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les frictions, le massage, en un mot tout ce qui se rattache au bain, doit être également apprécié dans son opportunité et réglé par le médecin qui dirige le traitement, sans qu'il soit possible d'en fixer à l'avance Fusage et les limites.
En général, on conseille aux malades de ne pas lire dans le bain ou, du moins, de n'y pas faire de lecture nécessitant une certaiQe contention d'esprit.
A cette partie du traitement se rattache encore le bain d'étuves naturelles ou artificielles et le bain ou la douche de gaz acide carbonique. Les terrains volcaniques présentent, sur quelques points, des cavités naturelles s'ouvrant à Tair extérieur, et dont les parois et l'atmosphère sont écbaufFées par le feu d'un volcan voisin. Eq général ces cavités ont été agrandies et régularisées par la main de l'homme. Il existe des étuves de ce genre sur le littoral de la baie de Naples; quelques-unes ont été en usage à l'époque romaine, comme l'indiquent les noms qu'elles ont conservés. Ischîa possède aussi des étuves dites naturelles , où la vapeur d'eau chaude pénètre à volonté par des conduits adaptés aux fissures du sol. Les étuves artificielles doivent être disposées de manière qu'on puisse graduer la température de leurs subdivisions.
Pour le bain de gaz on utilise Tacide carbonique dégagé par certaines sources en quantité considérable. Ce moyen précieux, dont la médecine réclame instamment remploi dans beaucoup de stations thermales , n'est encore mis en usage que dans un petit nombre d'établissements.
Espérons que bientôt on saura partout utiliser un produit naturel d'une application si facile et d'une si grande efficacité. L'acide carbonique, le calorique des sources à température élevée et les sels que renferment certaines eaux , sont trois éléments de richesse souvent méconnus jusqu'à présent, mais dont on commence à comprendre l'importance dans les établissements bien aménagés.
La durée de la cure, comme on dit en Allemagne, d'une saison, comme on dit en France, ne peut être fixée à l'avance, et doit résulter d'une foule de considérations appréciables seulement par le médecin des eaux. Dix à quinze jours dans quelques stations, vingt à vingt-cinq dans beaucoup d'autres, enfin trente
jours, six semaines et trois à six mois pour quelques malades et dans c.-rtaines localités, telles sont les limites, fort étendues comme on voit, dans lesquelles peut agir le médecin qui a institué et qui surveille le traitement.
Klfets pliysiolo^ifiues dess eaux minérales. — Considérées au point de vue thérapeutique , les eaux appartiennent à des médications différentes , comme les corps qui les minéralisent. Ainsi elles sont altérantes et modifient les organes dans leurs tissus et dans les principes même qui forment leur trame; reconstituantes, par une action très-analogue à celle qui précède, elleschangent et améliorent la constitution ; substitutives, elles font cesser une affection chronique et rebelle en lui substiuant un autre état morbide , qui disparaît après avoir modifié la vitalité deTorgane; résolutives^ elles augmentent la plasticité du sang, facilitent la circulation veineuse et lymphatique, dissolvent les engorgements et rendent aux tissus leur élasticité ; sédatives , elles dissipent Téréthisme nerveux, rétablissent Téquilibre compromis par l'excitation de Fencéphale et de ses dépendances, elles calment enfin, comme leur nom le dit. De ces propriétés, les quatre premières sont souvent réunies, quoique tenant à des principes différents; mais la plupart des eaux se distinguent néanmoins par la prédominance d'un de ces effets thérapeutiques.
Au point de vue physiologique, les eaux minérales agissent sur l'ensemble des organes , sur l'économie tout entière, et si leur action élective porte sur un organe en particulier, c'est toujours secondairement et par une modification des fonctions en général. Cependant elles ont, en outre, une action plus ou moins directe, plus ou moins spécifique sur tel organe, sur telle fonction.
Quoiqu'on n'ait que rarement l'occasion d'observer leur influence chez rhomme sain, et que les expériences de ce genre soient communément peu prolongées, on est fondé à dire qu'à plusieurs égards, les eaux minérales n'agissent pas sur les organes sains comme sur les organes malades. En revanche, on sait que cette immunité des organes sains , cette impressionnabilité nulle ou beaucoup moindre, ne résiste pas à l'usage
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des eaux qui bientôt modifient d'une manière fâcheuse l'état normal.
Action dynamique, physique et chimique, telle est la triple origine des phénomènes dont nous allons présenter un résumé. L'excitation générale ou locale, les effets dus à la thermalité et une grande partie de ceux que produisent les eaux minérales, se rattachent à Taclion dynamique; Taction physique, souvent appréciable, ne peut être séparée de la précédente, quoiqu'elle n'en éclaire pas encore la nature et la marche; l'action chimique est plus connue ; chaque jour les découvertes du laboratoire viennent révéler au physiologiste quelques-uns des secrets de la vie organique. Mais, si l'action des alcalis, du fer ou de l'acide carbonique sur le sang nous est connue jusqu'à un certain point, combien d'autres agents, l'arsenic, le soufre, l'iode, le brome, etc., ne sont pour nous que des moyens empiriques ou spécifiques ou dynamiques, si l'on veut, c'est-à-dire nous représentent, dans leur mode d'action, autant d'inconnues que la science n'a pas encore pu dégager. Heureusement la connaissance du mode d'action n'est pas indispensable à l'application thérapeutique de ces moyens aussi puissants que mystérieux.
Au début du traitement, toutes les eaux minérales ont pour premier effet l'excitation du système nerveux à des degrés différents, suivant le mode de traitement adopté, suivant la nature et ia température des eaux; quelques-unes développent ce phénomène avec une intensité particulière et pendant tout le cours du traitement; d'autres produisent au bout de quelques jours une sédation marquée, mais toujours secondaire à la secousse primitive, qui semble nécessaire pour rétablir l'équilibre entre les fonctions. Outre cette action sur le système nerveux, commune à toutes les eaux, quelques-unes ont, dans le même sens, une influence particulière. Ainsi les eaux riches en acide carbonique doivent à ce gaz une propriété excitante qui peut aller jusqu'à la dépression des forces nerveuses et à la stupeur. A Garlsbad, par exemple, l'eau du Sprudel détermine quelquefois une amnésie partielle et un peu de désordre dans les fonctions locomotrices (V. Rotureau, tome I).
Les eaux sulfureuses possèdent aussi des propriétés éminemment excitantes; leur action porte principalement sur les mu-
queuses et sur la peau. L'excitation résultant de l'usage des eaux qui contiennent du fer est consécutive à la modification de l'hématose par ce métal; le manganèse, l'arsenic, l'iode, les bromures et les chlorures suivent la même voie : toutefois ces derniers sels ont, comme les sulfures, une action initiale directe sur la peau et sur la muqueuse intestinale.
A ces phénomènes d'excitation générale succèdent ou viennent s'ajouter ceux qui sont propres à chaque espèce d'eau minérale en particulier.
Les eaux carbonatées sodiques ont pour effet spécifique et principal de diminuer la plasticité du sang , de plus elles stimulent la peau et les muqueuses de l'appareil digestif, et elles neutralisent les acides qui se trouvent en proportion trop forte dans l'économie sous l'influence de certains états morbides; par leurs propriétés antiplastiques, elles facilitent les fonctions du foie, sur lequel elles paraissent avoir une action élective, et peuvent désagréger certaines concrétions biliaires ou urinaires, dans lesquelles le mucus joue le même rôle que la chaux dans le mortier. Elles activent en un mot les sécrétions et les excrétions, et sont par conséquent résolutives ; elles passent pour agir favorablement, à certains égards, sur le système nerveux, mais il faut tenir compte ici de la thermaalité ; d'autre part, en fluidifiant le sang et diminuant la force sanguine et musculaire, ces eaux changent les conditions d'équilibre et tendent à développer l'éréthisme nerveux, en vertu de la loi : sanguis moderator nervorum. Une autre conséquence possible de cette modification du sang, c'est Texhalation séreuse dans les cavités. Les eaux carbonatées calcaires excitent moins que celles qui ont la soude pour base; elles paraissent jouir de propriétés analeptiques et sont utiles dans certains états d'épuisement des forces ; comme tous les animaux à squelette calcaire , l'homme ne peut se passer d'une certaine proportion de chaux qui, mêlée par la nature à ses aliments et à ses boissons, vient, comme les autres matières organiques, prendre sa place dans Téconomie. C'est là un des modes d'action des eaux carbonatées calcaires ;. elles ajoutent à la somme normale de chaux la dose qui peut être exceptionnellement nécessaire, et le gaz qu'elles contiennent en facilite la tolérance et l'assimâlation. Quant à la magnésie; ce n'est pas gêné-