INTRODUCTION. — CURES DE PETIT-LAIT ET DE RAISIN. XLVII
raies organiques, et par conséquent de se prêter beaucoup mieux à rassimilation, d'être plus aptes à la reconstitution des organes par leur similitude d'origine, par leur nature même.
Appuyées sur des faits d'observation, ces idées ont été accueillies en Allemagne avec enihousiasme, et en quelques années on a vu se muUiplier, dans les pays allemands surtout., les établissements pour Ja cure de raisin, Traubenkar^ et la cure de petit-lait, Molkeîikur. Ces derniers ont toutefois une origine beaucoup plus ancienne, car il y a déjà près d'un siècle que dans le canton d'Appenzell, à Gais, on emploie le petit-lait comme agent thérapeutique.
Le raisin est surtout employé comme moyen complémentaire du traitement par les eaux minérales ; c'est une forme de Nachkur ou cure secondaire. Le petit-lait, souvent usité dans le même but, est fréquemment donné comme adjuvant du traitement hydro-minéral. C'est à la fois comme laxatits , comme résolutifs et comme analeptiques que l'un et l'autre sont prescrits.
On donne le petit-lait en boisson et en bains; mais, sous cette dernière forme, il n'est usité que dans quelques établissements où Ton peut s'en procurer la quantité nécessaire. C'est surtout dans les Carpathes, dit M. le D^ Carrière, que l'on trouve les bains de petit-lait installés avec l'abondance et la sincérité désirables.
En boisson, le petit-lait de vache est donné à la dose de deux à cinq verres, 0^'\2bO à 01^^625; le premier verre se prend à jeun et le second un quart d'heure après; on se promène en plein air dans l'intervalle. Le petit-lait de chèvre ou de brebis se donne à dose moins forte, on ne dépasse pas trois verres, 0iit^360. La durée de la cure est communément de six semaines à deux mois, et l'on conseille en général de la prolonger dans le pays qu'on habite le reste de l'année. Quelquefois aussi le raisin est donné comme nachkur après le petit-lait, ou comme transition entre deux cures de ce dernier genre. Jamais les deux moyens ne dcivent être employés concurremment.
Nous avons dit que le petit-lait est purgatif. Dès les temps antiques on lui avait reconnu cette propriété. Il agit comme dépuratif et par dérivation; de même que les eaux dont on le rapproche au point de vue minéral, il fortifie tout en purgeant; de
plus il est analeptique et produit en même temps sur l'organisme un effet de sédation. Aussi le donne-t-on comme correctif d'eaux très-excitantes.
Les auteurs allemands ont attribué au petit-ldit beaucoup de propriétés. Quelques-unes sont difficiles à déduire de sa nature et d'autres sont plus ou moins controversées, mais . là comme pour les eaux minérales, si l'on a été un peu loin et si l'imagination a quelque part aux propositions avancées, il reste un fond incontestable.
Pendant une cure de petit-lait, les aliments azotés et plastiques, viandes fortes, poisson, doivent être exclus du régime et remplacés par les viandes grasses, plus riches en carbone et en hydrogène qu'en azote, par les végétaux de digestion facile, par les compotes de fruits. La constitution plus ou moins faible, plus ou moins irritable et nerveuse , guide le médecin dans le choix des aliments et dans leur quantité, qui doit toujours être modérée. On conseille d'éviter les farineux dans certaines limites. Le vin doit être peu capiteux et mêlé d'au moins trois quarts d'eau. Point de café, de thé ni de liqueurs spiritueuses.
Un exercice modéré convient au malade, mais il faut se défier des refroidissements, si faciles dans les pays où sont situées la plupart des stations de petit-lait.
Nous avons indiqué plusieurs des propriétés du raisin en signalant son analogie avec le petit-lait sous le rapport des éléments constituants. Il est en effet laxatif, dépuratif, il agit comme résolutif sur les organes congestionnés, mais il est excitant plutôt que sédatif, et plus nourrissant que le petit-lait.
Sous rmfluence du traitement par le raisin, la circulation est activée, les forces se relèvent et la maigreur fait place à un état d'embonpoint que l'effet laxatif n'empêche pas, mais qu'il maintient dans certaines limites.
Le malade soumis à une cure de raisin mange en une, deux, trois, puis quatre fois dans la journée une certaine quantité de raisin parfaitement mùr et de bonne espèce. Les variétés muscat du Roussillon et de THérault, pineau et chasselas de Fontainebleau, sont celles qu'on préfère. On commence par 500 grammes et Ton va jusqu'à 3 kilogr., quelquefois ^, rarement plus. On mange le raisin seul , et le traitement constitue ainsi des repas