MANCHE. MEDITERRANEE. ADRIATIQUE
Eau, 1 kilogr. Eau, 1 kilogr. Eau, 1 kilogr.
Chlorure de sodium. . . .
— de potassium.. . .
— de calcium
— de magnésium . .
Sulfate de chaux
— - de magnésie. . . .
24 er
Carbonate de chaux Oe»- ,33301 7p%02 traces.
Bromure de magnésium. 0 ,02929 0 6%171
Acide silicique 0 ,050
Matière organique 0 ,068
Perte 0 ,120
Depuis l'époque où furent faites ces analyses, Ragazzini et d'autres chimistes ont constaté l'existence de Tiode dans l'eau de mer.
L'HYDROTHERAPIE.
On désigne sous ce nom une méthode d'hygiène et de thérapeutique dans laquelle l'emploi raisonné de Teau froide tient le premier rang. Depuis les temps anciens jusqu'à nous, bien des médecins ont préconisé l'eau froide et en ont fait la base plus ou moins exclusive d'un traitement. C'est d'Allemagne que nous est venue, en dernier lieu, l'hydrothérapie, appelée d'abord hydropathie ou hydrosudopathie, noms abandonnés à juste titre. Accueillie avec défiance, comme devait s'y attendre une compatriote de rhomœopathie, la méthode allemande, modifiée dans ses applications mais non dans ses moyens, est aujourd hui considérée avec raison comme une des ressources les plus précieuses de l'art de guérir. L'histoire de son dernier avènement se résume en peu de mots : les paysans de la Silésie paraissent avoir fait de tout temps usage de l'eau comme d'une panacée; un cabaretier de ce pays, nommé Vincent Priessnitz, habitant le hameau de Gràfenberg, près de la petite ville de Freywaldau, conduisait sa charrette vers l'époque de la fenaisouf en 1827 ou 1828 ; frappé d'un coup de pied de cheval, il tombe, sa voiture lui passe sur le corps et lui brise deux côtes. Les chirurgiens du voisinage portèrent un pronostic fâcheux; sans en tenir compte, Priessnitz résolut de se traiter à sa manière. Des compresses imbibées d'eau froide et quelques moyens analogues amenèrent une guérison qui fit grand bruit. On vint d'abord du voisinage,
INTRODUCTION. — L HYDROTHERAPIE. XLV
puis de contrées lointaines, demander des conseils médicaux au cabaretier; dépourvu d'instruction, mais doué d'une intelligence remarquable, celui-ci se fit en quelques années une expérience médicale très-suffisante et, ce qui est plus rare, une fortune considérable en mettant son remède en usage sur les bommes et les animaux.
C'est surtout dans les pays du Nord que l'bydrotbérapie a été facilement acceptée. Elle est appliquée en France dans plusieurs établissements recommandables, et nos médecins la mettent chaque jour en usage comme un moyen précieux; mais cette méthode rencontre chez nous, il faut Tavouer, un obstacle difficile à surmonter, dans la répugnance déplorable que nos populations, tant urbaines que rurales, éprouvent instinctivement pour Teau, cet élément essentiel de la propreté.
Les formes du traitement hydrothérapique varient beaucoup; l'eau en fait constamment la base, mais les applications en sont nuancées de façons très-diverses. Elles consistent principalement en bains, demi-bains, bains de siège, bains de pieds de plusieurs espèces, bains de Tocciput ou des parties latérales de la tête, lavements , douches variées comme force et comme direction ; ceinture humide, Umschlag des Allemands, emraaillottement humide dans un drap mouillé puis tordu, emmaillolement sec, l'un et l'autre amenant une transpiration dont on règle la durée et qu'on nomme sudation, frictions avec le drap mouillé, Abreibung, enfin le grand baia de piscine froide dans lequel le malade, suivant la prescription du médecin, se livre à des mouvements ou reçoit la vague qui vient le frapper, Wellenbad.
M. Fleury et, avec lui, quelques autres directeurs d'établissements hydrothérapiques, ont substitué au maillot, comme moyen de provoquer la sueur, l'enveloppement hermétique dans des couvertures sous lesquelles une lampe à alcool développe une température qu'on peut régler. Ce moyen est moins pénible pour le malade, il amène la sueur plus vite ; peut-être est-il préférable dans certains cas, mais en général on s'en tient au maillot.
En principe, l'eau employée doit être froide, mais on en élève la température jusqu'à vingt degrés et même plus dans quelques cas exceptionnels.
Le régime alimentaire imposé par Priessnitz à ses malades
était des plus austères, et le vin en était exclu. Dans la plupart des établissements hydrothérapiques, on apporte quelque adoucissement à cet égard, comme pour la température de l'eau, quand des indications spéciales se présentent; mais, pour beaucoup de malades, un régime sévère et Tabstinence de vin nous paraissent devoir faire partie essentielle du traitement.
A rhydrothérapie se rattachent certains procèdes balnéaires en usage, de temps immémorial, dans quelques pays du Nord. Tels sont les bains russes ou bains de vapeur suivis d'une affusion ou d'une douche froide, les douches en pluie ou douches écossaises, Taffusion ou la lotion froide après le bain entier ou le bain de pieds tiède, moyen excellent de prévenir le refroidissement qui se produit toujours quand on passe d'un bain tiède à l'air libre ; enfin les lotions froides sur le tronc et les membres, faites au sortir du lit, tous les matins, à l'aide d'une grosse éponge ou d'une serviette mouillée, puis légèrement tordue. Ce dernier procédé est plus pénible à supporter, mais plus pratique. Ces lotions froides du matin sont pour tout le monde, et surtout pour les personnes d'une santé délicate, un des moyens hygiéniques les plus précieux. Elles ne doivent pas être adoptées sans l'avis d'un médecin qui en surveillera les premiers effets.