INTRODUCTION. — LES EAUX MINERALES. XXI.II
peu avancée de la saison, afin d'avoir, en rentrant chez soi, le temps de s'acclimater de nouveau ; car passer brusquement d'un climat chaud aux froids de Fhiver, ce serait risquer de perdre tout le bénéfice du traitement.
Traitements interne et externe. — On fait usage des eaux minérales intérieurement et extérieurement; dans quelques stations, Tun ou l'autre traitement est seul appliqué. On prend les eaux à l'intérieur, en boisson ou par inhalation. Le traitement externe consiste dans les bains, les douches, les applications et fomentations topiques et les injections qui se rattachent aux douches; la vapeur dégagée naturellement ou artificiellement de Feau minérale s'emploie comme Teau même à l'extérieur.
La quantité d'eau prescrite en boisson varie d'un quart de verre à six ou huit verres : ce dernier chiffre est rarement atteint dans la plupart des établissements, et le maximum n'est porté à dix ou douze verres que dans quelques stations exceptionnelles. Bon nombre de médecins pensent que c'est déjà beaucoup de huit verres et qu'au delà l'eau n'est pas digérée.
L'eau se boit le matin, à jeun et à la source ; on conseille généralement un exercice modéré dans l'intervalle des verres d'eau. Il est des stations où l'on boit encore un ou deux verres dans l'après-midi ; cette méthode , qui peut être utile dans certaines médications, devient d'une application assez commune depuis quelques années. Enfin , on donne quelquefois l'eau en boisson aussitôt après les repas. Aux sources dont la température est modérée , comme à Vichy, par exemple, on doit boire l'eau à sa température native; même à des sources plus chaudes, on recommande souvent de boire l'eau aussi chaude que possible ; de cette manière, elle perd moins de son gaz, est mieux digérée et a plus d'action. 11 faut boire chaque verre doucement, sans se presser et en affrontant courageusement le goût de l'eau, s'il est désagréable, comme c'est l'ordinaire. De cette manière, l'eau passe bien, tandis que si on l'avale précipitamment, comme une médecine, elle distend l'estomac et n'est pas bien supportée. Quant au goût, on s'y fait en quelques jours au point de trouver agréable une eau qui vous répugnait d'abord.
En principe, l'eau doit être bue pure; le médecin peut seul juger s'il est nécessaire de la couper.
Les bains devraient aussi, en principe, être composés d'eau minérale pure. Il est vrai que dans beaucoup de stations on est obligé de diminuer la force de l'eau en la mélangeant, mais ce mélange devrait être facultatif et non imposé à tous, comme il arrive quand le débit des sources ne peut suffire à Taffluence des malades.
Enfin, il est important que l'eau minérale puisse être employée à sa température d'émergence ; elle perd toujours à être refroidie et surtout chauffée : les eaux sulfureuses sont , plus que les autres , altérées dans leur composition et dans leurs propriétés par ces opérations, indispensables à quelques sources, mais rarement bien conduites.
Le bain se prend, en général, à la température de 33^ à 35^; il est des personnes pour qui un bain à 33^ est frais, d'autres le trouvent trop chaud à 3^^; on a toujours égard à ces dispositions particulières. Dans quelques stations, à Saint-Sauveur, par exemple, la température de Teau, arrivée aux baignoires, est inférieure à 33^ et même à 30^ dans quelques cabinets. On se garde bien de la chauffer au risque de l'altérer , et les malades s'habituent à ces bains, qui doivent une partie de leurs propriétés à leur température presque fraîche. Au Mont-Dore, au contraire, où la médication chaude est en usage avec succès, le bain se prend plutôt au-dessus qu'au-dessous de 35°.
L'heure du bain varie nécessairement suivant que le malade est soumis ou non au traitement interne, suivant que le bain doit ou non déterminer la sueur, enfin suivant l'affluence des ^baigneurs et le nombre relatif des baignoires. En France, où les repas se font généralement, aux eaux, vers dix heures du matin et six heures du soir, le bain doit être pris à huit heures ou à quatre. On a, de cette manière, le temps de prendre après le bain un repos ordinairement nécessaire.
La durée du bain varie de dix minutes à une ou plusieurs heures; dans certaines stations elle ne peut dépasser une heure, à cause de l'affluence des malades ; c'est un vice d'organisation qu'on a depuis longtemps signalé.
Les bains de piscine, comme ceux de baignoire, les douches,