênier général des galères.
C'était en 1622 ; Vincent partit incognito pour Marseille, afin de mieux s'îissurer par lui-même de la situation dus chiuiurnes, de l'élal des condamnés, ol jK.ui se (It rolu r aux liomieurs que les subaltniirs ont i-oudiinc de rendre à ceux d<mt ils veulent ti'umper la dairvoyanre on séduire la vérité.
Vincent de Paul allait de galère en galèiv, il s'arrêtiiil jwiir tt)ut voir, tout entj'udre. H aperçut un forçat nouvelleinent arrivé et dont la douleur s*e\halait en sanglots. C'était le chef d'une nom-
s LES RACNKS.
breuse et |>aiivre fainillo mîuite à la inisôrc et à l'abandon |>î»r coWv condamnation, qui avait « fc l)iijsque et n'avait |>as laissé à l'atuisc le temps ni la possibilité de se procurçr les preuves de son iuno~ cence.
Vincent de Paul se li>Te à son magnanime enthousiasine, et, <biU8 lexcès de sa cbarité, il substitue, avec l'agrément de Tofficter» à la place du galérien. On a du k ho à mettre en doute ce fait, mais les preuves ont été produites lors de Tenquéle pour la canonisation de rhomme qui ouvrit le premier un asile aux enfants abandonnés. Ce dévouement semble un lait tout naturel à ceux qui comprennent la nature presque divine de Vincent de Paul, Quant au droit de remplacement d*un condamné, qu*on a contesté, il n^est pas invraisemblable qu*il ait existé au seizième siècle, puisqu^au dix-neuvième il règne une tolérance qui sera peui-^tre encore plus inexplicable pour les historiens à venir, c*est la faveur dont jouit rhomme riche, d'acheter Vhomme pauvre, qui va acquitter à sa place la dette du sang que tout citoyen devrait payer lui-même à son jwys.
Quand l'œuvre d*émaiïci])alion iiiarilinic dp la France commencée par Richelieu s'arooni|)lil s<ms \c iiiiiiislric de (Inlbert, il fallut creuser les roches et les grèves cjui , sous le nom de Hocheiort, Biest, Toulon, allaient devenir de vastes chantiers de construction, de fonaicbbles arsenaux ; on pensa à utiliser le personnel des ba~ teaux à rames remplacés par des nûsseaux de haut bord ; les galériens furent aiïcctés aux armements et désarmements, au creusement des bassins, aux constructions des quais et des cales, et on les enferma provisoirement dans de vieilles carènes ou sur des pontons.
Et quoique les bagnes n'aient reçu une or^nisation définitive que sous Louis XV, et que le matériel des galères n'ait été transporté de Marseille à Toulon qu*à dater de ce règne, il est plus que probable que les condamnés aux galères furent employés précédemment anx travaux des ports.
A cette é|M)que, comme du temps de Louis XI, on vit souvent le noble mis au même l>an que le criminel de hjis étage ; et nous en avons une preuve dans Haudiqiier de Blanc<»mi , raiiicur du iN(»-
biliaire de Picardie , homme trop y&nà pour son malheur dans la science héraldique.
Haudiqner de Blancourt, fortement épris d'une dame d'asset haute lignée , s'avisa , |>our rehausser encore Tiliustretion de Tobjet de sa passion, de faire une incision illégale sur Tarbir généalogique d'une ij^rande famille, et il y grelTa en approche le nom de sa pi-ouyée. L'exjMM't en blason lui pris m faute et condamné. Mieux valait alors falsilier les jKircbemins iiolnliaires que dr combattre le roi la pliiiiic à la main. Ilati(ii(|uri <li> Hlancourt fut nntins uialtraité qu'un ga/.(>ti<M de Ilollundc dout nous dirons l'iiistoire quand nous parlerons des oublirtlos âu Mont-Sjunt-Michel.
Quelques années après, le parlement lit œuvre de courlisati et s'associa au stmtimeiit de pénitence dm vieux roi en offrant en holo» causte l'ofikier de boncbe Rnmini.
Ce pauvre diable, enfermé au Chàtelet pour quelque peccadille, s'avisa de tenir un propos qualifié irrélig;ieux. Dénoncé, il dut laire amende honorable devant l'église Notre-Dame de Piaris, portant sur la poitrine et sur le dos un ocriteau sur lequel on lisait : BU^^ma' UuT 9i impie erifrable. Un fer ardent lui perça la langue, et le bagne le reçut.
Aux ]wemières phrases de VHiaotre des Bagnet^ la grande \mR%ià de Louis XIV devra se voiler. 11 y a de larges taches qn*aucun reflet
de gloii-e n'eiïace, qu'aucun nuage d'encens ne peut masquer. Las archives des vieilles chiourmcs sont chargées de nombreux enrôle- Micuts au lUÉÉiplc de l'intolérance religieuse. Là sont burinés les nowis de bien ilcs vicliuics marquées |Ktr \v It r des dra^nimmies. Le bagne devint randiidancc du cimmp de bataille cal\ iiMst<>.
Des arènes aux galères, le fanatisnie reli-^irux tr;iea uiu' li<;ne de sang. Le temps aurait pu reiïacer, si la justice ou plutôt la passion politique n'avait pris souvent à tâche de la raviver.
On n'est pas d'accord sur U signification du nom donné aux établissements exceptionnels que nous décrivons*; mais, selon une opinion assez généralement répandue, ce mot est d'origine italienne. Bagno désignait les bains du sérail de Gonstantinople, près desquels était la prison des esclaves , et ce nom se serait étendu à tous les lieux de réclusion des Etats barbaresques.
lu LES BAGNES.
M. le docteur Lauvergne, dont DOua aurons plus d'une fois occasion de citer le nom honorable et de rappeler les savantes études physiologiques, pense que ces élabliasements ont pris leur dénomination des vieux yaisaeaux qui alors tenaient lieu de prisons et qu'on échouait à dessin. Alors bagne ^ provenant de Tancien mot provençal bagna, qui signifie mowUij s'ajoutait naturellement au mot priioM, et, ponr les distinguer des autres, on les aurait appelées priions mouiUées.
Une ordonnance de 1 748 constitua les bagnes sur des bases régicmentaircs qui ont pen varié jusqu'aujourd'hui, à une inoditication près. Du moment où I»' condanuié cessa de vivre sur les galères t'I (|u'il dut lofrer à terre nii sur des |)ontons, le princijKî de Tiiisfitution fui modilii". L'a^-floiueralion , d'alM)rd éNilce, fui admise en pratique; 1rs ^riiiuK s coUections de condamnés amenèrent TétahlissenitMit de vastes chambrées de cinq à six cents détenus, et dans un seul port de gueri*e on compta plusieurs milliers de for<;ats. Je prends note du fait sous Taspect historique; plus tard, le commentaire viendra.
Alors s'oi|;ani8a la gérance administrative de ces grandes agglomérations. La marine avait eu la garde des galériens quand ils étaient rameura, on trouva logique de lui confier leur surveillance quand ils furent devenus ouvrière. On les lui donna en nombre dont elle devait compte, et cela une fois réglé, elle put disposer du coupable comme de sa chose. Ce fut un instrument qu'elle put utiliser comme bon lui semblerait, et sHl arrivait qu'il se brisât par la torture ou par la mort, c^était une unité de moins dont elle recevait quittance. On n'en demanda pas davantage à la marine, et elle n'eut garde de faire plus qu'on ne lut en demandait, et cet état de choses dure encore.
Sous Louis XV s'est présentée de nouveau la question de rcmplaccinciit eu matièri» de réclusion.
Le premier exemple , donne par la charité chrétienne, inspira à la piété filiale un noble dévouement.
En France, depuis la révocation de l'cdit de Nantes, les protestants, forcés de cacher leur culte, se réunissaient près de >iimes, dans un lieu retiré nommé le déwrt.