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INTRODUCTION. — LES EAUX MINERALES. XXXI

l'action altérante et fluidifiante du sulfure sodique; à dose égale, il est moins actif et provoque souvent ]a constipation. Les eaux sulfurées calciques sont plus stables que les sulfurées sodiques et se conservent mieux ; en somme elles produisent sur l'économie des elTets moins prononcés, et agissent par dérivation sur la muqueuse intestinale et sur la peau.

Les eaux chlorurées sont généralement à base de soude ; le peu de magnésium qui s'y trouve quelquefois ne paraît pas avoir d'importance au point de vue physiologique. Ces eaux sont essentiellement toniqaes et reconstituantes. Elles stimulent la peau et la muqueuse des voies digestives ; sous leur influence l'appétit * devient vif et les digestions sont plus faciles; à faible dose elles constipent, à dose plus forte elles purgent légèrement. Elles favorisent singulièrement la nutrition , donnent du ton aux organes et relèvent les forces musculaires; elles ont de plus, sur le système lymphatique et ganglionnaire, une action spécifique analogue à celle de Tiode et du brome, dont elles contiennent toujours une certaine proportion. Les eaux chlorurées fluidifient le sang et facilitent sa circulation dans les tissus; el!es se rapprochent en ce point des carbonatées sodiques, mais avec cette difl'érence qu'elles n'affaiblissent pas comme ces dernières, et que leur action anliplastique, plus modérée, s'accompagne au contraire de Taugmentation des forces, ainsi que nous venons de le dire.

Les eaux mères dés salines possèdent à un haut degré les propriétés des eaux chlorurées qu'elles représentent à l'état de concentration. C'est aux médecins allemands qu'on doit l'emploi des eaux mères dans le traitement thermo-minéral. M. Lebert essaya le premier de donner l'eau mère à Tintérieur; on a dû y renoncer, mais celte préparation est maintenant employée partout avec avantage pour rendre les bains plus actifs ou pour minéraliser l'eau ordinaire dans les pays éloignés des sources d'eau chlorurée.

On compte assez peu de sources où l'iode et le brome dominent complètement les autres principes minéraux. Il en est quelques-unes cependant , comme celles de Coise, en Savoie, de Trescore près de Bergam.e, et la présence d'une proportion même très-faible de ces métalloïdes dans une eau minérale ne peut

d'ailleurs être considérée comme ins'gnifiante, non plus que celle du fer, du manganèse et de l'arsenic.

Nous avons vu que les eaux chlorurées n'étaient jamais complètement dépourvues d'iode et de brome; si la proportion peut en paraître faible dans quelques eaux de salines, elle prend toute son importance dans les eaux mères. L'action spécifique de l'iode et du brome sur les systèmes lympathique et glandulaire est bien connue.

Les eaux ferrugineuses sont par excellence les eaux analeptiques, toniques et reconstituantes. Il en est que Testomac supporte difficilement parce qu'elles sont chargées de sulfate calcaire et dépourvues de gaz; mais, comme elles sont abondamment réparties sur la terre, on ne s'adresse guère qu'à celles dont l'usage est facile et pratique. Toutefois ces eaux agissent en vertu du métal qu'elles renferment; m.ais souvent, pour ne pas dire toujours, elles ont un effet plus sur que la plupart des préparations martiales. Même les moins fortes se montrent bien plus puissantes que des doses de fer, relativement énormes, sous les formes adoptées en pharmacologie. C'est un point qui doit être toujours présent à l'esprit du médecin appelé à prescrire l'usage d'une eau minérale.

Le manganèse est considéré comme un adjuvant sinon comme un succédané du fer dans les eaux minérales.

Quant à l'arsenic, sa présence, longtemps ignorée dans les eaux les plus actives, comme celles de la Bourboule et du Mont- Dore, a été reconnue depuis une vingtaine d'années dans un grand nombre d'eaux. C'est en 1839 que M. Tripier signala pour la première fois l'arsenic dans les eaux de Hamman-Mez-Coutin, en Algérie. Depuis lors, MM. Chevallier, SchaeulTele, Tbenard et d'autres observateurs ont reconnu la présence de ce métal dans beaucoup de sources minérales. L*observation n'a pas encore permis de déterminer les contre-indications à l'usage des eaux arsenicales; l'heureuse influence de l'arsenic sur certaines affections d'origine palustre et, dans quelques cas, sur les voies aériennes, sont jusqu'à présent les seules indications affirmatives.

Tels sont les principaux effets physiologiques des eaux minérales considérées dans leur caractère le plus saillant. Mais si

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