‹ Les bagnesChapitre 24 sur 66 · TOULON. — LE PORT VU AVEC UN PLANTON · texte numérisé non relu

TOULON. — LE PORT VU AVEC UN PLANTON

J'ai dit les premières tlillitull( s que jn rencontrai quand je visitai le bagne de Brest, et je dus alors à quelques ruses que le hasard protégea, et depuis à quelques circonstances particiilièreSi d*avoir recueilli des notes exactes à l'aide desquelles j*ai composé ce IWre.

L^écrivaia qui voudra étudier les bagnes et leur population trouvera cependant moins de difficultés Insnimonlables i Brest que dans toute autre localité. L'accès dn port est facile^ la consigne qui prescrit aux étrangers l'obligation d*nne permission peut être éludée avec un peu d'adresse et de précaution. 11 est plusieurs moyens que je ne puis indiquer ici, mais que l'aspect des lieux inspirera, qui faciliteront Tapprocbe des condamm's. L'éfendnc du terrain sur le» (luelles forçats travaillent, el qui se prolonge a près de deux kilomètres sur le ruisseau de Penfeld, est coupée d'espace en espace par des portes où l'on trouve assez facilement passage, malgré la stirveiilanoe des g^des-portiers.

Le condamné peut» je crois, s'échapper plus facilement du port de Toulon que du port de Brest; mais le curieux et l'homme d'étude s'introduiront plus difficilement dans Tarsenal du midi qac dans oelnî del'ouest. Je fis l'expérience des difliailtés dès muu arrivée à Toulon, et si des incidents fortuits ne m'étaient venus en aide, je

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serais encore h me promener au pied de la muraille de la oorderie qni limite la place d* Armes, suivant à travers les nielles étroites quelques forçats chai^gés «de fers et conduits par des gardes-cfaiourmes au cabinet du juge d'instruction.

Il n*est pas rare de faire de ces rencontres dans les rues de Ton- Ion. Quand les condamnés ne sont pas dirigés vers le tribunal, ils vont en escouade travailler à Thèpilal ou dans d'autres localités dépendantes du service maritime. Si uu regard se porte sur eux, ce ne peut être que celui d'un étranger, car l'habitant de Toulon n'a jamais arrêté sa pensée sur un forçat ; c'est pour lui une cliose moins qu'un être ; il a coutume de laisser passer avec une profonde indifférence la veste rouge , le bonnet vert ; cl à TexcepUon d'une petite chevrière que j'ai tu arrêter en plein jour son troupeau

pour donner gratis à nil vieux condamné une tasse de lait, je n'ai jamais remarqué dans la population aucun signe qui trabti le mépris, l'inlérôl, le dégoût ou la pitié causé par le galérien.

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