SALLE D'ASILE
JADIS ET ALJOl'Rn iiUl. m
le prolétaire cl sa compagne se ren<lent à leurs travaux, et qu'elle les fermait quelques heures avant que l'ouvrier rentrât à son ménage ; alors, l'homme du peuple a compris de quelle inutilité était pour son (ils ou sa fille la salle d'asile; il a confié à un voisin, à un étranger, au premier venu, son enfant; et celui-ci a grandi en faisant son éducation morale sur la voie publique, où souvent il a rencontré des professeurs de vices dont il a reçu de précoces leçons.
Les anciens enlacent, entraînent ces novices dans ces estaminets, pépinières des voleurs et des assassins, ils pourvoient à leurs besoins, leur ouvrent un compte sur leur première affaire et un crédit chez le tailleur ou le cordonnier de l'affiliation, tout en les prévenant que certains magistrats reconnaissent à l'inspection de la chaussure à quelle catégorie appartient un prévenu.
l/éducation marche vile, et chaque élève ne tarde pas à se perfectionner dans sa spécialité selon ses inclinations prédominantes.
Voilà ce qui a été, voilà ce qui est encore, et peut-être cela pour-
m LES BAGNES.
rail-il ne plus êlre dans l'avenir, si la sociélé acceptait franchement le rôle de mère et quelle initiât ses enfants à Tintclligence, au travail, à la droiture, et que, tout en conservant une plus large part de largesses pour quelques-uns, elle n'en laissât cependant aucun sans emploi de son activité ou de son intelligence.
Questionnez les hommes que les mauvaises passions ont conduits an bagne, et tous verrez que c'est l'oisiveté et l'abandon qui
ont forgé pendant leur enfance le premier maillon de leur chaîne de forçats.