BREST. — LE FOUT
Je lis, |K)m- la piriiiière foi», le voyage de Brest au comincnccment du mois de mai ; je gagnai le Finii^trit" par le Morbihan.
Le ciel d«' Hieta^aie, si variable, si capricieux, fut constant, contre son liai)iUul(', pendant plusieui-s jours. I^' sol cachait sa pauvreté sous les ^Mimdcs nappes d'or des ajoncs marins et des genêts ea fleur; dans les terres plus fécondes, le lin inoatraii à chaque pas sa jolie fleur bleue ; Tanbépine jetait son baume sur cette route fleurie dont Textréme frontière est un bagne.
Les légères Toitures bretonnes à six roues vont vite ; mus, par compensation, elles font des haltes fréquentes et infiniment trop prolongées; grâce à cet usage, qu'il est, ditH>n, impossible de modi6er, le touriste a de fréquentes occasions d'arrêter son regard sur les nombreux clochers dont la vieille architecture sacrée à dé» coupé les dentelles de granit. A chaque relais, on peut explorer un de ces monuments qui ont résisté aux attaques du temps, cette puissance vaincue partout en Bretagne, où elle n*a pu rien détruire, rien changer, ni lu loi antique, ni le costume hérédiUiirc, ni le langage primitif.
Cette réflexion c^t m r Iransititui u aturrilc qui me reporte à mon sujet; franchissons 1 opatc. \oici les roclu-rs de I*louj:^nste! , ces premières vedettes de Brest. I^e ciel breton a repris son aspect sombre, et le soleil de Bretagne s'est couvert du voile mobile que les vents de Touest jettent presque sans relâche sur son masque de feu.
Si vous arrivez à Brest sans avoir fait halte sur la montagne qui domine la ville et In rade, et sans avoir donné anrnno attention
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aux lignes de fortificatioi» qu*il fiiut franchir, tous pourriez vous croire dans une petite viUe centrale de garnison.
Le port de Brest, ce premier arsenal du monde, semble se cacher, rien ne le révèle; un humoriste qui n*aimerait pas à demander son chemin courrait risque de quitter la ville sans avoir trouve le port.
(Icju'iulaul, en suivant la p^nto rapide de la rue Royale, on ne peut niarujuer de rencontrer un niati-lot (jui indi(|U( ia le port, et, de son propre mouvement, conduira Tctranger au bureau du major général, autorité supérieure (|ui senir accorde rentrée. Ponr avoir accès au bagne, c'est au connnissaire de la cbiourme (|u'il faut présenter sa demande dès son arrivée à Brest. 11 est bien rare que Vétranger ne rencontre (uis par la ville quelque membre isolé de cette famille de sbires plus connus sous le nom de gard€$n
ehiourtneSf type physique sur lequel tous les crayons d'artiste sont d'accord, type moral diversement traduit par la plume des écrivains.
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Brest esl une vasle école pratique où la question pénale peut être saisie d'un premitr coup ^œil sous tous ses aspects. CTest une grande arène où se débat en vain rhorome déchu pour revenir à la vie ' morale» où F&thlète réfractaire que la loi a terrassé médite encore une lutte plus acharnée et plus sanglante... grand réservoir où la fange sociale, qui remonte à sa source, se corrompt encore davantagc, pour s'échapper de nouveau plus chargée d'exhalaisons morbides et de miasmes mortels.
Voilà Brest-bagne, au dire d'un grand nombre d'écrivains qui presque tous professaient, il y a quelques années, des opiiuoiis oj>jx)sées ; oul-ils raison aujourd'hui, avaient-ils raison jadis? C'est une question que j'ai voulu résoudre.
Mes études spériales, mes travaux encouragés jadis par d'honorables suffrages, me donnent droit de placer mon mot dans la discussion.
Mon intention était de procéder au bagne de Brest comme j*avais fait précédemment lors de ma visite à d'autres lieux de réclusion.
Pour étudier les prisons et les prisonniers, les bagnes et les for^ çals, le moyen, selon moi, le plus mauvais, est lé leoours à Pih bligeance administrative, surtout lorsqu'elle se fait un devoir de servir la curiosité ou de faciliter l'étude. Toutes les fois qu'il m'est arrivé de plier sous la règle commune et d'obtenir une ))crmission spéciale de tout voir, je dois à la vérité de dire que je n'ai rien vu.
Les adinuiislraffMirs des chiourmes r[ des geôles oui presque tous la même façon de pi Miser rclali veinent ;i l'inviolabilité de leur élablissemeiil. Les caries de faveur qu'ils délivrent ressemblent assez à ce singulier laissez-passer que Benjamin Constant donnait aux importtuis, en leur disant qu'il était visible pour ceux qui en étaient porteurs, à l'exclusion de toutes autres personnes; et les privilégiés qui obtenaient ces cartes étaient précisément ceux que le concierge avait ordre de ne pas laisser monter.
Les subalternes servent avec beaucoup d'inlelligence la répu^.
gnanoe que les chefo ressentent pour une inspection quelle qu'elle
soit. Ils masquent, avec une habileté peu commune, les détails
pour lesqin'ls la Icmiicic s»M*ail dangeiTiisi'. S |K'niielieiit imc lialte, ce ne sera Janiais <.ins fat^rlnor du reparti It' condamné trop expansif, et plus d'un insp4H;U>ur, plus d'un ministre et même plus d'un prince, dupes de cet acle de prévenance traditionnelle qui réduit une visite à une question de bouillon, ont quitté la geôle sans avoir pu apprécier aiilic dtose que le vif éclat de la marmite* Cest le phare vers lequel les qicerone des lieui de réclusion ont ordre de diriger, le plus rapidement poMÎble, toutes les clawes de visiteurs, et encore là y a-t-îl quelques petits mystères culinaires dont il ne faut pas s^enquérir, mystères qui, dn reste, ne s'accomplissent qu^aux jours de certaines inspections prévues ou officiellement annoncées.
A cela près de la crainte de la publicité, qui est le fantôme redouté des directeurs de geôles, on ne peut se faire une idée de IVspèce d'égoisme avec lequel certains chefs exercent leurs fonctions. Ih sont comme atares du trésor de fange dont ils ont la garde.
le nie rappelle encore ce commissaire de hnrrnc me refusa tonimimirnlinii (rnn cliilïrc me riiaii(|iiail pour une statistique. « Non, njon.sieur, me dit-il, vous ne saurez, pas romMeii il y a de maçons, de charpentiers et de terrassiers parmi les loiidainiu s, et il n^y a qu'un ordre supérieur qui puisse me contraindre u vous montrer met matricules; mes forçalê ne vous regardent point »
Il y a certaines natures qui vont plus loin : elles sont jalouses de la possession exclusive d'un grand criminel ; c'est leur bien. D'autres agents sont fie» d'une salle de cbiourme nouvellement construite, de la forme exceplionneUe d'un cabanon qu'ils ont édifié.
Il y a quelques années, je pénétrai fdittieurs fois dans la maison centrale de Biom, en Auvergne, avec un entrepreneur de travaux; le directeur toléra assez patiemment ma présence, el, en ronijiensalion, je lui i|MOinis de tic pas donner conuaissaiicc d'un atelier dans lequel, malf^rc la défense' dii ministre, il occupait un grand nombre de vieillards à filer ta (ptenomllc .
Un vestibule précède les couloirs qui niùnenl aux préaux ; il est remarquable par ?a disposition arcliiteclurale, et lait^se voir en entrant un escalier d'un effet pittoresque. Quoique peu habile à te-
BRËSr.^LK PORT. iO
nir le crayon, je iiic disposais un jour ù prendre sur un ulbuni In croquis du vestibule, quand je vis accourir vers moi le ilirpctcur vivement ému : aJev«us en prie, me dit-il, ne copiez pas celle }>artie de l'établissement; les travaux île la piison de Limoges ne sont pas encore terminés, et je sais que mon vestibule excite l'envie. Chacun pour soi ; que les architectes limousins inventent. » Le directeur savait que j'avais des relations avec des habitants du pays, qu'il redoutait comme contrefacteurs de sa prison. Je donnai satisfaction complète à radministrateur, en déchirant le dessin commencé.
En d^antres lieux, la panique rend radministration larouche. Ghaqpie visiteur lai semble un commis voyageur pour les évùions, ou un apôtre du suicide qui vient diminuer le chiffre du perBonnel.
Une dame, sachant qu'il m'était possible d'avoir quelquefois accès dans une maison de force des déparlements où vit agonisante une condamnée que la loi a mise hors du monde, m'avait chargé de remettre à la recluse un exemplaire de V Imitation dé Jitv»-ChiriH.
Quand jj'arrivai à la prison, les personnes sur leiquelles je comptais pour avoir entrée n'étaient pins en fonctions. Je me vis obligé de déposer le livre an «greffe. Il fiit remis à la prisonnière; mais, aupai .i\ aiil , du avait pris soin de faire subir à Touvrage une mutilation preNentive; les ieiiillets lurent séparés de la n^linre, et U* directeur, en remettant le dépol entre les mains de sa p^'usionnane, motiva cette lacération sur la possibilité de cacher de l ai'senie dans l'enveloppe de carton. La captive prit cette crainte en souriant ; elle répondit au directeur : A quoi bon de l'arsenic ? Je n'ai ponU écrit à mes amis quil y eût id des rats et dei êouris. Cette réponse aperça les murs de la geôle et ooumt la ville.
Le /eumal d9t PritanM, que pendant huit ans M. Appert à rédigé avec une conn^euse persévérance, lévMe comme document curieux la lutte qui exista entre les bonnes inqiirations de son dévouement et les actes de mauvais vouloir des administrations locales. Le chef de l'État protégeait ouvertement les travaux de M. Appert, et cependant les portes des geôles sennblaient rouillées sur leurs gqiids quand il fallait livrer passag? à l'homme qui avait entrte libre dans le palais du souverain.
so LBS BAGNEa
Il y avait coalition entre les agents de la haute «irveiUanoe quand M. Appert apparaissait. Il ne lardait pas à être rignalé aux geôles
voisines; les concierges devinaient le corsaire contre lequel il y
avait croisière organisée; alors les (Oiisif^ncs devenaient plus sévères, on plaçait aux j)ortes l(*s comnn^-Ldnicï;, les argus les moins commiinicalifs. Chaque prison tir 1 laitee fut coiMiat un blockhaus: pour les eiHinaître au dedans, il liillul les enlever par un siège ou par une longue capitulation, et cela dura dix ans. Mous reviendrons sur ce sujet.
Je laissai au hasard le soin de me conduire au port militaire; il me mena au port marchand, espèce de quai au bas duquel coule le chenal qui coupe en deux le grand port.
La parure de oe quai consiste en quelques bateaux de cabotage et en nombreuses tavernes. Il ne trouverait pas grâce près du touriste, si là ne s'élevait la superbe machine à màler dite la mâtwre, qu'on s^accorde à n^rder comme le plus beau mcmnnient de statique qui «isle dans ce genre en Europe,
Quant à la popubition de Brest, die est infime, nombreuse, affamée, maladive, sans autres ressources que le secours donné à la vie animale par le voisinage de la mer.
L'Ooéan est plus riche que la mairie : il lait PaumAne de ptNSSon et de coquillages. Mais il y a d*autres besoins à satisfaire : il faut du combustible pour préparer les aliments, et sous ce climat brumeux, humide, inconstant, où quelquefois dans un jour on ressent les transitions des quatre saisons, il faut une tiède et uniforme température au lofris du pauvre, où trop souvent les affeclious calarrhaks et lu niisere iont lit enseudde.
L^administralion de la marine ivest pas ccxnme ces mauvais ri^ ches qui défendent de glaner les branches mortes dans leurs vastes forêts. Sur le bois que travadle le charpentier du port, le pauvre de Brest a sa part. Il n^y a pas un vaisseau en construction ou en réparation, pas une édification de cale ou de magasin, qui ne paie dime au foyer de l'indigent. Que le paùvre de Brest prie Dieu pour que le bois ne efede pas, dans les constrocfions maritimes, sa place an fer, qui envahit tout, car alors, adieu aux copeaux, adieu aux grandes embarcations oîi chaque pauvre femme
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vient à tour de rôle recevoir une forte charge de bois, ce qui a fait nommer les indigentes tes femmes au bateau. A voir l'ardeur
avec laquelle le charpentier promène la hache, on dirait qu'il a le désir de participer à une bonne œuvre. Plus le copeau qu'il enlève est grand et nombreux, et plus est grande la part qu'il offre à la cotisation .
Je ne sais à quelle époque remonte cet usage, mais on aime à le trouver établi à Brest ; il dénote l'entente bien réglée de la bienfaisance administrative.
Là encore sont assis les vieux murs du château de Brest, si vieux, si vieux, qu'un écrivain naïf a cru sérieusement que les ingénieurs les laissaient debout par res|>ect {lour l'antiquité.
Je ne sais si messieurs du génie de Brest sont de cette nature, mais le génie parisien n'est pas de si bonne composition. 11 ferait sauter le Louvre, s'il nuisait d'un millimètre à l'alignement d'un gazon de contrescariie.
Je n'ai jn>int à écrire nos annales mariliines; MM. Jal, Sue, (!nr-
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bièi"e, elc. , ucLuniplissciit nuMcniciit iclte luclio, plus (Joucf ([uc celle que je dois remplir à Brest. A eu\ les chroniques de la Poinle espafftwle^ do la Hoche Murzan, du ivcil /es h\uilletiis ; a eux aussi la glorificalion des vaisseaux le Jeati'Bart et /'Oriori, vieux iservileure hors rang, transformés, le premier, en sjdle de discipline, le second, je crois, en magasin ou ea cantine. I^eur mâtm'e, leur gouvernail, tout a disparu, eomme se cachent les insignes de gloire de ces vétérans de nos champs de bataille, réduits à la domesticité.
En dehors des souvenirs maritimes, un épisode appelle ratlention sur le vieux château de Brest. Cest dans le donjon que fut renfermé, comme prisonnier de guerre, un homme que 1* Angleterre pourrait avéc orgueil revendiquer comme son compatriote, si Tamour pra^ tique de Vhnmanité, en se portant sur tous, n^effaçait pas les distineUons de patrie, et ne rendait citoyen de tous les pays ce grand homme è qui un des nos poètes a rendu le plus éclatant hommage, et qui prouva par sa mort combien son zèle si fervent lui voilait le (langer. 11 mourut d'une lièvre cruelle contractée dans les hôpitaux, ces asiles jjour les(juels dureut être sa dernière pensée, le dernier ballenienl de stm cœur.
En 175;i, Howard, qui n'était pis encore ce schérif de Londres dont le nom devint européen, s'eniburqua, modeste passager, sur un bâtiment anglais, dans rintenlion de visiter en touriste Lisbonne elle Tage. La frégate qui le portait tomba entre les mains des Français, et le donjon de Brest le reçut comme prisonnier.
Howard, qui avait habitué son corps au régime le plus sévère, soutfirit peu des privations imposées par la captivité ; son âme, lilwe et ardente, s'inspira à la vue des rigueurs inutiles qu'on exerçait sur les prisonniers, il commença à jeter les bases de Tédiike social qu*il devait élever par son génie et soutenir de sa fortune. Au donjon de Brest, Howard prépara ces plans de sage réforme que la chambre des Communes devait aosueillir avec enthousiasme, et peut-être charbon na-t-il sur le mur le tracé des excursions européennes qu'Kil Htirck nomma des voyages tle découvertes pour Favancement de l'art, si négligé alors, de ne faire aux coupables que le mal inévitable.
BBBST. — LK PORT. 3S
Stir Taiilre rive, et efl face du quai Marchand, est «tuée cette parlie de Brest qu'on nomme Rerouvrance. Ui se trouve une des grandes divisions du sciviic du port, et nolaniiuenl l'arsenal. J'avais aperçu dans celle direelîon comme de larges et nombreuses lâches d'un rouge vif, qu'on eut pu prendre pour des luniques sanglantes, étendues sur la terre : c'étaient des lorçats au repos. Je me rendis compte, mieux que jamais, de la raison qui maintient la couleur de la livrée du bague. A une distance où Pceil ne saiaii plus les formes matérielles, la casaque du forçat se révèle par sa nuance, qui fait point de mire à la surveillance.
Je pris place dans une des nombreuses embarcations de service, et je passai à Recouvrance, en soumettant mon itinéraire aui incidents qui devaient naître de mes habitudes d^inspecter sans avoir recours, autant que possible, à la protection ni à la faveur.
Débarqué près de la grille de Varsenal, je crus le moment favorable pour entrer, masqué par un groupe d'employés qui pénétrait dans cette partie du port. Je ne jouai pas de bonheur : un gardeportier me héla assez honnêtement, et au désir que je manifestai de visiter, comme étranger, le Musée maritime, il me fit l'inévilahle réponse : il faut une permission du majorai général; singulier ternie administratif d'où l'on a j)ris celui très plaisant de majorité yénérale^ qu'on lit iiupiuue sur le chajieau verni du matelot, et qui signifie adminiiiralion du major général, tradurliou qui, certes, mettrait en rumeur toute l'Académie française. Je pris le parti de la retraite, sauf à faire une seconde tentative sur un autre point. Je traversai de nouveau le chenal, et je montai la ville en tournant le quai Marchand.
Je trouvai, à Textrémité de la Grande-Rue, la principale entrée du port ; je renouvelai ma tentative sur une porte flanquée de deux corps de garde ; je pressai le pas et je passai la téte haute ; cette (bis > je reçus le coup de chapeau d*un vieux sergent de planton qui me prit sans doute pour qudque employé. L'entrée était donc conquise, la circonspection devenait nécessaire ; j'étais à portée du regard, et il fallait rester froid devant le spectacle de ce port géant impassible et presque insouciant à la vue de cette longue vallée de granit que peuvent sillonner trente vaisseaux de haut bord, dont
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un des mftls do Iiudc dressé dirait à \ieïntf la hauteur primitiTe du roc, avant qu'il s'abaiseât pour devenir une artère de l'Océan.
Je passai devant le magann général , riche entrepôt où la marine, soit qu*elle construise, qu*elle arme on qu'elle répare, trouve le matériel nécessaire.
J'avançai sans donner attention à la coulevrine obélisque qui burine sur le rivage de France la date de la prise d'Alger, non plus qu'aux ateliers dont la longue parallèle borde le chenal, non plus qu'aux chantiers où les canons et les caronades sont empilés comme le sont, au centre de nos villes, les tronçons d'ormes et de chênes dans les maf^asins de combustible.
Je ni'ant'tiii (lt'\;mt les coUeclions d'ancres colossales dont une seule pcs»' l iiKj mille kilos, cl devant ces grandes serres de ter <[iii plongcîit penjlant la leinpiMe, el auxquelles le niarin a donné un nom qui atteste sa foi vive en celui dont la miséricorde peut venir en iiide à T insuffisance des secours hunuiins.
C'était le moment du repos jioiir tous. Le poil déroulait aux regards une muette maginticenre ; lotit était calme dans Timmensitc, si animée à d'antres hetnes. Le travail avait cessé ; la population d'ouvriers et de condamnés se perdait dans les angles des anses,
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