INTRODUCTION. — LES EAUX MINERALES. XXIX
ralemeiit àhaute dose qu'on la trouve dans les eaux carbonatées, et. sous cette forme, ses effets sont peu connus.
Les eaux sulfatées sodiques et magnésiennes, prises à Tintérieur, sont purgatives et diurétiques; à faible dose elles constipent en général; à la dose de trois à six verres, elles produisent un effet laxatif qui ne dure que deux ou trois heures et ne s'accompagne ni de coliques ni d'aucun signe d'irritation de la muqueuse intestinale. Ce traitement détermine bientôt une congestion marquée des vaisseaux hémorrhoïdaux, et produit ainsi un effet révulsif. Loin de se sentir affaibli, comme par les purgatifs ordinaires, le malade éprouve un sentiment de bienêtre et d'augmentation des forces. Le poids du corps et l'embonpoint diminuent, Taction résolutive et fondante des sulfates alcalins se manifeste en même temps que Tappétit devient plus vif. Remarquons ici que les eaux sulfatées alcalines les plus actives contiennent une forte proportion de chlorure sodique, et que par conséquent leur action est complexe. Les bains ajoutent, dans beaucoup de cas, à l'effet résolutif du traitement interne ; ces eaux, comme les carbonatées sodiques, ont une action élective sur le système de la veine-porte et sur le foie ; Garlsbad et Marienbad peuvent être considérés comme les types de cette classe d'eaux.
Les eaux sulfatées calciques ont, suivant MM. Petrequin et Socquet, une influence évidente sur les voies urinaires; elles sont diurétiques et impressionnent la muqueuse vesicale. Plusieurs de ces eaux paraissent porter leur action spécialement sur les voies respiratoires ; enfin elles purgent à divers degrés, mais cet effet n'est pas constant. On les a rapprochées, dans leur action sur les téguments, des eaux sulfurées calciques, et on a expliqué leurs effets en supposant que le sulfate calcaire se décomposait et dégageait de l'acide sulfhj^rique au contact de la peau.
Les eaux sulfurées sodiques agissent différemment, suivant qu'elles dégagent plus ou moins d'acidse sulfhydrique au conla-jt de l'air. Celles de ces eaux qui sont stables, c'est-à-dire qui se décomposent lentement et difficilement sous l'influence de l'air, sont moins excitantes; leur principe actif, le soufre, ne portant que sur la peau et, quand le traitement est en même temps in-
terne, sur la muqueuse des voies digestives, les effets physiologiques mettent un certain temps à se produire. C'est, dans ce cas, un médicament altérant, dont l'action est lente, mais durable. Au contraire, les eaux qui dégagent beaucoup d'acide sulfhydrique agissent à la fois sur la peau, le tube digestif et les bronches ; c'est par cette dernière voie surtout que le soufre est rapidement absorbé, et Ton voit se produire une excitation vive dès le début du traitement. La température des eaux ou plutôt des bains est d'ailleurs peu élevée à plusieurs des thermes dont les eaux sont stables ; pour celles de l'autre ordre c'est tout le contraire, et ce coefficient de la température diminue encore l'excitation modérée que produisent les unes et exalte les effets des autres. En résumé, les eaux sulfureuses sont plus ou moins excitantes, suivant la quantité d'acide sulfhydrique qu'elles dégagent, et non suivant la quantité de sulfure qu'elles renferment.
C'est par cette excitation générale des organes que les eaux sulfureuses agissent sur l'économie ; elles activent les fonctions des téguments et des muqueuses en ménie temps que la circulation. Les unes tendent à congestionner les poumons, en stimulant la vitalité de la muqueuse bronchique ; d'autres portent leur action sur le système vasculaire de l'abdomen et sur les viscères de cette cavité. Elles ont une action spécifique sur la peau, le tissu fibreux et les glandes ; elles agissent, dit M. Herpin, suivant Tespèce d'organes, comme moyen résolutif, fondant, évacuant, diaphorétique, expectorant, etc. Elles neutralisent les effets toxiques de certains métaux, comme le plomb, l'arsenic et le mercure; dans le traitement mercuriel, elles déterminent îa tolérance et font cesser la salivation et la stomatite. On a expliqué ces effets par la formation d'un sulfure métallique insoluble ; d'autres auteurs ont dit, au contraire, que le sulfite de soude dissolvait les composés insolubles de l'albumine et des métaux et permettait ainsi l'élimination de ces derniers, seul moyen de guérison.
Les eaux suif urées calciques sont moins actives et donnent lieu à d'autres phénomènes. Moins bien supportées en boisson, à cause du sulfate calcaire dont elles contiennent une proportion notable, elles exercent sur le tube digestif une révulsion plus ou moins marquée. Le sulfure de calcium n'a pas, suivant Astrié ,