‹ Les bains d'Europe (volume 2)Chapitre 24 sur 465 · INTRODUCTION. — LES EAUX MINERALES. XLI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. — LES EAUX MINERALES. XLI

usage plus ou moins régulièrement pendant une partie de leur séjour. C'est une imprudence à laquelle ces buveurs par contenance ou par ton doivent souvent de grands désordres dans leur santé. Le pire est que rien ne les avertit du danger. On ne consulte pas le médecin des eaux quand on n'y vient pas comme malade; les gens du pays et les prospectus se gardent bien de signaler leurs eaux comme pouvant nuire à qui que ce soit, et puis les voisins d'hôtel, les commensaux de table d'hôte dissertent avec tant d'intérêt sur les effets de telle source et précisent avec tant de lumière les c?s où l'usage en est indiqué 1 Bref, les gens les mieux portants finissent par croire que ces eaux pourraient bien leur être nécessaires ou tout au moins utiles , et se disent : a Si elles ne me font pas de bien, elles ne me feront pas de mal. » On boit; mais quelque temps après on est fort désagréablement surpris de voir les fonctions digestives se troubler ou des hémorrhagies survenir à la suite de quelques bouteilles d'eau alcaline ou ferrugineuse prises sans nécessité.

Tous les ans des faits de ce genre ont lieu dans les principales stations minérales.

Nous dirons donc aux gens bien portants : « Visitez si bon vous semble les eaux où l'on s'amuse, rendez aux malades le service de leur en égayer le séjour, mais gardez-vous de croire que l^s eaux minérales puissent être prises impunément par vous ; laissez-en l'usage aux infortunés à qui elles sont nécessaires, et qui vous envient le bonheur de n'en avoir pas besoin. »

Le bain frais pris en rivière ou à la mer est un des toniques les plus énergiques, et c'est peut être le moyen le plus puissant pour combattre certaines prédispositions morbides et modifier heureusement ou guérir certaines affections. La nature minérale de l'eau de mer et les conditions hygiéniques où l'on se place en habitant les côtes, rendent le bain de mer plus

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actif que le bain de rivière. Il n'agit pas de même dans tous les climats et en toutes saisons. Ainsi, le bain de mer, pris sur les côtes normandes, ne réussit pas à certaines personnes qui s'en trouvent bien à Royan ou à Biarritz ; l'eau de la Méditerranée paraît aussi différer de celle de l'Océan dans ses effets comme dans sa composition chimique. Enfin, le but qu'on se propose dans le bain de mer, et dans le bain frais en général, étant d'agir sur l'organisme par Tinnmersion dans l'eau froide, puis par la réaction obtenue dans un milieu plus chaud, on comprend que ce but ne peut être atteint quand, par un temps froid ou vers l'arrièresaison, Teau de mer produit à la peau une sensation de chaleur, et Tair une sensation de froid.

On doit préférer pour se baigner une côte formée de galet plutôt que de sable, et assez accore pour que la mer la découvre peu à marée basse. Dans ces conditions on peut se baigner à toute heure, que la mer soit haute ou basse, et dans une eau toujours pure. Mais il ne faut pas oublier que sur ces côtes accores on perd pied à quelques mètres du bord de Teau, ce qui les rend plus dangereuses que les côtes en pente douce.

Le bain de mer se prend soit en nageant, soit par immersion ou par affusion. Le bain par affusiou se prend en recevant la lame au moment ou elle vient briser à la côte. On peut se baigner debout et les jambes dans Teau, en tenant par la main, pour plus de sûreté, soit un autre baigneur, soit un guide; mais le mieux est, surtout pour les femmes et les enfants, de se faire porter par un guide, qui présente à la lame le corps, placé horizontalement et la tête en avant. Six à douze affusions suffisent, et h\ durée du bain ne doit pas dépasser trois à cinq minutes. Le bain à la nage est plus agréable, et la gymnastique de la natation ajoute ses effets à ceux de l'eau de mer; on peut nager de cinq à quinze minutes, mais ce bain agit sur l'organisme avec moins d'énergie que Taffusion. En tout cas, il.est bon que le corps pénètre dans l'eau brusquement et la tête la première. On évitera pendant le bain d'avaler de l'eau de mer.

11 est important d'obtenir après le bain une réaction complète. Des mouvements gymur st ques, des frictions avec la flanelle, le linge sec ou le gant de crin, suffisent généralement pourproduire cette réaction. Ce qui la rend difficile le plus souvent, c'est qu'on

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