‹ Les bagnesChapitre 58 sur 66 · JADIS ET AUJOURD'HUI · texte numérisé non relu

JADIS ET AUJOURD'HUI

valons pas nos pères, ov bien qne nos Toiiiiie sont plus honnèles gens que noust »

« On prétend qne la société est snbmefgée de erîmei , disait M. le marquis La Roehejaqueletn dans la discussion sur la loi cellulaire, mais TOUS ne parlez que de Paris, encore je ne suchc pas que les honnêtes pens ne soient pas plus nombreux qne les criminels, et que nous soyons en danger à Fans ; mais, dans nos provinces, c'est la chose la plus rare que d'entendre parler de grands crimes ; j'en appelle à tous les membres de celte chambre qui habitent les proTinees; je leur demande si les grands crnnas ne sont pas des exceptions qui étonnent.' Je ne me suis pas aperçu dans les provinces qne j'ai parcourues, ni dans cellè que j'habite, da oe petit nombre des honnêtes gens, ni que la société fût sùlimergée sous le poids des crimes. »

Les feits de Tordre moral sont soumis, comme ceux 4o Tordre physiqni', a des lois invariables, et, malgré le nombre iiîfifii 4© circonstances qui peuvent faire commettre un crime, et les in0uences extérieures ou purement personnelles qui en déterminent le caractère, il n'en demeure pas moins prouré que les actes d'une volonté libre Tiennent se développer dans un ordre fixe et subissent l'obéissance à une loi générale. Les travaux statistiques de BivCljpeiTyy aTocat, réfutent, d'une manière Tictorieuse, l'accusation portée contre les tendances de notre époque au crime '.

Pour comparer à plusieurs époques la distribution des crimes dans les diverses parties du royaume, l'auteur embrasse à la fois un certain nombre de départements, de manièic a allaihlir l'iniliK iKe des causes accidentelles; il divise donc la France en cinq régions naturelles, du nord, du sud, de l'est, de l'ouest et du centre, et il trouve une proportion exacte entre les crimes dans un espace de six années* 11 établit ^mathématiquement que les crimes sont commis dans une proportion connue, en un lieu dé* terminé, par des individus dobt le sexe et l'Age sont préfus.

Les faits et les calculs attestent une chose, fï'est qu'il n'y a point péril pour la société ; c'est qu'elle est assise sur sa basa inorale

t Voir, à la iiu il« l'<>iivr«ge, te IaUIcau G.

44H LES BAGNËS.

aussi solidemeot que jamais} c^esl qu'il n*est pas de nécessité d'a|>peler à son secours des lois ineipérimentées. Qu*on donne du ressort et de l'action aux rouages de la machine administratiTe, sa puissance sera suffisante. Ne craignons pas d'effrayer les générations futures au soutenir des TÎces et des forfaits de notre àp;e; qnoi qu'on en veuille dire, nons valons les siècles passés: ils ont eu sur nous uu grand avantage pour leur répnlalion, c'est d'avoir devancé la publicité et la statistique. Si nous voulons préparer à Tàge qui suivra, un certilical de bonne vie et mœurs, nous le pouvons, je crois, sans faire de la maçonnerie pénitentiaire.

a La plupart des criminels, dit le docteur Félix Voisin, sont des enfants mal nés, on s'ils n'ont point une organisation défectueuse, ils ont été horriblement mal placés dans le monde extérieur; ils ont vécu dans les circonstances les plus propres à |)enrertir les sentiments moraux, à fausser l'intelligence, et à renforcer les dis* positions animales déjà nativement j)ié(l)itiinuulos. »

C'est du sein des grandes villes que î>urlent les lioninies les plus dangereux pour la société^ les condamnés qui ont vécu dans les agglomérations populeuses ont fait presque toujours , dès leur bas âge, apprentissage du vice. Sans parler de Tenlant dont le père et souvent la mère sont des repris de justice ; en laissant de côté encore ces êtres sans nom, fruits de la débauche, élevés au milieu de la prostitution, jetons les yeux sur l'enfant de la classe pauvre, et demandons ce qu'on a fait, jusqu'à ce jour, pour diriger ses premiers pas vers le bien ; voyons quelles sont les sages précautions que la société a prises pour le garantir du vice. On a ouvert des î^allcs d'asile ; on a dit : l'artisan, l'ouvrier, mari et femme, pourront vaquer à leurs travaux, sans avoir souci de l'enfant en bas Age, qu'ils ne peuvent emmener avec eux. Un lieu hospitalier remplacera, pendant l'absence, le foyer de famille. Une mère d'adoption, partageant entre un grand nombre son affection et ses soins, remplacera pendant le jour, près de l'enfant confié i sa v^[ilance, la véritable mère. L'artisan et l'ou?rier ont souri h cette œuvre de bienfaisance civique ; mais quand il s'est agi de profiter du bienfait de Tinstitulion communale, il s'est lrou\e que la salle d'asile ouvrait ses portes longtemps après l'heure à laquelle

.':;8LIC UahAR>

DMtiaé pu BiBTiU.. Crat< par Laimi.

Page 1