INTRODUCTION. — EAUX MINERALES. XXI
Les eaux sulfurées sodiques sont employées avec succès dans un grand nombre d'affections cutanées, et dans la plupart de celles des voies aériennes; elles réussissent également dans les maladies scrofuleuses et rhumatismales, dans certaines névralgies, dans la chlorose, la métrite chronique, le catarrhe des voies urinaires, la dyspepsie, les blessures anciennes.
Les eaux sulfurées calciques, sont en général froides et contiennent une proportion de matériaux salins, plus forte que celles des eaux sulfurées sodiques-, moins actives cependant, elles donnent lieu à d'autres phénomènes. Elles sont moins bien supportées en boisson, à cause du sulfate calcaire dont elles contiennent une proportion notable, et elles exercent sur le tube digestif une révulsion plus ou moins marquée. Le sulfure de calcium n'a pas, suivant Astrié, l'action altérante et <r fluidifiante » du sulfure sodique; à dose égale, il est moins actif et provoque souvent la constipation. Les eaux sulfurées calciques sont plus stables que les sulfurées sodiques et se conservent mieux ; en somme elles produisent sur l'économie des effets moins prononcés, et paraissent agir par dérivation sur la muqueuse intestinale et sur la peau.
Les eaux sulfurées calciques « doivent joindre aux propriétés des eaux sulfureuses, celles des eaux chlorurées et sulfatées (Filhol) ». Elles répondent à la plupart des indications pathologiques pour lesquelles on s'adresse aux sulfurées sodiques, mais elles sont moins excitantes, et, comme nous l'avons dit, agissent principalement sur la muqueuse intestinale et sur la peau. On les emploie surtout dans les affections de la peau et des voies aériennes, dans celles qui tiennent de la scrofule et dans la catarrhe des voies urinaires.
Les eaux chlorurées, généralement à base de soude, sont essentiellement toniques et reconstituantes. Elles stimulent la peau et la muqueuse des voies digestives ; sous leur influence l'appétit devient vif et les digestions sont plus faciles ; à faible dose elles constipent, à dose plus forte elles purgent légèrement. Elles favorisent singulièrement la nutrition, donnent du ton aux organes et relèvent les forces musculaires ; elles ont de plus, sur le système lymphatique et ganglionnaire, une action spécifique analogue à celle de l'iode et du brome, dont
elles contiennent toujours une certaine proportion. Elles sont résolutives; elles activent la circulation abdominale, et leur action antiplastique, plus modérée que celles des bicarbonatées sodiques, s'accompagne de l'augmentation des forces.
En thérapeutique, les eaux chlorurées sodiques répondent spécialement à la scrofule et au rhumatisme. Elles réussissent dans certaines paralysies, et dans les blessures anciennes.
Les eaux mères des salines possèdent à un haut degré les* propriétés des eaux chlorurées qu'elles représentent à l'état de concentration. Après avoir essayé l'usage de l'eau mère à l'intérieur, on y a renoncé généralement; les eaux mères de Salins, d'Aix, etc., sont employées avec avantage pour rendre les bains plus actifs ou pour minéraliser l'eau ordinaire dans les pays éloignés des sources d'eau chlorurée.
Les eaux bicarbonatées sodiques ont une action élective sur le foie ; elles sont d'un usage excellent dans beaucoup d'affections de cet organe, et en général dans les engorgements des viscères abdominaux. C'est probablement comme résolutives des engorgements hépatiques et spléniques qu'elles réussissent chez beaucoup de malades atteints de cachexie paludéenne. Spécifiques pour ainsi dire dans la plupart des formes de la dyspepsie, fort utiles dans la gravelle urique, elles donnent de bons résultats comme palliatif dans la goutte et le diabète. Enfin on les emploie aussi dans la métrite chronique, dans certaines manifestations du rhumatisme et de l'herpétisme.
Les eaux bicarbonatées calciques et mixtes sont moins actives ; elles doivent à la chaux qu'elles contiennent des propriétés sédatives et, comme gazeuses, elles facilitent les fonctions de l'estomac. On les emploie avec succès contre la plupart des maladies qui relèvent des bicarbonatées sodiques, quand ces dernières eaux sont considérées comme trop fortes pour le malade.
Les eaux sulfatées sodiques et sulfatées magnésiques forment au point de vue médical deux groupes dont l'un, très restreint, comprend les eaux de ce genre fortement minéralisées, et l'autre, plus considérable, celle où les bases se présentent à doses relativement faibles. Les premières ne sont pas employées sur place, pour la plupart, mais transportées et comme médi-