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JOURNAL MANUSCRIT DE M. RATNAVD. 34S

cinq ciMilini('tr( s de laideur , avec un jour placé à deux mètres au-dessus du sol.

L'approche de ce bâtiment sera défendue par un en ourage en chaînes.

Les eompagnies de gardes-chiourmes seront supprimées , et les forçats seront gardés par des factionnaires dont le placement sera indiqué chaque jour par l'administrateur' de la chiourme. il est facile de juger qu*il suffira d'affecter journellement à ce service un

détachement peu considérahle , et qu'il y aura mrnie lion de lo réduire successivement, à mesure que les hons ellets «lu nouveau System'' (•(uiiiruîiit erofil à se faire sentir.

L'organisation proposée» analogue à celle qui a été adoptée pour les prisonniers de guerre , sera une mesure aTantageusc sous le rapport de la moralité des forçais : elle permettra d^établir une échelle de récompenses et de peines , et de donner ainsi à ces hommes un intérêt puissant à se hien conduire; Faction continue des mêmes chefs sur les mêmes subordonnés anra pour effet d'imprimer à la vie de ces derniers une plus grande régularité , et la (livisiuii des cujupagnies en deuii-ejscouades s'opposera d'une manière efficace an dévolopppfnent de la corruption ; les forçais à temps seront séparés de ceux à perpétuité, et ces derniers même, jouissant d'une existence plus tranquille, seront disposés a subir leur peine avec plus de résignation.

Cette mesure sera également avantageuse sous le rapport de la sûreté des bagnes. La surveillance descendra facilement jusqu'aux dernières ramificalions, et sera plus exacte parce qu'elle sera plus circonscrite; les individus-placés à la tète des escouades ne seront plus livrés sans défense à l'influence corruptrice des grands scélérats; ils ne seront pins auprès d'eux comme des e(»iupagnons, niais comme des cheis, jouissant d'une autorité réelle et ayant intérêt à la faire respecter pour pouvoir conserver les avantages qui y auront été attaches ; ce ne sera plus de l'espionnage qu'on leur demandera , mais Texercice d'une surveillance qui sera pour emx sans danger, et qui n'aura rien d'avilissant.

Enfin cette mesure sera avantageuse sous le rapport de l'emploi des forçats : l'organisation des eompagnies se prêtera a toutes les

répartitions, suivant les besoins journalitrs des ateliers; les cluîls ti escouades, pris en général parmi les meillpiirs ouvriers, car ce sont ordinairement ceux qui ont la conduite la plus régulière, seront aptes à remplir dans les chantiers l'emploi d'aide»^ contre^mallres, et les sergents des chioaimes , s*iU sont convenablement choisis, seconderont très-utilement les maîtres dans la sur* veillance des travaux , surtout s^ils sont intéressés, par une haute paie proportionnelle, à Tavancement et à la bonne confection des ouvrages.

Le contact entre les individus dns deux catégories sera à peu près nul dans le bague et sur les chantiers; on pourra également le rendre presque nulàl'hôpital. Peut-cire^ au reste, serait-il plus convenable de traiter sans (I( ))lacement les forçais malades de la seconde catégorie. Une partie de leur salle pourrait être séparée par un mur de refend pour former une infirmerie.

Les adjudants et les sous^adjudants ne partagent pas la défaveur déversée sur les com|Nignie8 de gardes-chiourmes ; on peut donc espérer que les sergents, placés immédiatement sous les ordres de ces sous-oiliciers, jouiront également d'une bonne réputation, cl qu'ainsi il sera facile de les recruter parmi les ouvriers civils et militaires ; il sera juste de leur accorder les avantages attribués aux sous-ofliciers qui se trouvent attachés aux compagnies de di»cipline.

APPLICATION DBS FORÇATS ACX TKATAVX.

Api es avoir adopte des dispositions générales pro|>res à améliorcr le moral des forçats et à assurer la sûreté des bagnes, le déparlenieiit de la marine doit chercher parliculièremeiif à obtenir la compensation de la dépense des cbioiirmes par des travaux utiles, ou au moins à approcher le plus possible de ce résultat. Pour y parvenir, il faut que l'on s'accoutume, dans les ports, à regarder les forçats comme des ouvriers ; que tous, sans exception, soient tenus d'exécuter journellement une lAche; que les mêmes hommes soient constamment affectes aux chantiers, qu*ils 8*y rendent à la cloche et ne 1rs quittent pas plus tôt que les ouvrier»

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libres ; que les agents préposés à la conduite des ateliers aient

sur les condamnés une action immédiate et continue, et que, hors le cas d'unt; absolue iiécesisilé , auLiine mesure de surveillance ne puisse gèoer ou entraver rciécution des travaux.

SERVIilE IMÉRlEta UL BAUME.

Les corvées du service intérieur doivent être faites indistincte^ ment dans chaque salle, à tour de rôle , par toutes les escouades, avant ou après les heures de travail, et il ne paraît pas nécessaire d'affecter Spécialement des hommes à ce service, comme on Ta fait jnsqn*à ce jour.

SLT IMPRESSION DES TRAVAUX A LA JULRNÈE.

11 est essentiel de renoncer entièrement an mode de travaux à la journée, et de mettre tous les ouvrages de foreats à la lâche. On sait combien sont souvent illusoires les comptes des bénéfices prodoits par l'emploi des forçats à lajoumée^ etcombien<ce mode est firvorable aux abus de toute espèce.

SALAIBES DIPriaBHIS POUR LIS CORDAMIlAS DU DBDX CATifiOlIBS.

il est essentiel aussi , dans rinlérét bien entendu des travaux, que tous les condamnés reçoivent un salaire; mais il convient d'établir des tarifs différents pour les deux catégories , et d'exercer, sur les sommes dues aux hommes de la première, des retenues destinées à leur être remboursées au moment de leur libération.

i'AlEMEM JOLRNALIER DES FORÇATS*

On a eu souvent roccasion de remarquer que l'on faisait produire aux forçats y avt c le même salaire , une masse de tra> vaux plus considérable, lorsqu'on les payait régulièrement tous les soirs. La division de la chiourme par compagnies permettrait d'adopter pour tous les travaux cette marche, qui n*a pu être

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suivie jusqu'à présent que pour quelques grands ouvrages, et de solder journellement aux adjudants des à-comptes r^és sur Teffectif des escouades qui rapporteraient la preuve qu'elles auraient

exécuté les tâches imposées. Il ne serait fait d'ailleurs des métrés

d'ouvrajîos qu i la lin de chaque mois, pour arrèlt'i" le décoaipte de chaque escouade et de chaque conUauuié.

COMMISSION DE SCRVEILLANCB DE LA CBIOUEMB.

Le besoin qu'a le département de la marine de tirer du Uavail des forçats le plus grand parti possible , et la nécessité de coordonner les dispositions relatives à leur emploi avec celles que réclame la sûreté des bagnes, me paraissent exiger dans chaque port la formation d'une commission permanente qui serait chargée de proposer toutes les mesures qui lui parattraieut propres à perfectionner le régime des chiourmes. Cette commission serait composée d'officiers des services qui emploient le plus grand nombre de forçats, de Tadministrateur du bagne, du commissaire-rapporteur près les tribunaux maritimes, et de l'un des membres du conseil de santé.

Le passage du système aciuel au système proposé donnera naissance à diverses difficultés dont il importe d'apprécier Tim-* portance, et que je vais examiner sommairement.

LES FORÇATS COMMANDES l'AU d'aLTBES FOHÇATÀ.

Quelques personnes pourrontr^arder comme illusoire la mesure indiquée de faire garder et commander des forçats par d'autres forçats ; on a cependant, dans les colonies, l'exemple d'esclaves commandant d'autres esclaves, et sachant très-bien s'en faire obéir ; on a aussi, dans plusieurs chantiers du port, l'exemple de forçats , chefs d'ouvrages, qui ne sont distingues de lenrs camarades que par une paie un peu plus forte, et qui les dirigent néanmoins dans leurs travaux. *

On craindra sans doute aussi de rendre la garde des coodauioée'

JOURNAL MANUSCRIT DE M. RAVNAUD. 349 plus dtlSîciles et même de compromettre la sûreté des bagnes , en ne faisant porter qu'une simple manille à la presque totalité des

hommes de la première catégorie. Cette appréhension paraîtra peu fondée si l'on reoiarqiic que les hommes réputés dangereux lontiiiiieroiit il être accouplés, que les autres, jouissant d'une meiileuie existence, auront moins le désir de s'évader, et qu^iU seront surtout retenus par la crainte d^ctre mis en couple jusqu^i la lin de leur temps, s'ils venaient à être repris.

MOYEN DB IBHDaB l'bMPLOI DBS FORÇATS HOIRS PaÉJUDICIABLB A LA POPDLATION OUVKIÈaB DBS PORTS.

Des inconvénients plus graves pourraient résulter de la création d'tin très -grand nombre dVuvriers forçais : il serait à craindre que leur emploi ne devînt nuisible à la population ouvrière des port.s, et n'oLcasionuàt nue trop grande consommation do matières. On parviendrait à rendre ces inconvénients moins sensibles, en réservant certaines professions à la population des ports , en affectant le plus grand nombre possible de forçats ouvriers au service des travaux hydrauliques, en leur faisant extraire ou produire quelques-uns des matériaux qu'ils devraient mettre en œuvre, et enfin en établissant au besoin d'autres bagnes. Si ces mesures étaient insuffisantes, on ne devrait pas rendre à la fatigue une partie des forçats à tenais, j>ui- ju il est nécessaire de leur procurer les moyens de gagner leur sui)sistance à Tépoque de leur rentrée dans la société; mais il serait plus convenable que le dé«-> parlement de la marine s'entendît avec celui de Tintérieur pour lui remettre les condamnes qu'il ne pourrait pas utilement em-* ployer.

INSTRUCTIOII ÈLÂMBNTAIRB*

Otiel que suit le >\>tèuie adopté pour rot^anisati(ui des eluournies, l'instruction élémentaire en sera le complemcut indispensable. On devra établir une école dans chaque salle, et tous

StSe LES BAGNES.

les forçais, iiiôine ceux qui sont condamnés à perpéioUé^ devront èire appelés à profiter de renseignement.

BANCS OU TULLARDS EN FOMTE I>Ë FER.

Les bancs ou tollartls sur lesquels couchent acluoDcmenl les forçats sont semblables aux lits Je camp que Ton trouve dans tous les corps-de-garde ; les planches ne sont pas clouées, et on peut les enlever aussi souvent qu*on le veut pour aérer le sol. Le mauvais état de ces bancs rendant leur remplacement indispensable, on a pensé qu'il convenait de leur substituer un système de charpente en fonte de fer , et le ministre de la marine a ap-> prouvé le projet qui lui u été présenté

DE LA PKlIfl APPLIQUÉE AUX FORMATS POUE FAiï d'ÂVASU».

Le peine infligée aux forçats pour évasion est la prolongation de celle des travaux forcés pendant trois années. Cette action estelle donc réellement un crime, et la loi qui u pour objet delà réprimer n'esl-elle pas beaucoup trop rigoureuse? Sans doute

l'iulérrt de la société exige que Ton prenne des mesures efficaces pour juévtMiir lus évasions; niais cet intérêt bien entendu exige an-si que les peines soient toTijoui*^ graduées suivant les délits. Si i on répond que les forçats, ayant i'iv Irappés par une première condamnation, ne doivent plus être traités d'après le droit commun , et qu'on ne peut consulter à leur égard que les règles de Futilité publique , je ferai remarquer que la législation actuelle, qui applique indistinctement la même peine à tous les évadés , les punit dans le rapport inverse du temps qu'ils ont encore à passer an bagne, et tend, par conséquent, à favoriser l'évasion des grands criminels. Je pense donc qu'il ne < ()nvient pas d'appliquer la ])einn des travaux lorers p(uir le lait de simple évasion, et que , dans le eus où celte peine paraîtrait devoir être conser-

' Plu5(lc vingt Rniu-e» se sont éLotilci-s depuis rap|)rolKilIiin (luiinéc parle minUlre* les lollurd» svul encore tels qu'il» ctiient quand ruilc réclauialioii fut foi uiulcc.

JOUnNAI. MANUSCRIT DE M. RAYNAUD. 351

vée, il serait utile d'en proportionner la durée au temps restant à faire au forçat évadé.

DBS TKIBUNAUX MAEITIHES.

Les forçats sont justiciables d'un tribunal particulier qui porte le nom de IV I) mal niarilitnc spécial, et dont la composition est ;mal()fïne à vvWo. des conseils de guérie; ne scrait-il pas plus régulier de les faire juger par les tribunaux ordinaires, et ne doit-on fias regarder la juridiction des tribunaux maritimes spéciaux comme ayant été abolie par les articles 62 et 63 de la Charte? . La même observation s'applique aux tribunaux maritimes qui jugent les délits commis par tonte espèce d'individus dans Tenceinte des établissemens maritimes.

Je me plais à reconnaître que ces tribunaux rendent la justice avec |)r()ni{)titudc et impartialité; mais ce motif ne suffît pas pour justifier ^illé^^aliU' de leur exislfiice . et l'on ne peut trop se hàlcr d'entrer complétemeiU à cet égard , comme à tant d'uulrcs, dans les voies constitutionnelles.

DBS CONSEILS DE GlEBRE.

Le département de la marine, délivré des dépenses que lui occasionnent ses tribunaux exceptionnels, ne conserverait plus que les conseils de guerre permanents des ports militaires.

Peut-être même serait-il avantageux de modifler cette institution, et de créer, an moins pour les temps de paix, des cours d'assises militaires , qui ne différeraient des cours d'assises départementales qu'en ce que les jurci seraient exclusivement choisis parmi les ollieiers militaires.

Je reviens au journal de l'ex-coinmissaire Kaynaud.

Le travail ne s'oi^aoisa pas sans violente secousse dans le port de Toulon. Souvent une noUe inspiration d'humanité n'est comprise que de son auteur, et ceux qui doivent' en ressentir lès effets sont \e» derniers à en saisir la portée.

C'est ce qui arma. Les condamnés à perpclnité, que la mort décimait chaque jour, qui vivaient chargés de chaînes dans un repos forcé, au milieu des miasmes pestilentiels des salles populeuses de la chiourme, ne virent dans la demi-liberté qu'on leur laissait pour le travail qu'une augmentation de peine. Le mécontentement salua une œuvre qui, mieux comprise, inspira plus tard la reconnaissance.

C'est dans ces circonstances que le commissaire eut à déployer Tcncrgie et le courage dont il était doué ; il fallut qu'il déjouât les complots d'évasion générale, et j'ai raconté les révoltes et les scènes de carnage dans lesquelles le commissaire vit ses jours en péril.

Ce commissaire était M. Raynaud. Dans son journal il se préoccupe peu des dangers auxquels il a été exposé , mais il s'attache à donner jour par jour le bulletin de la cure morale de ces natures malades, qui repoussèrent d'abord le baume convenable à leur position désespérée.

JOURMàL MANUSCRIT DE M. RAYNAUD. 953

On aime à vaim, dans le journal de M. Raynaud, la gradation

et la décroissance de cetle grande tempête occasionnée par la réforme; on voit ces hommes qui avaient été les insligateurs de la révolte, être les premiers à faire amende honorable quand ils reconnurent ([ue le but qu'on avait cherché était l'amélioration do leur sort. D'abord, on avait jngé néoessaiie de resserrer les condamnés à perpétuité dans une étroite limite de fortes chaînes, en deçà de laquelle le garde-cbiourme veillait la carabine à la main ; bientôt ces précautions devinrent inotiles, les barrières de fer tombèrent, et le condamné à perpétuité qui précédemment tournait toute son énergie vers la révolte, Tutilisa au profit du travail.

IjB gouvernement et le condamné y gagnèrent, car le travail amena l'économie, et le journal de M. Raynaïul donne la preuve que la cbiourme dépense d'autant moins qu'elle travaille davantage.

M. Rajnaud constate que les constructions faites par les condamnés ne pouvaient être plus soignées ni plus solides^ car ces hommes n'avaient aucun intérêt à bètir, comme on dit en langage de maçonnerie, à pierre froide.

Des bénéfices obtenus par le travail des forçats se réalisaient en édtiites applicables au service do la marine. Pour établir la quotité de ces bénéfices, on estimait les ouvrages exécutés; du montant de l'estimation on déduisait les sommes dépensées pour la garde et l'entretien de tous les forçats, travailleurs on non, celles qui avaient été distribuées sous la forme de salaire ou de pécule pour l*enconragement des travailleurs, et le prix de tout ce qui était entré dans les constructions sans tirer sa valeur du labeur des forçats. Ces bénéfices eurent donc une existence réelle ; ils ne furent pas perçus en argent, il est vrai; mais ils ont été réalisés en édiiices qui ïi'ont pas nnc valeur moins effective.

Ainsi, suiis le rapport é( oiionii(jiie, riutrodiiction du travail intelligent parmi les forçats eut un plein succès ; ces effets au physique et an moral sur le personnel des condamnés ont été précédemment appréciés.

' M. Raynand a vu un grand nombre de condamnés partir proprement vétns, et lui dire avec une expression tovchante : « Le

5Si Lfcîï II AGNES.

bjigno m'a rendu honDêt<i homnie'; j'ai appris uji métier, j'ai quoi pourvoir plusieurs mois à mes premiers besoins^ je ne demande pins que du travail, je ne veux plus retomber dans le malheur! »

M. Laurence avait raison quand il disait à la tribune : Le travail a élc encouragé, rét'Oiinxjiisé ; el, dans le séjour ilu crime, on est parvenu h ressusciter la verlu uiéiiie. » Soiili'inciil, I honorable député se trompait de quelques années, car, en 1835, on avait déjà renoncé à Tapplication du travail en grand et à l'apprentissage ; aussi le nombre des récidivistes, qui, de 1823 à avait progressivement diminué, augmentait-il, comme il augmente encore par Tétat d'oisiveté forcée que subit le libéré.

L*autettr du journal répond à une objection dont se sont armés souvent les adversaires de Finstitution. Que de fois n'a-t-<on pas dit que les travaux n'élaieut cUoctués par les condamnés qu^au détriment de la classe ouvrière! D'abord, en ce qui concerne le port de Toulon, ce qu'un nomme la population indigène se réduit àbien peu de travailleurs. Tous les ouvriers employés au port sont, à pen d*exceptions près, étrangers. C'est le Piémont, c'est Gènes, c*est la Toscane, qui fournissent les ouvriers. Tous ces travailleurs nomades se contentent d*un salaire que les indigènes refusent comme trop minime; ils viennent dans nos ports exercer une profession que souvent ils connaissent k peine, ils amassent un pécule, et retournent porter leurs économies dans leurs foyers ; et d'ailleurs, est-ce justice de priver du droit de travail les sept mille condamnés qui sont dans nos ports? Ces hommes, pour la plupart, avant qu'un arrêt les frappât, exerçaient dans le monde un art, une industrie ou un métier; en travaillant encore, dans les fers, ils ne dépouillent point la«cla8se libre, ils ne font que continuer la tâche qu^ils remplissaient avant leur Séquestration.

Bans les maisons centrales, les travaux de filature, de tissage, de corroierie, de chapellerie, etc., etc., s'effectuent à des tarifs inférieurs à ceux de la main-d'œuvre payée aux ouvriers libres. N'y a-t-il pas là un tort plus réel pour la société? El ceux qui contestent à l'homme coupable son droit de travail, n'onl-ils pas beaucoup plus à blâmer, àcet^ard, rorganisaiion de la prison que celle du bagne?

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