I.AlMONiKK D'UN BAGNE, ETC. 2fi
dans lequel probablement il y avait une victime, on m'a répondu :
M. le procureur du roi de Toulon a promis de s'en occuper
après les vacances.
L'aumônier est cbaque jour le soutien des condamnés, il remplace pour eux la société et la famille; il leur prodigue la pitié, les soins, les conseils. Je craindrais de soulever le voile qui cache les mystères de charité qui remplissent tous les moments de la vie de M. l'ahbé Marin. L'obscurité dans laquelle il vit lui est chère; c'est un bien dont je ne chercherai pas à le dépouiller.
Je cesse de parler de l'aumônier du bagne, cependant il reste des vœux à exprimer pour que Tadministration seconde mieux le dévouement du prôtre; elle n'a pas assez fait, en élevant une chapelle aérienne sur un des bagnes flottants, il faut au moins que les condamnés puissent y venir quelquefois, même aux heures des travaux.
M. LE COMMIS^AIIU: DU BAliNK DE TOULON. — DIVEKSES LOCALITÉS. — CELLULES. — CACHOTS.
M. Fabbé Marin m'ayail engagé à entrer en relation avec M. Théodore Bonjour, commissaire des chiourmes; il m'avait fait espérer
que je trouverais accueil pivs de lui.
J'avais appris qu'à répoqne de la noinînalion de cet adinnnstraleur aux fouctions difficiles qu'il remplissait, le bagne de Toulon aTaitété quelques instants en péril de ne point avoir de chef. Le commÎMariat des chiourmes ne sédnisait aucun commissaire^ et il fallut du dévouement pour ^*un homme consentit à gagner par la direction d^un bagne le grade civil supérieur auqoel il aspirait.
M. Théodore Bonjour sacrifia sa propre répugnance au bien-être de l'administration : son activité, son énergie et sa haute intelligence devaient lui rendre moins difficile qu'à tout autre la tâche qu'on lui présentait; il accepta : et maintenant je tiens de lui que ces fonctions ont beaucoup perdu dans son esprit de ce qu'elles pouvaient avoir de répugnant. 11 s'est mis à étudier Fbommc dans son abjection; il a interrogé les époques de routine pour voir s'il de pouvait pas ouvrir quelques voies de progrès, et plus d'une semence jetée par quelques-uns de ses prédécesseurs est devenue féconde grâce à sa persévérance.
Digrtized by Googl
H. LE COHMlSSAIttE DU BAGNE DE TOULON, ETC. Wt
^Wrasaaî las premières livraisons de mon livre à M. Bonjour. Il ni^honora d'une visite, el je fus à même d*apprécier les vues
larges et logiques dé cet atlniuiisUiileur.
Je regrellai peut-être do (roiiver M. le commissaire du bague TouloD un peu partisan de cette doctrine bureaucratique 4|ui sVmpare exclusivement des pensées et des projets d'un chef au profit de radministration, et fait des cartons du ministère un mystérieux et inviolable dép6t ou viennent s'entasser sans profit les résultats de l'expérience* Mais cependant si M* le commissaire du bagne de Toulon ne prend pas l'initiative pour révéler les abus que le temps ou rexercice ont introduits dans le service des chiourmes, il les apprécie avec franchise et ne cherche pas à les masquer quand on appelle sou atteution sur ces graves matières.
M. Boa jour, à la pensée de ces rêves utopiques qui menacent d*ébranler tout le système pénal , répond comme tout homme de bonne foi et d'expérience : «Il est dommage qu'on détruise l'institution des bagnes sans qu'on idt encore sn ce qu'elle est» et ce qu'elle peut être. »
Et, à ce propos, je disais que j'avais eu la patience de réunir, comme en collection, les plaintes banales formulées contre le régime des travaux forcés, et que je mettais en fait que chaque phrase avait été copiée sur le manifeste précédent. Peu de gens ont vu les bagnes. Tout ce qui a été dit l'a été sur la parole du premier inscrit; on a un peu plus ou moins brodé, mais la pensée a toujours eu le même cerveau pour berceau. Je discuterai ce fait plus loin.
Je dis à H. Bonjour mon intention de continuer les études sur les condamnés et sur le régime des bagnes, commencées quelques années auparavant, à une époque où il n'était jias encore venu à la pensée de corriger tout ce qui existait, par une destruction générale. Ce ne sont point des faits excentriques que je viens recueillir, - lui dis-jc, ce ne sont point les grands scandales des fortuits célèbres, ce sont les actes les plus habituels dont je prends note ; je ne prétends pas cependant m'astreindra à une réserve trop scrupuleuse y car le bagne ne se révèle guère que par l'homme qui y fait sa demeure; et si on eu fait un élre de raison, si on ne le prend pas dans ses mœurs, dans les lieux où il est de passage, on risque de
tirer beancoup de fauMM eÔDséquences des feits que rîmagination produit. Peu d'écrivains étudient comme le médecin sur le malade... il n'y a que là cependant où il peut y avoir enaelgneraent
utile.
On a abusé do confidenc<>R faites h voix basso, me dit M. Uoiijour, et j'ai à regretter que des noms de coupables presque oubliés aient été jetés de nouveau a FaTidité publique, te condamné, avant de venir au bape, a subi une première exposition, les jonr^ nanx et les crieurs ont souvent répété son nom à satiété, eh bien, moi, je me sois fait un devoir de ne pas prolonger, autant qu'il est en moi, la mise en spectacle d'un condamné : plus un homme a été élevé dans le monde, plus son luimiliation est grande si l'administration se fait un cruel passe-temps de rexhihttion.
Tous les coupables une fois frappés par la loi sont égaux à mes yeux; je ne m'oppose pas à ce que les regards cherchent les plus ^nds criminels et les devinent, mais je n'aime pas à servir la curiosité quand elle n'a pas un motif sérieux d'étude*
Je connaissais déjà le personnel hors ligne de Toulon ; mes édaireurS) les gardes-chiotormes et quelques contre-mattres me l'avaient indiqué. Je fis de faciles concessions aux scrupules de Tadministf aliun, et nous primes rendez-vous pour faire une visite dans toutes les localités.
A quelques jours de là, je rencontrai M. le commissaire sur la place d'armes, et il me dit en venant à moi : J'ai parlé de votre séjour à Toulon à M. le préfet maritime, je lui ai fait part de vos intentions de visiter le bagne : « Laisses entrer cette personne partout où elle voudra, m*a-4-il répondu , nous faisons le mieux que nous pouvons, et nous ne craignons pas la vérité ni la lumière. »
Cette parole de M. le vice-ainirnl Haudin et renipresscmeri t fjnr je rencontrai dans M. le commissaire des cliiuurmes me niireul à mon aise, et il ne me fut plus nécessaire de chercher les moyens de visiter par contrebande les lieux que Ton m'ouvrait avec empressement.
M. Bonjour avait prévenu mes désirs, et pour le cas oà je ne devais pas le rencontrer à son bureau, il me remit une carte à la
M. LE COM.Mi^SAlUE DL' BAGNE DE TOULON, ETC m
vue de laquelle Tadjudant en chef des cbiounDefl devait me conduire dans rintérienr dessaUes.
MuDÎ de cette carte, j*allai demander une pcrmissioii d'entrer dans le port; cette fois lasérérité admmistmttve ne m'infligea pas mon plunlon, cl je fus aulorisé à aller juscju au hagnc avec un gendarme. I.c gendarme auquel je présentai mon laisser-passer se contenta de me saluer, et se dispensa de m'accompagner.
Eo toute liberté, celte fois^ dans cet immense caravansérail où rinfiagtnation respire à Taise, où les r^ards sont comme égarés, tant il y a de variété dans les richesses, dans les natures, dans les sites, dans les individnalités ; tout à la fois, le bruit des vagues s'éveille, le sifflet de la manœuvre crie, le tambour des ehionrmes bat, le cliquetis de la chaîne frappe sur la dalle, les cent bras dès iorgerons attaquent lo fer, le soldat, Touvrier, le matelot, le forçat, tout cela vous entraîne dans son Ilot et vous porte jusqu'à sa source, qui est une caserne, un cbaniier, un navire ou un bagne.
Les premiers condamnes que je vis assis au soleil étaient des Bédouins. Toute la population du port était en ce moment active, occupée* L'Arabe seul avait le privilège du repos. En laissant à cette nation son culte et ses mœurs, peut-être auraiMm aussi bien lait de loi laisser ses lois*
Ix bagne, tel que le fait la pitié administrative aux Arabes, offre un grand contraste avec les galères auxquelles les Algériens ont plus d'une fois envoyé les Européens.
Si les Arabes détenus à Toulon comparent leur position à celle des chrétiens qui, à diverses époques, furent enfermés dans les bagnes d'Alger, ou de Tripoli, ou de Maroc, ils doivent de grandes actions de grâces à la civilisation, qui ne consacre pas la loi des représailles.
C'était une chose horrible qne le bagne des États barbaresques. L'n voyageur en .i liacé ainsi le labieuu avant roccupaliun d une partie du littoral par la France :
« Qui ne conuail pas l'état de servitude, qui n'a jamais vu ce qui se passe à Alger, ne soupçonne point à quel degré d'avilissement peut arriver Tâme humaine sous le poids de la misère et de l'abattement. J'ai vu à Alger plus de seixe cents esclaves : plus de cent
â70 LES aAGMËS.
«uccombenl chaque aooée au désespoir on à l'excès des faligoes. Renfermés tous les soirs dans un hagnê, ils couchent sur la terre, nos, exposés au vent et à la pluie. Dès le point du jour, leurs gardiens les éveillent à coups de rotin , et les conduisent comme des
troupeaux à leur pénible lâche. Les uns sont employés à Tarsenal, où la jiioindrc faute leur altiic lvhï coups de bâton sous la piaule des pieds; d'autres, comme des bcles de somme, sonl coïKliuinies à délachcr, à transporter d'énorme^i roches, qui les éciaseul souvent de leur poids. J'ai vu plusieurs de ces infortunée retournera la ville, mutilés et sanglants. J'en ai vu tomber sur les chemins^ refuser, par faiblesse ou désespoir, de se relever sous le fouet de leurs bourreaux, et attendre dans Timmobilité la mort qu'ils imploraient.
« Ilyu quelques années, vivait encore dans un hospice de Paris un vieillard nouiiné Dumont, qui avait subi une captivité de trente années dans les bagnes d'Afrique.
« Pierre Du mon tétait entré jeune encore au service du comte de MonLmédy ; il s'était embarqué sur le brick le Lièvre^ chargé d'aller, en 1782, vers le comte d'Ëstaing qui observait Blahon à la téle d'une flotte. Une violente tempête jeta le brick avec tout l'équipage à la côte entre Oran et Alexandrie. Quelques naufragés se laissèrent égorger, d'autres opposèrent une courageuse résistance, et, Uu ce combat inégal dans lequel Duuioul vit périr son ujailre, il n'échappa que trente blessés. Uiiniont lut de ce nombre, il avait reçu un coup de lance dans le flanc, et une balle à la jambe, outre quelques coups de sabre à la téte et sur les épaules. Le lendemain les Arabes vinrent chercher ces infortunés et les attachèrent ù la queue de leurs chevaux; on marcha aiusi pendant huit nuits de suite, campant le jour dans les bois, et Ton arriva le neuvième jour à la montagne de Félix, demeure du cheik Osmon, dont le bagne et le sérail ne se peuplaient que de naufragés. Apprenant que les captifs étaient Fraudais, il dit : « Français sans foi, sans loi, malins et diables; » puis il les lit mettre à la chaîne. Le leudeniain, après les avoir déshabillés, on ne leur donna pour tout vêtement qu'un court jupon de Inine à la manière écossaise, puis ou les attacha deux à deux par la cheville à une chaliie longue de dix
M. LE GOMMlSSAinE DU BAGNE DE TOULON, ET€. f7l
\m'd& et pesant soixanlt» livres. Dumonl fut ensuite conduit au lingnc/ 011 il devait subir tourments qui semblent an-dessu.i des forces humaines. Au milieu de tant de douleurs, de privalions et de la plus révoltaote malpropreté, accablé de travaux qoi n'avaient point de relâche, il guérit de ses bleatiures et acquit un tempérament dont la force semblait défier la barbarie de ses gardiens. Trois épis de blé de Turquie devaient suffire à sa nourriture de cba«]ue jour; cultiver le jardin du cheik, couper du bois, défricher des montagnes, tirer la charrue oii il était attelé avec sept on huit paires (rt sclaves, telles étaient les occupations auxquelles DuiiioiU iul conciamné. (IVtait peu pour lui et pour sus inlorliuiés compagnons d'être sans cesse exposés à la bastonnade et à des coups de fusils chargés à sel, ils risquaient souvent d'être dévorés par des lions et d^autres bêles féroces. Us n'avaient de répit que pendant les prières que les Arabes adressent deux fois par jour à Mahomet et dont chacune dure dix minutes. 11 en profitait, lui et ses compagnons, pour voler les bestiaux, les fruits, les légumes, même le blé qu^ils rencontraient en leur chemin. San<; ces larcins, ils seraient infailliblement morts de faim. Dumonl raconte le plaisir qu'il éprouva avec ses compagnons à d/Tober un mouton qui les régala pendant huit jours. « Nou^ lui arrachâmes la tête, ditr-il^ iaute d'instrument tranchant, et commençant la fête parles intestins, qui devaient être dans l'état que chacun s'imagine, sans noaa embarrasser des coups qui plenvaient de toutes parts. Le sang ruisselait sur nos corps; les AMaJs le recueillaient avec leur doigt et le portaient à leur bouche, en s'écriant : « Que le sang des chrétiens est doux ! »
«Quelquefois si nous rencontrions en chemin une moitié d'ours ou de sanglier déchiré par les tigres ou les lion^, nous deniandionsla permission d'achever leur rebut. «Oui, mange, chien de chrétien, répondaient les XoubaU: alors nous nous disputions cet horrible partage. » Sa barbe avait tellement crû , qu'elle lui descendait jusqu'à mi-ventre; sa peau, sans- cesse brûlée par le soleil et sillonnée par les coups , était devenue couleur terreuse. 11 avait \e3 mains s» remplies de callosités, qu'il n'aurait pu les fermer même a moitié. t.a plante de ses pieds était devenue une
m LES BAGNES.
espèce de corne plus épaisse que celle des cfaeyans : « On aurait pu nous ferrer sans douleur, » dit-îl. L^énergie avec laqnélle Du-
rnoiil supportait les mauvais liailomonts ravaiciil fait presque respecter dr sos p^nnlps. « Je chantais |)n>s(|M(' toujours quand j'étais rossé, et- qui m"(îpargnait une bonne moitié de la correclioo journalière. Celui-là ost de fer. disaient mes gardiens, il estinu* lile de le toucher. » L'n prince de Maroc étant venu à la monlagnCy Dumonl se chaigea de lui demander une gratification an nom de Ées camarades. Le prince Toulut, par Tappât des richesses, rengager à changer de religion : « Non, répondit Tesclave français, je veut mourir dans ma religion : celui qui renie sa loi n'en connaît aucune. — 11 a raison, » dit à haute voix le musuhnan; puis il tira cent seqiuns i^milltï francn) de sa poche. Dumont s'empressa de partager la somme entière avec ses compagnons, ne se réservant que cinq seqnîns pour lui et pour son camarade de chaîne. Le ITiili, un de leurs gardiens, Toulut, i force de tourments, lui extorquer cette somme; en vain pendant toute une année il Faccabla de coups, sans l'épargner un seul jour, Dumont perdit toutes ses forces et résolut de mourir; mais bientôt des accès de rage lui rendirent son énergie, et d'un coup de pierre il creva l'a'il a s hi bourreau. Conduit devant le maître, il n'échappa à la niorl qu'en pn'-ljint au Kaïi un blasphème contre Mahomet; il fui seulement condamné à la falaquef supplice qui consiste à avoir la main brisée à coups de ' bftton ; pour le Kail, il fut pendu à un arbre. Ramené h pied vers le bagne, Dumont fnt occupé pendant un an à tourner avec la main droite une meule k repasser les outils; quant a sa main gauche qui avait été si cruellement maltraitée, la guérison s'opéra. Dumont était depuis trente-trois ans dans les forts des Koubals, lorsqu'une guerre s'alluma entre eux et le bey deTileri vers le mois de septembre 1815. Alors Dumont trouva nu^yen de s'échapper avec 300 de ses compagnons. Ils furent conduits à Alger, où leur captivité fut assez douce. « Je me croyais, dit-il, dans le pays de Cha-> oaan. » Enfin an mois d'août 1816, lord Exmouth, après avoir bombardé Alger , fit tomber les fers d*nn grand nombre de chrétiens. Lorsque Dumont apprit sur les vaisseaux anglais les événements de la révolution française , il crut d^abord qu'on
M. LE COMMISS VIKK DU IIAI,.NL l) i: iOl I.ON, KTC. 275
voulait sV'gayor à ses dépcus et il ne fut détrompé qu'à Marseille.
« Domont revint à I^iris après 39 ans d'absence ; il ne rc- IronTa de toute sa famille qu'une soeur dans la dernière misère et une autre parente âgée de 90 ans. Cet homme se trouva exposé à toutes les horreurs de Tindigence, il était réduit à ramasser dans les marchés les débris des légumes et les mangeait à Téfat de crudité ; enfin la pitié publique lui vint en aide et lui ouvrit un asile. »
A l'heure à laquelle j'entrai dans le port, les coiuianinés quittaient leurs salles. Assis en dehors, prcs dos ateliors, j'assistai à la défilée. Près de deux mille forçats passèrent et jetèrent tour à tour sur moi un regard dont l'expression eût été curieuse à analyser.
Un étranger seul, sans planton ni gendarme, c'était une infraction aux usages de la localité. Tous les yeux devaient l*inteiTOger. Ce pouvait être un parent qui venait consoler un coupable ; ce pouvait être aussi un complice hardi qui venait là converser à l aldr (le quelque signe iiiystcrieux il allilialion ; peut-être était-ce un huinnic de police qui, dans cette niasse compacte, avait à chercher un coupable d'un crime dont les assises ne lui ont pas demandé compte une première fois. 11 y avait dans l'expression du regard de tous ces hommes qui se rendaient aux travaux une question plus ou moins hardie qui 8*adressaità moi; et dans cette marche lente et presque processionnelle, je tenais chaque homme sous mon regard, ou plat6t il me tenait sous le sien pendant l'espace de quelques secondes. Grand nombre aussi passaient comme des s|)i I très sans nul souvenir apparent de la vie; rien de ce qui rattac liait à elle la pensée n'avait d'action sur leur curiosité.
Je ne suivrai pas les cuudamués à la grande fatîj^ue ni dans les ateliers; j'ai déjà décrit ces travaux. Seulement je doh dire que, pendant ceti» promenade, sans escorte dans le port, il y eut un moment où je désirai vivement la présence des publicistes qui représentent kl fatipu comme un labeur facile et sans péril, et qui lui comparent les ouvrages manuels exécutés dans les maisons centrales*.
ment, lombèreal à la mer avec leur» chaînes : dix for^aU se uojèrcoi.
i74 LES RAGNES.
Sur un des (jiinis du |>oii, six taiiots de forer attfn<laH»nl les condamnés pour les transporter au Mouritlon, au Castigneau cl autres localités où leur service était nécessaire. Le mistral soufflait avec Tfolence; je demandai à un garde-cbioarme malgré celte tourmente, les forçats s'embarqueraient comme d'habitude.
« Lé service d'abord, me répondit cet homme; et d'ailleilrs»
ajouta-t-il, il y a des gardes-chioiirmes avec les condamnés. »
Oiioiqne celle di^riiii rc raismi ne fût pas très-concluante à l'éjj;ard de la m rcssité de rcinbaï quement, je m'en contentai et j'approchai du quai où se trouve l'issue du port sur la petite rade. Cinq canots reçurent à peu pr^s une centaine de forçats rameurs, le garde^hiourme se plaça à Tarrière, et au commandement» les rames se dressèrent, puis s'abattirent, et on se mit en devoir de lutter contre une mer déchaînée. Il était facile de voir que la plupart de ces hommes manquaient d'expérience; parmi eux îl y arrait même des nouveaux venus; ils faisaient leur apprentissage, et la manœuvre par le gros It'iiips l'iail loin d'être satisluisantc, et brisait vainement les nicinlii cs do cos mauvais matelots. A plusieurs reprises il fallut prendre terre. Le garde d'un des canots voulut régler le jeu des rames, en enseignant ce qu'il ne savait sans doute pas, et il se serait infailliblement noyé, s'il n'eût été retenu par les canotiers. Enfin la traversée, qui d'ordinaire est de quelques minutes, dura près d'une heure. Qu'importait la tiempdte, c'est Taiguille qui règle le travail et que les chefs consultent. Avant do demander vingt couples de condamnés, ils s'inquiètent peu de savoir si le vent est sud-esl ou nord-ouest. J'ai eu sous les yeux une pièce administrative assez curieuse, elle attestait le peu de soins qu'on a des embarcations des condamnés, et le peu d'u-* sage qu'elles pouvaient faire; quant au peu de soins des hommes et de leur peu de durée, le chef de service ne paraissait pas le moins du monde en tenir compte.
Quand j'arrivai au bureau de M. le commissaire du bagne, je le trouvai disposé à m'accompagner dans toutes les localités.
« N(uis allons, me dit-il, si bon vous seuilde, laire une grande et uiiuulieuse inspection. »
H. LE COMMISSAIRE DU BAGNE DE TOULON, ETC. 878 Les premières localités que nous visilânies étaient désertes, leur population était dî^éminéc dans le port; mais au premier coup
d'œil je pus juger r.'ulministralcurqui me servait de cicérone. Dans chaque salle, en regard du condamné, le code des eliiourmes e§t afOchc en caractères coloriés qui ne pernieltenl niéiae pus aux ignorants de l'oublier. Àflicher la menace du châtiment près de l'homme si enclin à encourir les rigueuro du code disciplinaire, est un usage qui date du temps des vieilles galères ; plus tard^ on mit près de ce placard la taxe des aliments que le condamné peut se procurer de ses deniers chez le frieotitr; mais ce qui appartient k radmînistration nouTelle, c'est Falliance de ce qui console avec ce qui elïraie, c'est le contact de doux puissances, ruspérance près de la crainle. la clémence piis de la sévéïilé.
Là, sur chaque mur, un cadre saillant et coquet contient les noms des coupables que le roi a graciés après de longues années d'expiation ; et près d*eux, dans un cadre à part, le nom de Posfo/e apparaît visible à tous, comme un symbole de la paix faite entre la société et le coupable qui rachète sa vie par le repentir.
Postole était un forçat; il avait été coupable, et cependant son nom s'est mu par la gloire et par la vertu aux hommes (rélilc dont le 1)011 MoiiUijon a fait, après sa mort, une sainte et fraternelle légion. Je dirai ailleurs riusloirc de Foslole^
M. le commissaire Bonjour a compris la nécessité qu'il y a à montrer toujours à l'homme du bagne ce que le bagne a pu produire de bien. C'est en rendant impossible l'invasion de cette idée, il n'y a plus d'espoir, qu'il est parvenu à soutenir chez un grand nombre une pensée d'avenir.
En passant d'une salle dans une autre, le commissaire fui accosté pur un otlicicr supérieur li au régiment (h* ligne, que conduisait nn ^ardc-chiourme. Cet ol'tieier avait l'air profondément ému en parcourant cette localité. Il sollicita la bienveillance et la pitié du commissaire du bagne en faveur d'un soldat de son régiment, qu'nn acte d'insubordination avait fait galérien* « Mon Dieu ! monsieur le commissaire, disait cet officier dans son langage un peu brusque, tous les jours un bdufgeois envoie au diable un juge
de paix, et le coupable en est presque toujours quitte pour une
réprimande on pour une menace d'amende non suivie d'effet, tandis que le pauvre diaMc qu'on arraclu' à sa charrue, que le reiTutenienl fait soldat et qui est obligé, du jour au lendemain, dise façonner à la soumission militaire, s'il jette une injure à la face
de son chef, le voilà au boulet ; s'il le menace, il est envoyé aux fers. Singulier régime pénal, que celui qui couvre de la même livrée Thomme qui a commis Tassassinat, le vol, et celui qui a
laissé échapper une parole imprudente; affreuse association que celle qui réunit dans le même lieu l'homme (Ktnl la société a peur et contre lequel elle so tiendra toujours eu garde, et riioninir qu'elle accueillera lors de sa libération, comme s'il venait de iaire un voyage *. »
' Le* soldats cftiulnmncs nin fravau.r puhlirx snn( «'inploy»". <nil k îles travaux mililairps, soit h dos lr:nnu\ civils, il.ms les Irn-alilcs noms |,i •.iir\i illi\ncc du miui»ii*rc dr la {guerre. Loï soldat> cond.inmcs aux fers ^nnl snils dau!> lo^ hagin's.
H. LE COMMISSAIRE OU BAGNE DE TOULON, ETC. tn M. le commissaire Bonjoar prit en note le nom du roalheareux soldatqni lui était Tivement recommandé; il promitd'avoirégard à
~ la position de cet homme. L'officier se retira, et au moment où j'al> lais le perdre du regard, je le vis s'approcher d'une brigade do forçats qui allait aux travaux. I n condamné sortit du rang, ôta 1 1 spectueusement soQ boDoet : c'était le soldat qui venait do rccounattre un de ses anciens chefs. L'officier prit la main du oondamné, attira lecoapablesnr sa poitrine et le serra afifectuensement, comme s*il eût eu i cœur démontrer que Thomme qui a^ait porté Thabitde son régiment n'était pas déchu, soub la casaque du forçat, de ses droits à Teslime, et que l'officier ne voyait souvent dans le bagne, malgré le Code, qu'un lieu disciplinaire.
An bagne de Toulon, on compte un grand nombre de condainnés envoyés aux fers par les cuiiseils do guerre. Li plupart de ces forçats, inspirent fintérét, et on se demande, puisque la peine des fers n'est pas réputée infamante quand elle est prononcée par la loi militaire, pourquoi les hommes qu'elle frappe ne jouiraient^ils pas du privilège d*une localité séparée? Ces hommes qu'une grâce peut rappeler sous les drapeaux, ne mériteraient -ils pas une distinction pendant la durée de leur peine, et n'est-ce pas ajouter à la sévérité de la loi militaire , que d'accoupler un soldat qu'un accès d'ivresse, de colère ou de nostalgie, a rendu insoumis, révolté ou déserteur, à un condamné que les vices et les plus indomptables passions ont fait assassin, voleur ou faussaire.
An nombre des condamnés militaires qui subissent leur peine à Toulon, se trouvent deux individus dont la position partienliëre mérite attention.
Le premier est un sous-officier condamné, en Algérie, pour crime de désertion à l'ennemi. Dans une vigoureuse rencontre avec les Arabes, un escadron français perd un de ses hommes. Nul ne peut dire s'il a été enlevé par les Arabes. Son absence au corps est constatée après le combat. L'opinion la plus accréditée est que le cavalier a été fait prisonnier. Quelques semaines s'écoulent, et le sons-officier reparaît dans les lignes françaises, il raconli^ qn'enlevé par les Arabes, il a su, "par son adresse, échapper h la
m LES BAGMËS.
mort, et obtenir grâce pendant lé temps qu^a duré m «aptivité. 11 a au intéresser à sa conservation les chefs arabes, qui espéraient tirer profit de son eiistence. Enfln, une occasion favorable ï^étant
offerte, il avait pris la fuite et était venu retrouver ses camarades. Etait-ce là un roman, était-ce le récit exact d'une vie aventureuse? Parmi les frères (rarniesdu soldat, un grand nombre ajoutèrent foi à ses paroles; mais quelques chefs ne Irouvèreul pas dans' son récit toutes les conditions réclamées par la vraisemblance. On regarda la disparition du soldat comme un départ volontaire, son absence comme une désertion à renaemi, et on traduisit' devant les tribunaux celui qui avait cru à une joyeuse ré* ceptîon.
Le conseil de «^'iierrc se montra sévère; il prononça un verdict de culpabilité. J'ai vu au bague ce condamné, et en écoutant sou récit, je n'ai pu me défendre de trouver ses moyens de défense plus logiques que les arguments de Taccusation. Quel motif pouvait avoir cet homme de revenir au camp des siens, s'il l'avait quitté de son plein gré? Ce n*est point dans les rangs' arabes qn*on Ta pris ni même qu*on Ta vu,. Est-ce parce qu*il a pu sauver ses jours qu'il y a en une transaction criminelle entre l'Arabe qui fait un trophée de chaque tête, et Thomme qui a pu sauver la sienne? cl n'y a-t-il pas de nombreux excinpies de ces jeux de la destinée? Si vraiment ce soldai esl victime d'une erreur, il expie bien chèr4*ninntla maniiestaliou honorable qu'il a faite de son amour pour sa patrie et de sa fidélité au drapeau l
L'intérêt qu'inspire ce militaire se.reporte aussi sur un malheureux jeune homme que la loi a cruellement frappé, quoiqu'il y eût évidemment une circonstance fortement atténuanfe à fairé va* loir au profit de rindulgence.
Un jeune soldat nouvellement eurôlé était caserné à Versailles. La vie monotone de la garnison était peu coni|>alih!e avec ks rêves de gloire ol d'avancement (ju'nne ardente imagination alimentait chaque jour. On parle souvent d'Afrique au corps de garde et dans les chambrées. L'Algérie, la vie des combats sous le ciel d'Afrique, voilà le thème de tous les jours; chacun aspire au moment où il ira faire ses premières armes là où tant déjeunes hom-
M. LE COMMISSAlRe DU BAGNE DE TOULON, ETC. S79 mes sont déjà <lc vieillcî^ gloires. Phis heureux que ses camarades, appuyé par les protections, le conscrit dont je parle obtiflDt un changement • de régiment; il est enrôlé dans une compagnie d'Afriqae, et, joyeux , il reçoit sa feuille de roule, qu'il Toît bientôt dans Tavenir transformée eni brevet de souslieutenant.
Le eonscrit foule avec joie cette terre d'Afrique qu'il a tant convoitée. A peine est-il incorporé parmi ses nouveaux compagnons d'armes, qu'il est impatient de faire avec eux son début dans les combats. 11 s'est interrogé, il croit se connaître, rien ne l'intimi» dera; dans sa Jeunesse , les contes populaires, les superstitions de la classe ignorante, n'ont pu avoir prise sur lui ; il a ri des croyances chimériques qui causaient de Teffroi aux compagnons de ses jeux. Plus tard, il a fréquenté de bonne beure de bardis jeunes gçns, il s*est associé à leurs périls, à leur lutte; il est devenu intrépide chasseur, et les dangers réels, loin de Tintîmider, n'ont fait qu'exalter son esprit aventureux. Tout semblait annoncer que le iiouseau soldat d'Atrique ferait honneur au régiment qui venait de l'adopter. ..
Un jour, le corps auquel appartient le jeune conscrit se forme en colonne, marche en avant; sa oompapie est commandée pour se porter à un poste dangereux; la fusillade s'engage...» on soldat lâche pied , la moùsqueterie l'effeaie , il fuit... ce soldat, c'est l'enfant naguère si résolu, si avide, si altéré de la gloire!
Oui piMii rait dire ce qui s est passé? l ne terreur inexplicable maîtrise sa volonté. Tout le sang de ses artères reflue vers le cœur, un frisson glacial parcourt son corps, ses muscles perdent toute la puissance de leur action. Ce jeune homme n'était pas poltron , iifut un lâche... Aujourd'hui il compte parmi les forçats militaires que les conseils de guerre ont envoyés à Toulon. Soft crime est d'avoir fui devant l'ennemi...
Aucun défenseur ne s'est-il done pas trouvé là pour expliquer à ces juges inexorables que l'âme a ses moments de maladie comme \o corps; que la peur a s^es causes prédisposantes (jui portent avec elles l'atténuation de sou eiiet. I.a fatigue^ la privation de nourri-
ttO LES BAGNES.
turc, un changointMil subit de climats cl de température, quesai^je? peuvent décider une débililatiuii dans toute nature. Ce jeune homme, qui avait un moment manqué de cosur, n'était cependant venu au combat que de son propre mouTomeni et par son insUnct de combativité. U y a donc là évidemment désordre dans Tétat normal.*» N'y aurait-il pas eu pitié à chercher le remède *?..• Aucun des chefs n^eut alors en souvenir ni César, ce grand capitaine , qui ne voulait pas qu*on dit de lui qu'il était brave, mais qu'il ai-aii été brave tel jour, aucun nu se rappela donc que le maréchal de Luxembourg éprouvait de la lièvre tit un relâchement de ventre avant chaque bataille, et que le prince Murât lui-même, cet homme qui jouait avec la mitraille, sentit une fois à un tel point les effets de la peur en Italie, qu'il en fit une maladie nerveuse pendant laquelle il appelait du secours pour le défendre contre des brigands imaginaires.
Le jeune déserteur, ou plutôt le jeune malade, est au bagne de Toulon, r/est une victime d'un code qui bien souvent confond la sévérité avec la cruauté, (le condamné appartient à une famille honorable qui a des relations avec des otïiciers de Tarmée. Souvent à leur passage à Toulon , -quelques chefs militaires viennent visiter le soldat forçat, et presque tous, près de son tollard, commentant le délit qui a chaigé ce' jeune homme de fers, font des confidences sur leurs premières impressions de combats, qui sont de nature h inspirer la pitié pour ce malheureux. A une seconde bataille, il eût peut-être été brave.
* Des vîeui officiers m^oul assuré que le cheval diminue lellmeiil la peur, que maiDls (katiasins reconnus pour le» plus grands poltrons de leur régioMiit, élaicol deVMmt d*un« bravoure à loule épreuve en passant ilnrii: In ca<>uloni>. CVsl une remarque Importatile dont les gouverncmi^nf<i nr pnrnisscnt pas avoir tenu coiiiplc jus(ju"à prcsont. Du r<?>;to, riiabitudc, dont l'iiiilucuce est si puissaule pour cmousscr nus sensations et nos «eutimeiitft, rhalnlttde, cella teeoaét nahm, a Miifart pour effel de dissiper complétemeal h pewf «B IMNM fbaiilttrtMol mc I« énog», Aniti Isin But «I mille ralret qû treni- Uèrenl de tout lenn membre» à la première aclioii où ils w trouTèrenl, eoot-ib devemit par la euile dce kéroe dopl la bravoure est peméc en proTeibe.
(£« MUiÊclm dit |Ni«iîoM, par J*<B.>F. Dcecuair.)
M. LE COMMlSSAltt£ DU BAGNË DE TOULOM, ETC. 281
La grille dé la salle des doubles cfaatQes tourna et nous donna entrée dans cet enfer où deux cents damnés se remuent dans leurs chaînes. Cest la collection des natures les plus insoumises. Il y a là
les condamnés à vio ou à long terme qui se font les drapeaux de l'insubordination ou les apôtres du mauvais exrmple. On v comple grand nombre d'hommes qui ont espéré briser par la fuite le cercle de leur peine sans lin. Quand le coup de sifflet annonce la venue du coînmissaire^ il se mani Teste un mouvement impossible à décrite, dans cette a^^omération qui vit pèle-mdle, en contact de fers, de vêtements' et de chairs. Ce double banc d'hommes se dresse tout à coup sur son séant, chactin répare à la hâte l*afireax désordre de son costume, chaque' corps devient immobile, toutes les têtes fixes.
Là, il y a des bommcs qui ne connaissent pas d'autre champ de travail que le lit de camp sur lequel ils sont couchés. Le forçat Blonet n'a pas tu le port depuis de longues années. C'est une de ces
individualités réfractaires à toute éducation disciplinaire; il semble né pour la double chaîne ; son univers a quelques mètres d*éten-
iSi LES BAGNES.
due; plu loio, pour lui, c'est Tespaca des rêves. Là vousiroinrex des condamnés qui comptent dix, vingt, quarante, sobante années d'aogmentalion de peine pour fait d'évasion.
Les gardes sont aux aguets de tous côtés; leurs rogards volent au*
devant des intentions hostiles qui pourraient se manifester à la piestîuti du chef qui fait courber tous ces in(lonn>Uihle» athlètes du vice. Pas une marque de colère ou de haine ne se révèle. Les révoltes au bagne ont presque toutes été expliquées par des circoastances exceptionnelles qui ne peuvent plus exister. Depuis qu'aux mauvais traitements a succédé une discipline rigoureuse sans être brutale, il peut y avoir encore des actes de vengeance individuelle, mais le temps des séditions collectives est passé. Depuis que le gardeHsbionrme ne frappe plus du bâton, le condamné ne a*arme plus f^nèro du poignard '.
Nfitis parcourûmes lentement la salle des doubles chaînes; à rexception de quelques types abrutis et dont Texistence ne paraissait plus qu'une léthargie , tous les condamnés semblaient éprouver une sensation agréable de la présence du commissaire* Presque toutes les figures empruntèrent une nouvelle expression;
> M. Bloreau-Chritlophe, impeclear général de» priMms, «I qui en celle qnelilé eàt regardé sans doule comme an bort-dVnm de vieifer les iMgaes, m*a feil riioniiettr de citer plusieurs fois U Bagne de Rochefart dans ion ouvrage intitolé : Dt Mtet actuel ân Prisons en France. Au nombre do^ extrails qu'il commente, sVn Iroiirc tin que M. Moràau-^hri»tophe fait précéder rie rf»»; moLs : « Tous les romatiriers, poêles el philanthropes qui ont écril sur les bapnes, nous niil fait de rinUirieur Je ce* étaJilisseraenls ntie peinture plus ou moins rembrunie, plus ou moins pittoresque, selon les besoms du sujet 4|n*ila «vaîeiit à trailer, on rémoUon qn'amit restentie leur e«rar. » CTeit pcéebémeul «prèi ee eomnunifairaqne mon opinion sur le» gerdea-ehieonnes d*«leri e»t repveduile.
Je remercie M. lloraan4!hri»l^^ de m^avur placé en aniaï bonne eompagnie ipe celle de MM. Alexandre Delaborde, le profeaiiur Hittcrmaêr, Laurence, George Sand, Dupaty, etc., mais je décline tonte part que mon imagination n pn prendre h la peinture des lieux que j'ai tus nver ralnio el attention. Quand h nne cj^oque j'ai riit: I.esgardesrhiourmes ne regardi nl point les forçats comme de5 hommes, mais comme des choses que la b&rbaric et un arbitraire brutal peuvent défigurer ou détruire à leur gré, alors j*avai» raieon, le» fait» étaient Yraii, el je ckai» dau mon livre le» noma et les Dunéros d'immatriculalien des râlimes. Le contrôle était bcile* Aujourd'liuî il y a amâloration, ou plutél réforme complète dans le régime répressif des rhionrmes, et je constelle le bien avec la même franehiie que j Vt démontré jadis le mal.
MArttci AtnoT.